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Les lettres de la marquise de Sévigné, une bonne lecture pour la Semaine sainte ?

8 min de lecture
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Crédit : Aleteia

En s’écartant de la richesse charnelle de la correspondance de Madame de Sévigné, regrette l’écrivain Henri Quantin, le film d’Isabelle Brocard juxtapose les clichés et passe à côté de la réalité de sa personnalité, notamment spirituelle. Il est impossible de séparer chez la marquise ses lectures, son écriture et sa vie.

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Le narrateur de la Recherche du temps perdu notait que "certaines personnes croient qu’elles ont fait leur Sévigné quand elles ont dit “mandez-moi, ma bonne” ou “ce comte me parut avoir bien de l’esprit” ou “faner est la plus jolie chose du monde”". La grand-mère du narrateur, au contraire, qui était venue à Mme de Sévigné "par le dedans", lui "avait appris à en aimer les vraies beautés, qui sont tout autres". En réalisant son film, Isabelle Brocard a dû s’imaginer qu’on pouvait faire sa Sévigné encore plus aisément qu’en répétant trois formules figées. Il suffirait de mettre en scène une mère étouffante, dont la fille tenterait par tous les moyens, lourdement soulignés par la caméra, de se défaire. La réalisatrice aurait pu appeler son film les Dents de la mère. Même sans avoir eu la chance d’avoir une grand-mère proustienne, il est permis d’être un peu plus sensible aux vraies beautés.

Tant pis pour l’œuvre