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Les missionnaires chrétiens, entre vocation et danger

HECTOR RETAMAL

Gaëlle Bertrand - Fides / OPM - L'Express - La voix de l'Amérique - La Croix - Publié le 03/03/14

S’il est nécessaire d’aller aux « périphéries géographiques » pour apporter la Bonne Nouvelle aux hommes, les missionnaires risquent encore souvent d’y perdre la vie.

L’actualité récente nous fait inévitablement penser à la captivité du Père Georges Vandenbeusch au Cameroun (cf Aleteia). Libéré fin décembre 2013, il avait voulu partir en Afrique pour « aider les plus démunis à connaître et aimer Jésus-Christ ». Si son histoire s’est bien terminée, elle nous rappelle les risques et difficultés rencontrés par les missionnaires.

Au cours des siècles, nombreux sont les missionnaires morts en martyrs. On se souvient ainsi des premiers missionnaires d’Asie, partant vers l’inconnu, bravant des climats et des mentalités souvent hostiles pour apporter la Bonne Nouvelle. A l’image de Saint François-Xavier, leur saint patron, parti évangéliser les Indes au début du XVIème siècle, les missionnaires choisissent de partir au-delà des frontières culturelles pour faire rencontrer le Christ aux populations du monde entier.

Être missionnaire n’est pas sans risque
Les missionnaires ont toujours couru de grands risques. Apporter la foi n’est pas anodin et la liberté religieuse est loin d'être acquise. Ainsi, l’agence Fides rapporte qu’en 2013, 22 missionnaires ont été tués de part le monde, en majorité en Amérique latine et dans les zones de conflits. Ce chiffre, qui a doublé par rapport à l’année 2012, est préoccupant.

Le site de La voix de l’Amérique mentionne qu’ « on chiffre à environ 3000 le nombre de prêtres, nonnes et laïcs rattachés à l’église catholique française qui servent ses intérêts à l’étranger. Un chiffre en nette baisse comparé aux siècles précédents, ce qui reflète la tendance séculaire de l'Europe. »

Pourquoi partir à l’étranger si nous manquons de prêtres chez nous ?
Le Pape François a souvent mentionné cette problématique. Il s’agit d’aller aux « périphéries géographiques » pour donner aux hommes la chance de connaître le Christ et d’être sauvés. L’Eglise ne doit pas se replier sur elle-même, la mission est une véritable vocation qui participe aussi du développement humain.

L’institut missionnaire le plus ancien reste les Missions Etrangères de Paris (MEP) situées rue du Bac dans le 7ème arrondissement de la capitale. Fondées au XVIIème siècle, les MEP envoient leurs missionnaires en Asie pour participer à l’évangélisation et ensuite à la formation du clergé local. Partir avec les MEP, c’est choisir une voie radicale. Le départ est définitif puisqu’il s’agit de missions à vie. A l’heure actuelle, les MEP comptent pas moins de 240 prêtres en Asie.

Des missionnaires moins bien protégés
Depuis ces derniers siècles, avec l’évolution du monde, le contexte et les dangers ont changé. Être missionnaire en 2014 est assez différent de ce que l’on pouvait vivre au XVIIème siècle.
Ainsi, pour La voie de l’Amérique, les missionnaires seraient moins bien protégés qu’il y a un siècle. Logistiquement parlant aussi, il est plus difficile de partir. L’obtention d’un visa par exemple rend les choses compliquées. Les missionnaires sont souvent contraints de demander des visas touristiques ou enseignants qui limitent leur présence sur le territoire.

Par ailleurs, il est désormais plus facile de communiquer et de se déplacer d’un bout à l’autre du monde. En cas de danger, se pose alors la difficile question de savoir si le missionnaire doit rester ou non auprès de la population locale, au risque d’y perdre la vie.

Face au danger, faut-il partir ? Faut-il rester ? 
Dans un de ses articles, le journal La Croix  évoque ainsi qu’ «en cas de difficulté, la décision de rentrer appartient toujours au religieux concerné. En pratique, peu y consentent. » La Croix a recueilli à ce sujet les propos du Père Tournier, porte-parole de la conférence des religieux et religieuses de France. Il insiste sur le fait que « nous partons pour créer une communauté, ce qui nécessite au moins dix ans de travail. Il ne s’agit en aucun cas d’être suicidaire mais ces situations font partie de notre vie. Un missionnaire part pour se donner lui-même, ce n’est pas un intermittent du spectacle. »

À cet égard, impossible de ne pas se rappeler le sort des moines de Tibhirine, qui ont voulu rester en Algérie malgré les menaces,  histoire relatée au grand public dans le film Des Hommes et des Dieux. De même, le mois dernier, le Père Frans Van der Lugt, un jésuite hollandais de 75 ans, habitant la Syrie depuis cinq décennies, avait confié à l’AFP qu’il choisissait de rester à Homs malgré les violences perpétrées aux chrétiens : « Je suis à la tête d'un monastère. Comment pourrais-je le quitter ? Puis-je abandonner derrière moi les chrétiens ? C'est tout à fait impossible. »

Un message du Pape François pour la journée mondiale des missions 2013
Lors de son message pour la journée mondiale des missions 2013, le Pape a rappelé que les missionnaires sont des phares, des repères stables pour les populations locales. Pour lui, il faut porter « à ce monde, par notre témoignage, avec amour, l’espérance donnée par la foi ! Le caractère missionnaire de l’Église n’est pas un prosélytisme mais un témoignage de vie qui illumine le chemin, qui porte espérance et amour. »
Face aux difficultés et aux violences, il rappelle ces « paroles consolantes de Jésus » : « Gardez courage ! J’ai vaincu le monde. » (Jn 16, 33).

Tags:
georges vandenbeuschmissionnaireviolence
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