
Canada : les personnes atteintes de troubles mentaux écartées de l’euthanasie
Le Canada a annoncé le 7 octobre maintenir l’interdiction de l’aide médicale à mourir pour les personnes souffrant exclusivement de troubles mentaux.

Des réserves d’interprétation essentielles ont été prononcées par le Conseil constitutionnel sur la loi créant un "droit à l’aide à mourir". Pour le professeur de droit public Guillaume Drago, la vigilance des citoyens reste nécessaire afin de s’assurer que ces réserves seront bien mises en œuvre dans les textes d’application de la loi.

La loi instaurant un "droit à l'aide à mourir" a été publiée ce 19 août au Journal officiel dans le sillage de sa promulgation par le président de la République Emmanuel Macron, après plusieurs années de débats.

Le Conseil constitutionnel a validé le 14 août la loi sur l’aide à mourir, avec trois réserves d’interprétation. Une décision qui inquiète les acteurs des soins palliatifs et de la protection des plus vulnérables.

Dans une tribune parue dans "La Croix" le 28 juillet, 150 dirigeants d’établissements de santé d’inspiration chrétienne s’élèvent contre l’obligation, prévue par la loi sur l’aide à mourir, de permettre la réalisation d’actes létaux dans leurs structures. Me Cédric Chalret du Rieu, président de l'Ordre de Malte France, évoque un "déchirement" et n'exclut pas de céder ses établissements si la loi devait s'imposer en l'état.

D’où vient-il que les lois sociétales sont prétendument irréversibles ? La capitulation du législateur devant l’air du temps est un fatalisme qui a peur, décrypte l’écrivain Xavier Patier. La loi civile n’aura jamais le pouvoir d’abolir la loi morale.

En donnant à l’État le pouvoir de désigner les éligibles à la mort, la loi sur le suicide assisté vient brutalement nous rappeler que l’État détient un droit de vie et de mort sur ses citoyens, dénonce la philosophe Marianne Durano.

Combien sont-ils depuis ce sinistre 15 juillet, où la France a légalisé l’euthanasie des "éligibles", à avoir peur de se sentir inutiles et de mourir ? Pour échapper à la souffrance, s’indigne notre chroniqueur Jean-Etienne Rime, on les déclare dignes d’être abandonnés, alors que ces témoins d’humanité n’ont jamais été aussi nécessaires.

Après le vote légalisant l’euthanasie, le seul témoignage que l’Église puisse porter maintenant est le service de la vie. Pour le père Benoist de Sinety, curé-doyen de la ville de Lille, notre défi collectif est d’assurer à ceux qui doutent qu’ils ne risquent rien.

À la suite de l’adoption de la proposition de loi instaurant un "droit à l’aide à mourir" le 15 juillet, Emmanuel Hirsch et Laurent Frémont, ainsi qu’Alliance Vita, ont annoncé créer des observatoires pour suivre l’application de la loi et prévenir d'éventuelles dérives.

Stéphanie Rist, ministre de la Santé, avait saisi le 9 février 2026 la Haute Autorité de santé (HAS), la chargeant de définir les substances susceptibles d’être utilisées dans le cadre de l’aide à mourir et de formuler des recommandations relatives à leurs modalités d’administration.

Après deux ans de débats houleux, l’Assemblée nationale a adopté définitivement par 291 voix contre 241 ce 15 juillet la proposition de loi instaurant un "droit à l’aide à mourir". La saisine du Conseil constitutionnel annoncée par Sébastien Lecornu le 14 juillet constitue désormais l’ultime rempart institutionnel avant l’entrée en vigueur de la réforme légalisant le suicide assisté en France.

Le vote final de la proposition de loi sur la fin de vie est prévu ce mercredi 15 juillet. Rarement une réforme sociétale aura suscité des débats aussi intenses. Face à cette absence de consensus, Sébastien Lecornu a annoncé ce 14 juillet, à la veille du vote, qu'il saisira le Conseil constitutionnel sur une partie des dispositions. Signal clair sur les failles inhérentes au texte.

Alors que des experts ont alerté début juillet sur l’augmentation du nombre de suicides en France, les députés s’apprêtent à légaliser le 15 juillet l’euthanasie et le suicide assisté. Une incohérence flagrante qui envoie un message désastreux aux personnes fragiles, qui sape le travail des psychiatres et psychologues et qui risque de faire augmenter le nombre de suicides non assistés.

Les conditions du vote de la loi visant à légaliser l’euthanasie interrogent, fait remarquer le père Benoist de Sinety, curé-doyen de la ville de Lille, de même que le silence sur ses conséquences.

Alors que la proposition de loi sur l’aide à mourir a été rejetée par le Sénat pour la troisième fois, le président du Sénat Gérard Larcher a annoncé dans "Le Figaro" qu’il saisirait le Conseil constitutionnel en cas d’adoption par l’Assemblée le 15 juillet.

Par 169 voix contre 164, le Sénat a adopté ce 7 juillet une "question préalable" sur la proposition de loi relative à l'aide à mourir, refusant ainsi d'examiner le texte en troisième lecture. Une impasse politique qui relance la balle dans le camp du Premier ministre, seul à pouvoir désormais interrompre la procédure avant un vote solennel prévu le 15 juillet à l'Assemblée nationale.

La proposition de loi relative à la fin de vie instaurant un "droit à l’aide à mourir" doit revenir en nouvelle lecture au Sénat ce 7 juillet. Mais l'issue demeure plus que jamais incertaine alors que la commission des affaires sociales recommande de ne pas entrer dans le débat et de recourir à la “question préalable”, une procédure rare permettant de rejeter la proposition de loi sans examen détaillé.




