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Pakistan : un couple chrétien condamné à mort pour un SMS « blasphématoire »

Eglises d'Asie
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La fameuse Black Law sévit depuis des années. Mais la colère d’une large partie des Pakistanais s’est dernièrement cristallisée.

07/04/14

Le Pakistan est officiellement le pays qui emprisonne le plus de citoyens soupçonnés de porter atteinte à la religion, et à l’islam tout particulièrement. C’est ce qu’a souligné le récent rapport de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale.

La fameuse loi anti-blasphème en vigueur au Pakistan est notamment à l’origine de bien des persécutions: les articles 295-B et 295-C du Code pénal punissent de la peine de mort toute offense faite à Mahomet, et de la prison à perpétuité toute profanation du Coran (1).

Et la liste des condamnation ne cesse de se prolonger : la nouvelle de la condamnation à mort d’un couple accusé d’avoir envoyé des SMS blasphématoires à un imam est tombée le 4 avril dernier. Shafqat Emmanuel, gardien d’école, et son épouse Shagufta Kausar, employée de maison, ont été condamnés lors d’une audience vendredi 4 avril dans leur cellule à Toba Tek Singh, hameau de la province du Pendjab, selon leur avocat, Nadeem Hassan, qui va interjeter appel de cette décision.

Néanmoins, si la peine de mort est très facilement requise, les autorités n’exécutent pas la sentence, le gouvernement ayant reconduit en octobre dernier un moratoire sur la peine capitale, ce qui était d’ailleurs une condition de l’Union européenne pour réduire les barrières douanières aux importations pakistanaises.

Ces peines impitoyables, très nombreuses au Pendjab, ont tout de même de graves répercussions sur la liberté des minorités religieuses, parmi lesquelles les chrétiens, les hindous, et les ahmadis. Plusieurs affaires récentes ont soulevé des vagues d’indignation à travers le pays.

Parmi elles, figure le cas d’Asia Bibi. Le 8 novembre 2010, une cour de justice pakistanaise avait condamné à mort par pendaison cette mère de famille chrétienne alors âgée d’une quarantaine d’années, sous l’accusation de blasphème envers Mahomet. Arrêtée en juin 2009, cette dernière attend désormais le verdict de son procès en appel qui devrait être rendu le 14 avril prochain.  

Plus récemment, un autre incident a intensifié le mouvement de gronde à Lahore (capitale du Pendjab), l’affaire du jeune Sawan Masih, un chrétien de 26 ans condamné à la peine capitale pour blasphème le 27 mars dernier. Il y a un an, en mars 2013, une dispute avait éclaté entre lui et un de ses amis musulman, après une soirée bien arrosée, et Sawan aurait alors tenu des propos offensants envers le prophète Mahomet. Son “ami” l’a immédiatement dénoncé, provoquant  le courroux de la majorité musulmane : le 9 mars 2013, environ 3000 d’entre eux ont déferlé sur le quartier de la Joseph Colony de Lahore en représailles, réduisant en cendres 200 habitations, deux églises et une douzaine de commerces du ghetto chrétien. La police était sur les lieux, mais serait volontairement demeurée passive.  L’appel de Masih devant la Haute Cour est attendu pour le 25 juillet.
Le père Emmanuel Yousaf, Président de la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale du Pakistan, a exprimé son amertume dans une lettre adressée à l’Agence Fides, dénonçant le silence des autorités pakistanaises face aux supplications des minorités religieuses et de la société civile: « Sur 342 membres de l’Assemblée nationale, seules deux parlementaires de l’opposition, Shazia Marri, du Parti populaire du Pakistan (PPP) et Shireen Mazari, du Pakistan Tehreek-i-Insaf (PTI), ont eu le courage de protester contre la décision de justice. Les deux femmes ont justement qualifié de ‘parodie de justice’ le fait que plus de 3000 musulmans aient pu incendier un quartier chrétien de Lahore et être remis en liberté sous caution alors que Masih a été condamné à mort ».

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