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"On ne peut pas laisser le Sinjar devenir un cimetière pour les yezidis"

© Michael_swan / CC

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Radio Vatican - Publié le 18/12/14

Faraj-Benoît Camurat, président de Fraternité en Irak, le rappelle : il faut urgemment que la communauté internationale aide les Yezidis encerclés par les islamistes.

Entre cinq et dix mille Yezidis sont encore bloqués sur le Mont Sinjar, dans le nord de l’Irak, encerclés par les combattants de l’Etat islamique. Depuis plus d’un mois, ces familles, chassées de la ville de Sinjar par l’avancée des islamistes le 3 août, n’ont reçu aucune aide humanitaire. La dernière route qui permettait encore de ravitailler la trentaine de villages disséminés dans ce massif montagneux culminant à 1400 mètres, a été coupée par les djihadistes.

Alors que l’hiver approche et que les conditions de vie de centaines de familles se détériorent, il y a donc urgence, d’autant que les vivres s’amenuisent selon les informations reçues par Fraternité en Irak. Son président, Faraj-Benoît Camurat, interrogé par Xavier Sartre de Radio Vatican, a lancé un appel à l’aide à la communauté internationale et plus particulièrement à la coalition armée dirigée par les Etats-Unis.

Récemment, le cardinal Barbarin, l’archevêque de Lyon, s’est rendu à Erbil, au Kurdistan irakien, pour rencontrer principalement les chrétiens irakiens. Pensez-vous que cette visite a pu avoir un impact, non seulement pour les chrétiens irakiens mais aussi, peut-être, pour ces yezidis ?
Faraj-Benoît Camurat : Je suis certain que cette visite a eu un impact très important, non seulement pour les chrétiens mais aussi pour tous les Irakiens. Je crois que les Irakiens, dans leur globalité, souffrent du sentiment d’avoir été oubliés et d’être les laissés-pour-compte du monde. Ils ont été victimes de beaucoup de guerres et ils ont l’impression que le monde les laisse à leur tragédie. Ceux qui nous touchent beaucoup, ce sont les plus anciens des Irakiens, à savoir les chrétiens que l’on vient voir et à travers eux, tous les Irakiens. Je crois que cette visite du cardinal Barbarin a touché, bien sûr, les chrétiens, les minorités d’Irak et plus largement, tous les Irakiens.

Où en est la situation sur le mont Sinjar ?
Faraj-Benoît Camurat : C’est difficile d’avoir des chiffres vraiment précis mais ce dont on est à peu près sûrs, c’est qu’il y aurait entre 5000 et 10000 personnes encore sur le Mont Sinjar dans une situation compliquée. Il y a des femmes, des enfants et des personnes âgées et ils ont reçu le dernier largage par voie aérienne il y a à peu près un mois et quelques jours. Depuis, ils n’ont pas reçu d’aide humanitaire et la personne qui a appelé Fraternité en Irak à l’aide est un chef de tribu yézidi. Il nous a décrit une situation qui, selon lui, allait se transformer en crise humanitaire avec des familles qui n’ont même plus assez de farine pour se faire à manger. En revanche, pour nous, c’est une situation qui à l’air moins grave que l’été dernier parce qu’il a beaucoup plu et qu’il y a des puits sur le mont Sinjar. Le mont Sinjar compte quand même une trentaine de villages. Et ce sont dans ces villages de bergers que toutes ces personnes ont essayé de se réfugier. Mais la situation est très précaire parce que, jeudi dernier, l’État islamique avait attaqué au mortier et avec de l’artillerie légère, pour attaquer le Sinjar. Samedi, une attaque terrestre a été repoussée par des combattants et des forces d’autodéfense yezidis et des soldats peshmergas du Kurdistan.

Ce chef, dont vous avez parlé, est-il sur le mont Sinjar ou bien est-il à l’extérieur ?
Faraj-Benoît Camurat : Ce chef de tribu yezidi est vraiment originaire du mont Sinjar. Avant la crise, il habitait déjà dans un village du mont Sinjar et il se trouve actuellement sur cette montagne. On a pu l’avoir au téléphone. Il nous a expliqué qu’il rechargeait son téléphone portable en le branchant à une batterie de voiture. L’appel qu’il nous a lancé était très émouvant. On a quand même pris le temps de recouper cette information en appelant les autres relais de Fraternité en Irak dans la région. Et à chaque fois, c’est le même chiffre qui revient et qui donne une estimation d’environ 600 à 700 familles encore bloquées sur le mont Sinjar.

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yezidis
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