separateurCreated with Sketch.

D’incroyables trésors retrouvés dans les greniers d’une église de Rome

Saint-Louis des Français church
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Hugues Lefèvre - publié le 03/04/25
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Ces dernières années, plusieurs œuvres d’art et objets précieux ont été redécouverts dans l’église et le palais de Saint-Louis des Français, au cœur de Rome. Tableau, machine des Quarante-heures, bronzes, crucifix médiéval, autel, partitions ou photos des années 1920… Les trésors de Saint-Louis des Français n’ont pas fini d’étonner.

Campagne de soutien 2025

Ce contenu est gratuit, comme le sont tous nos articles.
Soutenez-nous par un don déductible de l'impôt sur le revenu et permettez-nous de continuer à toucher des millions de lecteurs.

Je donne

Elle aurait pu être brûlée. Lui a failli être jeté. À la faveur d’un diagnostic anti-incendie effectué en 2020, deux œuvres d’art singulières ont été redécouvertes dans les combles de l’église Saint-Louis des Français. La première, sous l’apparence d’un tas de bois, n’était autre qu’une machine des Quarante heures, ces panneaux monumentaux sur lesquels étaient fixées des centaines de bougies pour mettre en valeur l’eucharistie à partir du XVIe siècle. Après une restauration méticuleuse, la machine de Saint-Louis a retrouvé sa vocation et a magnifié le Saint-Sacrement lors d’une nuit d’adoration le 27 mars. Désormais, chaque année au moment du Carême, elle devrait ressurgir le temps d’une soirée et d’une nuit. Un peu de patience est nécessaire pour monter l’immense mécano : entre trois et quatre heures tout de même !

La seconde œuvre d’art retrouvée suite au passage de l’officier de sécurité est un tableau gigantesque jusqu’alors roulé et entreposé dans un escalier du Palais comme un vulgaire tapis. En déroulant la toile de 7 mètres de long sur 5 de large, les restaurateurs ont découvert une scène bien connue des Actes des apôtres : la prédication de saint Paul à Athènes. Après enquête, il s’avère que l’œuvre a été réalisée par Vincenzo Catalani, un peintre du XIXe. Commandée initialement pour une église de Naples, elle fut réalisée à Rome, présentée au pape Pie IX qui l’apprécia au point de la faire venir un temps dans ses appartements, puis fut stockée au Palais Farnèse qui devint au début du XXe siècle propriété de la France. C’est finalement à Saint-Louis des Français que la toile roulée a atterri.

Les plus de quarante personnages de la Prédication de saint Paul ont retrouvé tout leur éclat et l’immense toile est désormais installée dans une des salles du palais transformée en chapelle. Devant la toile, le frère Renaud Escande, administrateur des Pieux établissements de France à Rome, a fait restaurer et acheminer ces derniers jours un autel du XIe siècle quelque peu oublié. "C’est un autel réalisé dans un seul bloc de marbre avec cinq colonnes qui représentent les cinq plaies du Christ", raconte le dominicain qui administre - avec le contrôle de l’ambassade de France près le Saint-Siège - les nombreux biens de la France à Rome. Entreposé dans une chapelle cachée de Saint-Louis, l’autel était celui de l’ancienne église Saint-Yves des Bretons - non loin de Saint-Louis -, démolie au XIXe et reconstruite dans des proportions plus petites.

L’endoscopie d’une statue du Christ 

Autre trésor découvert dans la "caverne de Saint-Louis" : un Christ en bois datant de plus de cinq siècles. À dire vrai, cette statue de bois n’était pas inconnue puisqu’elle était exposée dans l’une des chapelles de l’église nationale. Mais ce Christ, cloué sur croix peinte, était noir de crasse et tombé dans l’oubli. Là encore, grâce à une restauration de la chapelle orchestrée en janvier 2024, les spécialistes sont allés de surprise en surprise. En nettoyant la statue, ils ont découvert avec émotion les couleurs des stigmates du Christ. Un détail les a particulièrement étonnés : les veines du corps de Jésus avaient été réalisées au moyen de cordes posées sur le bois et peintes avec l’ensemble. "C’est une pratique très ancienne et cela nous a poussés à en savoir plus !", raconte encore le frère Renaud Escande.

Au dos de la statue, entre les omoplates, les restaurateurs ont découvert un bouchon. Une partie de l’œuvre est donc creuse, une façon habile de l’alléger. "Nous avons ôté le couvercle pour réaliser une endoscopie en faisant passer une mini-caméra. Au bout de 20 minutes, nous sommes tombés sur une inscription !", se souvient le dominicain. L’intérieur du torse du Christ garde en effet la trace d’un homme qui a restauré la statue en 1576… "Qui sait, cette statue a peut-être survécu au Sac de Rome de 1527", imagine Renaud Escande, qui entend bien poursuivre les recherches.

"Qui a pris ces photos ?"

Dans le Palais de Saint-Louis des Français situé entre le Panthéon et la Place Navone, d’autres surprises jaillissent parfois du côté des archives. Dans la bibliothèque patrimoniale, tout un fonds de partitions musicales mériterait d’être étudié. Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, Saint-Louis des Français était notamment réputé pour son chœur d’enfants, et de grands maîtres vinrent y exercer leur art, comme Alessandro Melani ou bien Giovanni Pierluigi da Palestrina.

Autre découverte récente, mais cette fois dans le fonds d’archives contemporain, un carton comportant plus de 700 clichés de la Rome fasciste a été retrouvé. "Qui a pris ces photos ? Comment ont-elles atterri ici ? Pour l’heure le mystère est entier", confie le frère Escande. En parlant de mystère, celui de savoir d’où proviennent les quatre statues de bronze retrouvées dans une armoire dont la clé était perdue demeure… Les Pieux établissements ont lancé les restaurations de ces statuettes attribuées au sculpteur flamand Jacob Cobaert, grand artiste mort à Rome au début du XVIIe siècle. Elles auraient pu composer le tabernacle du maître-autel de Saint-Louis des Français. On y retrouve notamment la représentation du roi Louis XIII avec un bandeau fleurdelisé. Après restauration, ces quatre statuettes devraient atterrir dans la chapelle Cantarelli. C’est ici que passent chaque année des centaines de milliers de curieux désireux de contempler les trésors les plus connus de Saint-Louis des Français : trois tableaux du Caravage.

[EN IMAGES] Les trésors cachés de l'église Saint-Louis des Français de Rome

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)