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Inde. Les hindouistes s’en prennent à Mère Teresa

© DR
Mère Teresa.
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Le chef de l’organisation nationaliste hindoue RSS a accusé de prosélytisme la fondatrice des Missionnaires de la Charité. La Conférence des évêques catholiques de l’Inde a aussitôt réagi.

« les divisions religieuses » qui minent la démocratie indienne.

Narendra Modi n’était sorti de son silence qu’après l’échec électoral essuyé le 7 février à Delhi. Le 17 février, il assistait à un rassemblement national de catholiques syro-malabars et déclarait, en présence du cardinal George Alencherry : « Nous ne pouvons accepter aucune violence contre aucune religion sous aucun prétexte que ce soit et je condamne fermement de telles violences. Mon gouvernement agira avec fermeté à cet égard ». Sans toutefois jamais évoquer les attaques contre les églises ou les institutions chrétiennes – lesquelles se sont multipliées depuis que le BJP a accédé au pouvoir fédéral en mai dernier –, il affirmait encore :
« Mon gouvernement sera un gouvernement qui témoignera d’un égal respect envers toutes les religions », et il appelait l’ensemble des groupes religieux « à agir avec mesure, dans le respect mutuel et la tolérance ».

Deux jours plus tard, le 19 février, son ministre du Développement urbain, Venkaiah Nadu, déclarait au magazine India Today que « si les conversions forcées [étaient] une erreur, les re-conversions l’[étaient] aussi ». Sans citer directement les cérémonies de « Ghar Wapsi » (« Retour à la maison »), par lesquelles ces derniers mois des groupes hindouistes affiliés au RSS ont « reconverti » en masse des chrétiens et des musulmans à l’hindouisme, le ministre précisait que le gouvernement central ne pouvait être tenu pour responsable de ce qui se faisait dans chacun des États de l’Union. Il indiquait aussi que le gouvernement n’avait pas dans ses projets de présenter une loi anti-conversion au plan fédéral, sur le modèle des lois en ce sens qui existent dans six des États de l’Union.

Surenchère hindouiste

Pour les observateurs, les déclarations au plus haut niveau gouvernemental d’apaisement à l’intention des minorités religieuses peuvent signifier que Narendra Modi a entendu l’avertissement donné par les électeurs de Delhi : pour rassurer les investisseurs étrangers, pour contenter les milieux urbains pour qui la priorité est la lutte contre la corruption et le développement économique, la politique d’hindouisation des institutions et de la société indiennes va être mise en veilleuse. Mais la mise en cause de Mère Teresa par le chef du RSS peut aussi signifier que le Premier ministre devra continuer de compter avec l’aile la plus militante du mouvement hindouiste.

 Dans l’immédiat, les chrétiens affichent leur volonté de rester vigilant. Le 6 février dernier, à l’issue de leur assemblée plénière, qui se tenait à Bangalore, les évêques catholiques de rite latin(1) avaient pris l’initiative, inédite, de descendre dans la rue pour une procession aux bougies afin de dire leur inquiétude face aux menaces pesant sur l’harmonie intercommunautaire en Inde. Le 28 février prochain, à Chennai (Madras), des organisations chrétiennes et musulmanes ont appelé à une grande manifestation pour dénoncer « les attaques contre les églises » et « les cérémonies de ghar wapsi » ; tous les partis politiques ont été invités à y participer, à l’exception du BJP et de ses alliés.
 
De l’agence d’information des Missions Étrangères de Paris (MEP), Églises d’Asie

(1) Les évêques catholiques de rite latin en Inde se réunissent au sein de la CCBI (Conference of Catholic Bishops of India). La CBCI (Catholic Bishops’ Conference of India) rassemble quant à elle les trois rites de l’Église catholique en Inde : le rite latin, le rite syro-malabar et le rite syro-malankar.

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