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Le Saint Nom de Marie, une fête à éclipses

5 min de lecture
Barbara Castello / GODONG

Crédit : ref:406

Dans l’Église, l’instauration ou la disparition d’une célébration est toujours révélatrice de son temps et de sa piété. Ainsi en est-il de celle que nous commémorons ce 12 septembre, dans l’octave de la Nativité de Notre-Dame, qui fut un temps rayée du calendrier après sa réforme de 1970 : le Saint Nom de Marie.

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Connaître le nom de quelqu’un, pouvoir l’appeler par son nom, c’est, d’une certaine façon, avoir un moyen de pression sur lui, raison pour laquelle dans certaines cultures, l’on cache soigneusement le véritable nom donné à un enfant. Dans le christianisme, c’est tout le contraire. Lorsque Gabriel annonce l’Incarnation du Fils de Dieu, il révèle aussitôt qu’il faudra nommer Jésus, c’est-à-dire "Dieu sauve", l’enfant à naître. Et de tous temps, l’Église a su que ce nom était en effet salvateur et qu’il mettait en fuite les puissances du Mal. C’est bien par ce nom que les apôtres et leurs continuateurs chasseront les démons et guériront les malades.

Une époque va venir, très vite, où les catholiques vont associer au saint Nom de Jésus celui de sa Mère car ils savent et les exorcistes le constatent, que le nom de Marie agit, lui aussi, efficacement et qu’un possédé, par exemple, ne peut plus le prononcer, révélant ainsi la nature de son état. Il est donc assez logique que l’Église ait songé à instaurer, peu après la fête de la Nativité de Notre-Dame une fête du saint Nom de Marie. Celle-ci apparaît pour la première fois en Espagne en 1513 et elle sera commémorée à Rome. Cependant, cette date coïncide avec les débuts de la Réforme et donc le rejet par les protestants du culte marial. Seules quelques nations l’adoptent, dont la Pologne, car elle apparaît comme une protection contre les hérésies.