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Notre-Dame de Paris, six mois déjà

NOTRE DAME
Bertrand GUAY | AFP
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Six mois ont passé depuis l’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2019. Aujourd’hui, dans quel état se trouve l’édifice, comment se déroule la vie liturgique et quelles décisions ont déjà été prises ? Aleteia vous propose un état de lieu de l’avancée du chantier.

Dans la nuit du 15 au 16 avril dernier, Notre-Dame de Paris brûlait sous le regard impuissant des Parisiens. Si la cathédrale est aujourd’hui sauvée grâce au courage remarquable des pompiers, elle a perdu plusieurs éléments phares de sa structure : sa charpente du XIIIe siècle ainsi que sa flèche construite au XIXe siècle par Viollet-le-Duc. Six mois après, la cathédrale, dont une partie de la voûte s’est effondrée, est toujours fragile malgré les travaux de consolidation rapidement mis en place. Aujourd’hui, où en est-on de ce chantier titanesque qu’Emmanuel Macron souhaite voir s’achever en cinq ans ?

Une cathédrale toujours en phase de consolidation

Mgr Chauvet le confiait il y a encore quelques mois à Aleteia : « Notre-Dame est toujours dans une phase de consolidation. Les travaux de restauration ne débuteront pas avant quatre ou cinq mois. » En effet, dès le début du sinistre, de gros travaux de consolidation ont été mis en place afin de soutenir la voûte partiellement effondrée. Démontage des vitraux, de la statuaire, mise en place de filets de protection et de structures de soutènement provisoires. Si Notre-Dame est entre de bonnes mains grâce au travail exceptionnel des architectes et des compagnons du devoir présents quotidiennement sur le chantier, les travaux de restaurations à proprement parler ne débuteront pas avant 2020.

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Un chantier qui ralentit en raison des risques sanitaires

Notre-Dame de Paris
© Etienne Castelein / Diocèse de Paris

En août dernier, le chantier avait dû être interrompu, sur ordre du préfet d’Île-de-France, en raison de risques sanitaires. L’inspection du travail avait tiré la sonnette d’alarme en déclarant insuffisante la protection des ouvriers face à une éventuelle contamination au plomb. Depuis, une procédure de décontamination plus rigoureuse a été mise en place afin d’assurer la bonne tenue du chantier et la santé des travailleurs. Les ouvriers doivent se déshabiller entièrement et enfiler des combinaisons pour pénétrer dans la cathédrale, une procédure qui se répète plusieurs fois par jour et qui ralentit le chantier autant qu’elle décourage ceux qui y travaillent. À cela s’ajoute la lourdeur des marchés publics. Si Notre-Dame n’est pas totalement à l’arrêt, beaucoup craignent un retard important qui fragiliserait la structure. En effet, l’échafaudage central, qui a brûlé durant l’incendie, n’a toujours pas été démonté. Il s’agit pourtant d’une des opérations les plus délicates et les plus urgentes à entreprendre dans les mois à venir.

Des promesses de dons qui se sont concrétisées

Après l’incendie, des milliers de généreux donateurs ainsi que plusieurs grosses fortunes françaises ont fait des promesses de dons importants. Bernard Arnault et François Pinault ont promis, à eux deux, 850 millions d’euros. Cinq mois après, ces derniers ont signé leur convention de mécénat en présence de Mgr Aupetit, archevêque de Paris, en dotant la Fondation Notre-Dame d’une première somme s’élevant à 300 millions d’euros. Depuis l’ouverture de son Fonds, plus de 46.000 particuliers, 60 entreprises et 29 collectivités publiques françaises et étrangères ont participé. Dans le cadre de la souscription nationale lancée pour Notre-Dame, deux autres fondations — la Fondation du patrimoine et la Fondation de France — ainsi que le Centre des monuments nationaux, avaient également été désignés pour gérer la collecte. La Fondation du Patrimoine a indiqué que 223 millions d’euros, avaient déjà été récoltés grâce à la générosité de 234.000 donateurs de 152 pays. À ce jour, 31 millions ont été dépensés dans les travaux de consolidation et Mgr Aupetit a indiqué recevoir, encore aujourd’hui, au minimum 140 dons par semaine sur son bureau. Pour le moment, la cathédrale ne manque donc pas d’argent pour poursuivre ses travaux de consolidation. Le coût total de la restauration de l’édifice, impossible à déterminer aujourd’hui, devrait être précisé à la fin du printemps 2020.

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La mise en place d'un établissement public en charge des travaux

L’établissement public en charge des travaux de Notre-Dame de Paris — prévu par la loi Notre-Dame promulguée le 29 juillet dernier — ne verra officiellement le jour qu’en novembre 2019. Mais l’on sait déjà que le conseil d’administration, dont les membres ont été nommés, sera présidé par le général Jean-Louis Georgelin choisi par Emmanuel Macron. Parmi les membres, le vicaire général de l’archidiocèse de Paris, Mgr Benoist de Sinety. C’est lui qui représentera l’Église catholique et veillera à faire entendre la voix du diocèse dans le travail de restauration. « Nous serons environ une dizaine de membres », avait-il indiqué à Aleteia il y a quelques mois. « Mon rôle est de porter la réflexion du diocèse sur la restauration de la cathédrale et faire entendre la voix de l’Église qui en est affectataire […] Et il est important de rappeler que cette restauration doit être pensée comme la restauration d’une église, d’un lieu de culte et pas uniquement un édifice culturel ».

Des questions encore en suspens concernant la recontruction de la flèche

Pour le moment, rien n’a encore été décidé concernant la reconstruction de la flèche. Cette question sera présentée à l’État par l’équipe d’architectes des monuments historiques fin 2020. Pour rappel, au lendemain de l’incendie, le président de République avait annoncé son souhait de lancer un concours international d’architecture afin d’inscrire un « geste contemporain » sur l’édifice. Une annonce qui avait fait couler beaucoup d’encres entre les partisans du projet et ceux qui défendent une reconstruction fidèle. « Il faut la refaire à l’identique », avait déclaré l’architecte en chef de la cathédrale, Philippe Villeneuve, soulignant la force de la flèche de Viollet-le-Duc qui s’intégrait parfaitement au chef-d’œuvre médiéval parce qu’elle n’était justement pas datable. Il faudra donc attendre fin 2020 pour savoir si un « geste novateur » sera retenu ou non. Si l’on décide de reconstruire la flèche de Viollet-le-Duc, il n’y aura aucune difficulté. Tous les plans de la flèche existent et l’on possède encore les statues déposées avant l’incendie ainsi que le coq rescapé des flammes. La question des matériaux utilisés pour la reconstruction de la charpente (bois, béton ou métal) sera également étudiée fin 2020.

Un Trésor pas encore sorti de ses réserves

Mgr Chauvet confiait l’information il y a quelques mois à Aleteia. Le Trésor de Notre-Dame sauvé des flammes est toujours en sécurité dans les réserves du Louvre, là où il a été entreposé à la suite de l’incendie. « Nous espérons toujours qu’il soit exposé durant la durée des travaux mais rien n’est acté pour le moment. Il faut déjà trouver un lieu qui puisse l’accueillir. Pour le moment, rien n’est fait ! » Une information confirmée par le régisseur de Notre-Dame, Laurent Prades, qui a expliqué à Aleteia que cette question était toujours en réflexion.

Un sanctuaire marial éphémère toujours à l'étude

C’est l’un des plus grands souhaits du recteur de Notre-Dame. Voir s’ériger sur le parvis de la cathédrale un sanctuaire marial éphémère, avec une copie de la Vierge du Pilier, afin de pouvoir accueillir les fidèles durant toute la durée des travaux. « Ce n’est pas encore fait mais je me bats et j’ose espérer que je vais y arriver. Malheureusement, il faut l’accord de nombreuses personnes. La mairie, la préfecture, le ministère de la Culture, le nouvel établissement public, les bâtiments de France… Il faut donc de la patience et de la détermination. », expliquait-il à Aleteia. « Cela permettra aux chrétiens de venir se recueillir auprès de la Vierge mais cela aura aussi des bienfaits pour les visiteurs, les commerçants. Il faut redonner de la vie autour de la cathédrale ».

Une vie liturgique retrouvée

C’est le dimanche 1er septembre, dans l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois (Ier arr), que Notre-Dame a fait sa grande messe de rentrée en présence de l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit. Depuis cette date, toute la liturgie de Notre-Dame a été transférée dans cette église voisine et ce jusqu’à la fin des travaux. Pour accompagner les fidèles, une copie de la Vierge du Pilier a d’ailleurs déjà trouvé place dans le chœur. Pour les plus grandes célébrations parisiennes, Mgr Aupetit se rendra à l’église Saint-Sulpice qui peut accueillir davantage de fidèles. À noter également que tous les premiers vendredis du mois, les fidèles peuvent à nouveau se recueillir auprès de la Couronne d’épines, l’un des plus précieuses reliques du Trésor de Notre-Dame.

Un avenir encore incertain pour le personnel laïc de Notre-Dame

Si les prêtres ont été redirigés vers d’autres paroisses à la suite de l’incendie, ce n’est malheureusement pas le cas pour tout le personnel laïc — une cinquantaine de salariés — qui travaillait quotidiennement au service de Notre-Dame. Une information confirmée par Mgr Chauvet en août dernier. Parmi les acteurs de la cathédrale, la maîtrise de Notre-Dame a elle, heureusement, retrouvé son souffle. Celle-ci chante toujours régulièrement pour les offices célébrées à Saint-Germain-l’Auxerrois mais a également réorganisé ses concerts dans quatre églises parisiennes qui ont bien voulu l’accueillir. Henri Chalet, directeur artistique et chef de chœur principal de la maîtrise, a ainsi affirmé à Aleteia sa volonté de faire perdurer cette tradition quasi-millénaire. « Il faut que la maîtrise continue de faire vivre Notre-Dame en dehors des murs ».

Revivez en images les coulisses de la première messe à Notre-Dame depuis l'incendie :
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