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« Génération Quoi » ? Autoportrait des 18-34 ans

BULENT KILIC

Gaëlle Bertrand - Le Monde - Le Figaro - France télévisions - publié le 28/02/14

Une étude réalisée auprès des jeunes français révèle une jeunesse lucide des difficultés économiques et qui n’a pas peur de se mobiliser.

C’est avec un titre un peu provocateur, « Génération Quoi », que France Télévision a lancé à l’automne dernier une étude nationale sur les 18-34 ans. L’objectif était de dresser le portrait de ces jeunes et de connaître leurs ressenti et perception quant à leur génération (celle qu’on appelle aussi la « génération Y »). Plus de 200 000 personnes ont répondu à l’appel.

France Télévision, en partenariat avec Europe 1 et Le Monde, proposait, sur le site Internet de generation-quoi, un questionnaire en ligne sur de nombreux thèmes, certains plus sérieux comme les questions liées à l’emploi, à la politique, à la religion, et d’autres plus dans l’air du temps comme la sexualité, l’homosexualité ou le féminisme. À l’occasion de la publication des données, le site generation-quoi propose aussi de nombreuses vidéos d’analyse, faites à la fois par des sociologues et des personnalités politiques.

L’une des questions les plus commentées dans la presse est celle concernant l’auto-description de cette génération. Ainsi, s’il est vrai que les termes de génération « sacrifiée » et « perdue » arrivent en tête, il faut aussi reconnaître que non loin derrière figurent les expressions « connectée », « charnière », « du changement » ou plus optimiste encore « de l’espoir ». La génération Y serait-elle donc si « blasée » qu’elle y paraît, dressant un portrait bien « sombre » d’elle-même ? Une petite analyse des données récoltées s’impose.

Les préoccupations des jeunes : emploi, environnement, école
Ce qui préoccupe le plus la jeunesse sont par ordre de priorité l’accès à l'emploi, l’environnement et le système éducatif.

Côté emploi, le fort taux de chômage des jeunes (25%) peut expliquer une bonne partie de cette inquiétude. Aussi, 60% des interrogés ne se considèrent pas payés à la hauteur de leur niveau d’étude et 46% disent que leur travail ne correspond pas à leurs qualifications. L’étude de France Télévision révèle tout de même que majoritairement, ces jeunes professionnels se sentent épanouis à leur poste.

Côté environnement,  cette génération des 18-34 ans est sensibilisée et sensible à la pérennité du monde dans lequel elle vit. Nés à la fin des années 1980, début des années 1990, ils ont effectivement grandi avec le protocole de Kyoto et les messages de sensibilisation.

Dernière préoccupation : l’école. Les jeunes français s’avèrent plutôt pessimistes à ce sujet : 50% d’entre eux jugent que le système éducatif ne prépare pas efficacement au marché du travail et 60% déclarent qu’il ne donne pas sa chance à tous. La méritocratie républicaine en prend encore un coup…

Certains autres résultats de ce sondage reflètent les questions d’éthique actuelles. 90% des jeunes considèrent que la finance dirige le monde, 45% n’ont aucune confiance dans la politique et pas moins de 87% ne font pas confiance aux médias.

Il serait aisé de voir dans ces réponses moroses la déprime de toute une génération. Or, loin d’être naïve, la jeunesse française semble avant tout lucide. Comme l’évoque l’un des sociologues interrogés, les jeunes de 2014 sont une génération politique qui détient un niveau élevé de formation et de réflexion.

Ainsi, après les questions qui amènent des réponses objectives quant à la situation, passons aux réponses davantage subjectives et personnelles. Que ressentent les jeunes face à ce constat économique ? Comment voient-ils l’avenir et se positionnent-ils sur les sujets de société ?

Les jeunes entre société de consommation et solitude
Les résultats de ce sondage montrent aussi, entre les lignes, un certain malaise. En effet, à la question « pourrais-tu être heureux sans Dieu ? » 85% des personnes interrogées répondent Oui. Et ils sont 58% à dire « ne pas avoir du tout confiance dans les institutions religieuses ». Dans le même temps, l’une des principales peurs de ces jeunes est la solitude. Ils répondent aussi à 74% avoir « quelques amis » sur lesquels s’appuyer, plutôt contradictoire quand on voit que sur leurs profils Facebook ils comptabilisent des centaines d’ « amis ». Les distractions qu’offre la société de consommation ne semblent pas suffire. Créer des liens humains reste essentiel pour ces jeunes.

L'importance de la famille
Le rôle de la famille demeure aussi un point central. Les jeunes affirment avoir de bonnes relations avec leurs parents. 89% de ces derniers s’avèrent fiers du parcours de leurs enfants et 91% les soutiennent dans leurs choix. D’un autre côté, 65% des 18-34 ans clament ne pas pouvoir être heureux dans l’avenir s’ils ne peuvent pas construire une famille. Le contexte de crise économique peut expliquer le recentrage exprimé vers la cellule familiale et l’importance de la solidarité au sein de la famille. Un retour à l’essentiel en somme.

Des jeunes aussi à contre-courant
De nombreuses questions ont également été posées sur les thèmes en vogue du mariage pour tous et des pratiques sexuelles. Il est certain que la tendance majoritaire est celle d’une jeunesse se revendiquant de la libération sexuelle de 1968. Certaines données apparaissent cependant positives. En moyenne, 50% des jeunes (46% pour les hommes et 51% pour les femmes) considèrent qu’il y a trop de sexe dans notre société, notamment dans les médias qui en rend l’accès facile. 74% jugent aussi la fidélité dans le couple indispensable pour une relation réussie.

De façon assez surprenante, 37% ont répondu pouvoir être heureux sans contraceptifs et 32% considèrent impossible une relation d’un soir. Ces réponses, représentant tout de même plus d’un tiers des répondants, viennent à contre-courant des tendances véhiculées dans les médias dominants.

Dernier résultat à souligner :  61% des sondés ont répondu « Oui » à la question « Demain ou dans les prochains mois, participerais-tu à un mouvement de révolte, type mai 68 ? ». Si certains hommes politiques ont affirmé ne pas vouloir revoir un mai 68 pour les conséquences désastreuses qui ont suivies, ils voient avant tout dans cette réponse l’idéalisme de la jeunesse à vouloir se battre pour des causes qui lui semblent justes.

Derrière la jeunesse « sacrifiée » et « désenchantée » de cette étude on peut ainsi apercevoir celle, plus discrète dans les statistiques, qui fait inévitablement penser à celle qui s’est mobilisée durant l’année écoulée. Il s'agit certainement du "sel de la terre" dont la France a besoin pour retrouver sa saveur. Tout n’est donc pas « perdu » pour cette génération du choix plus que du quoi !

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