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Chine : les personnes âgées victimes de la politique de l’enfant unique

© WANG ZHAO / AFP

CHINA-LIFESTYLE An elderly man sits on a hobby horse at a residential area in Beijing on May 4, 2015. AFP PHOTO/ WANG ZHAO

Eglises d'Asie - Publié le 11/05/15


Trente-cinq ans plus tard, la politique de l’enfant unique est toujours en place, même si elle a été, timidement, remise en cause récemment. En revanche, l’Etat a progressivement mis en place un système de retraites. Toutefois, la difficulté est que ce programme est à la fois inégalitaire, incomplet et très nettement sous-financé.

Selon le site Question Chine.net, les inégalités sont flagrantes et se lisent dans le montant des pensions : après une augmentation décidée en 2011, les retraites mensuelles payées aux fonctionnaires ou assimilés s’élèvent à 2 175 yuans (300 euros) contre seulement 1 500 yuans (210 euros) dans le privé. Mais, pour les moins bien lotis (ouvriers agricoles ou travailleurs occasionnels des grands centres urbains), les sommes sont dérisoires et dépassent rarement 100 yuans (14 euros). Par ailleurs, à partir de 1997, plusieurs réformes pilotes ont été lancées qui aboutirent à pensionner plus de 300 millions de travailleurs urbains et près de 500 millions de ruraux dans deux systèmes de retraite séparés. Mais les sommes versées restent maigres et aucune inégalité n’a été corrigée. Surtout, la question du financement n’a pas été réglée. Il y a peu, suivant les conseils des sociologues chinois, l’idée a été avancée d’allonger la durée du travail à 65 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes (actuellement, l’âge de la retraite est de 60 ans pour les hommes et 55 ans pour les femmes). Le projet a suscité un tel tollé que le Conseil des Affaires d’Etat, i.e. le gouvernement central, l’a abandonné.

Le tiers de la population aura plus de 60 ans en 2050

En comparaison, par exemple, de la France où les plus de 65 ans représentent 18 % de la population, la Chine ne compte encore qu’une proportion limitée de personnes âgées : 9,4 % de plus de 65 ans en 2013 (soit 126 millions de personnes, dont 35 millions ont de très faibles revenus). Toutefois, le déficit des caisses de retraite est déjà considérable et les démographes indiquent que le vieillissement de la population chinoise s’accélère. Les statistiques gouvernementales montrent qu’en 2050, un tiers de la po
pulation chinoise sera âgé de plus de 60 ans.

Dans ce contexte qui promet une exacerbation des tensions sociales, l’Etat tente de réagir et légifère pour inscrire dans la loi des comportements culturels ancrés dans le confucianisme et caractérisés par le respect des plus jeunes envers les aînés mais que les évolutions sociales récentes semblent avoir affaibli. Pour ce faire, les dirigeants de la Chine populaire, qui ont pour habitude de regarder de très près ce que leurs homologues de Singapour font, se sont inspirés de mesures en vigueur dans la cité-Etat. Depuis le début des années 1990, les autorités singapouriennes peuvent poursuivre les enfants qui abandonnent leurs parents nécessiteux pour les obliger à contribuer financièrement à leur soutien. Depuis juillet dernier en Chine populaire, une nouvelle disposition oblige les enfants devenus adultes à rendre visite à leurs parents âgés. Un amendement à la Loi sur la protection des droits et intérêts des personnes âgées stipule ainsi que les enfants, parvenus à l’âge adulte, sont responsables du soin, tant affectif qu’économique, de leurs parents âgés. L’amendement criminalise par ailleurs les violences domestiques faites aux personnes âgées et précise qu’un veuf ou une veuve, ou bien encore une personne divorcée, est libre de se remarier avec la personne de son choix, et que ce remariage n’enlève pas aux enfants préexistants leur devoir d’assistance envers leurs parents âgés.

Une des difficultés posées par cet amendement, font valoir les juristes chinois, est qu’il ne définit pas la fréquence appropriée des visites que doivent les enfants à leurs parents, pas plus qu’il ne fixe de sanctions en cas de non-observation de cette obligation filiale. Il ne dit rien, de plus, des parents qui ont perdu leurs enfants. Les critiques disent que, plutôt que de légiférer, le gouvernement devrait s’attacher à rendre réellement équitables, efficaces et pérennes les systèmes de protection sociale et de retraite qui ont été progressivement institués ces quinze à vingt dernières années.

De l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris, Eglises d’Asie (eda/ra)

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Tags:
chinePolitique
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