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Après trois ans de guerre, l’avenir incertain d’une Ukraine épuisée

UKRAINE, RUSSIE

Un habitant de Zaporizhia passe devant des bâtiments gravement endommagés quelques jours plus tôt à la suite d'une frappe russe, le 26 janvier 2025.

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Cécile Séveirac - publié le 23/02/25
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Après trois années d'une guerre éprouvante, le sort de l'Ukraine demeure plus que jamais incertain alors que se jouent en ce moment même des négociations entre la Russie et les États-Unis.

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Il y a trois ans, le 24 février 2022, la Russie envahissait l'Ukraine. Depuis, les combats n'ont pas cessé, et le nombre de morts ne fait qu'augmenter. "Cette guerre est terrible, parce qu'elle fait environ, depuis trois ans, 1.000 morts et blessés par jour de part et d'autre", a déclaré Emmanuel Macron alors qu'il s'adressait aux Français le 20 février au soir. "Depuis le début de cette guerre d'agression lancée par la Russie, on a environ 1 million de morts et de blessés au total", martèle encore le président qui déplore "un bilan humain colossal".

En réalité, le bilan exact des pertes humaines demeure pour le moment difficile à établir : Moscou et Kiev préfèrent rester discrets sur leurs pertes militaires respectives, et le nombre de civils tués est encore approximatif. Mi-février, Volodymyr Zelensky évoquait devant la chaîne américaine NBC plus de 46.000 soldats ukrainiens tués et 380.000 autres blessés. Des chiffres éloignés de ceux du Wall Street Journal qui citait en septembre 2024 une estimation confidentielle évaluant à 280.000 le nombre de combattants tués en Ukraine depuis le 24 février 2022, dont 200.000 Russes et 80.000 Ukrainiens. 80.000 auraient été blessés (40.000 de chaque côté). La guerre a également eu un effet dévastateur sur l'économie de l'Ukraine, réduisant à néant un certain nombre d'infrastructures, alertent les Nations unies, qui affirment que ce conflit est à l’origine de la plus grande crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale. Ce sont ainsi plus de 6.3 millions de réfugiés qui ont fui vers les pays voisins et 3.7 millions de personnes qui se sont déplacées à l’intérieur du pays. Au total, plus de 14 millions d’Ukrainiens ont besoin d’une aide humanitaire.

Population exsangue, mais résistante

D'un point de vue territorial, la Russie a pris le contrôle d'un certain nombre de localités qui ne seront très certainement jamais restituées à l'Ukraine. Malgré l'avancée indéniable de l'armée russe sur le front, les Ukrainiens tiennent tête. En partie bien sûr grâce au soutien matériel et financier de leurs alliés, mais aussi du fait de la résistance de la population ukrainienne. Population très durement éprouvée, comme le soulève un nouveau rapport de la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies en Ukraine (HRMMU) : au moins 139 civils ont été tués en Ukraine en janvier 2025, soit une augmentation de 39% par rapport à décembre 2024.

Outre les bombardements, les attaques de drones à courte portée constituent selon l'ONU l’une des menaces les plus meurtrières pour les civils dans les zones de première ligne. Dans les zones contrôlées par le gouvernement de la région de Kherson, cette arme a causé 70% des victimes. "Lorsque l'on arrive à Kherson, on a d'abord la sensation d'une ville morte, complètement vide. Beaucoup de gens sont partis", a décrit fin janvier à Aleteia Irénée de Poulpiquet, alertant notamment sur le sort des enfants restés dans cette région. "Le plus terrible, au milieu de tout ça, ce sont les enfants. Ils ont perdu toute joie de vivre. Les enfants que j’ai vus n’ont pas une vie normale : ils sursautent au moindre bruit, ils ont les yeux constamment baissés, on sent un vrai traumatisme", a-t-il assuré. Cet impact psychologique de la guerre sur les civils Ukrainiens risque d'être durable, alerte l'ONU : "Cette guerre prolongée a entraîné un traumatisme et une détresse psychologique généralisés. Le besoin de soutien en matière de santé mentale est évident et il faudra des années pour aider les gens à faire face aux conséquences invisibles de la guerre", déclare ainsi Matthias Schmale, coordonnateur humanitaire des Nations unies en Ukraine.

Trois ans après le début de la guerre, le sort de l'Ukraine reste incertain alors que les États-Unis et la Russie poursuivent leurs négociations, laissant les Européens - et l'Ukraine, principale concernée -, sur la touche. Le Saint-Siège pourrait, selon notre chroniqueur Jean-Baptiste Noé, "jouer les bons offices en servant de lieu pour les négociations". Depuis l'invasion de l'Ukraine, le Vatican a tenu à garder son rôle de médiateur en discutant avec toutes les parties au conflit. Le pape François a plusieurs fois appelé à la paix en Ukraine, réclamant la fin des combats et le rétablissement du dialogue, jusque depuis sa chambre d'hôpital, qualifiant cet anniversaire de "douloureux et honteux pour l’ensemble de l’humanité". "Nous ne sommes pas nés pour tuer mais pour faire croître les peuples", déclarait-il encore lors de l’audience générale du 12 février, répétant que la guerre "est toujours une défaite". "Que soient trouvés des chemins de paix, s’il vous plaît, dans votre prière quotidienne, demandez la paix", a encore exhorté le Pape.

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