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Bangladesh : un universitaire massacré par les islamistes pour refus de la burqa

© STRINGER / AFP

BANGLADESH-RELIGION-ISLAM-EDUCATION-CRIME Rajshahi University teachers march holding a banner during a rally to protest against the death of the university professor Shafiul Islam in Rajshahi on November 16, 2014. Suspected Islamic militants have hacked to death a university professor in western Bangladesh, several years after he led a push to ban students wearing full-face veils, police said. AFP

Eglises d'Asie - Publié le 19/11/14

Il s’était opposé au voile intégral pour les étudiantes qui suivaient ses cours. Quatre ans après cet incident, Shafiul Islam, professeur de sociologie estimé de tous, a été assassiné à coups de machette le 15 novembre.

Pour la troisième journée consécutive, les cours et les examens étaient suspendus hier à l’Université de Rajashahi où un professeur de sociologie a été assassiné par des islamistes samedi pour s’être opposé en 2010 au port de la burqa, voile intégral musulman, par l’une de ses étudiantes.

« Il était aimé de tous »

Depuis dimanche 16 novembre, étudiants et enseignants de l’université de Rajashahi, située dans la partie nord-ouest du Bangladesh, manifestent et boycottent les cours, réclamant l’arrestation immédiate des meurtriers de Shafiul Islam, qui était
« aimé de tous » et n’avait « commis que le crime d’être tolérant et respectueux de la religion de chacun ». Différentes organisations étudiantes sont venues gonfler les rangs des manifestants lundi et hier, mardi 18 novembre, où ils étaient plus d’un millier à former une chaîne humaine le long des routes de Rajshahi, et à manifester sur le campus des universités de Dacca, la capitale.

L’ensemble du corps enseignant de l’université a d’ores et déjà averti que le mouvement de protestation prendrait encore plus d’ampleur si les assassins n’étaient pas traduits en justice dans les quinze jours. Le 15 novembre, dans l’après-midi, Shafiul Islam,
51 ans, professeur de sociologie, a été attaqué par plusieurs jeunes, à quelques pas de sa résidence de Bihashpalli, alors qu’il revenait de l’université. Selon les premiers éléments de l’enquête, il a été tué par des coups portés à la tête et au cou avec des lames tranchantes, probablement des machettes. L’universitaire est décédé peu après des suites de ses blessures au Rajshahi Medical College.

« Nos moudjahidins ont exécuté un apostat »

Dans la soirée du 15 novembre, l’assassinat était revendiqué par un groupe islamiste jusqu’alors inconnu, l’Ansar al Islam Bangladesh-2, sur sa page Facebook créée quelques heures plus tôt. On pouvait y lire : « Aujourd’hui, nos moudjahidins ont exécuté un apostat qui avait interdit aux étudiantes de porter la burqa dans son département et dans les salles de classe ». Une revendication suivie d’une menace :
« Attention à vous tous, apostats de l’islam et athées ! ».

La page Facebook du groupe islamiste cite ensuite des articles de la presse locale datant de 2010 en expliquant que le professeur Shafiul Islam, qui dirigeait à l’époque le département de sociologie de l’université, avait exigé que ses étudiantes ôtent leur voile pendant les cours et avant les examens.

« Shafiul pensait que le voile intégral rendait impossible l’identification des élèves et que, dans les salles de classe et d’examen, le port du voile pouvait permettre de tricher, comme cela était déjà arrivé », explique aujourd’hui aux médias l’un des collègues de la victime, Sirajul Islam.

Il osait critiquer le principal parti islamique

Mais ajoute ce dernier, ce n’est pas seulement en raison de « l’affaire de la burqa » que l’universitaire a été assassiné, mais aussi parce qu’il était l’objet « depuis longtemps de menaces de mort pour sa critique ouverte du mouvement Jamaat-Shibir sur le campus ».

L’université de Rajshahi est en effet connue pour être l’un des bastions de cette aile étudiante réputée très violente du principal parti islamique du pays, le Jamaat-e-Islam. C’est, confie l’un des amis du professeur assassiné, l’une des raisons pour lesquelles Shafiul Islam avait tenu à enseigner dans cette université, une « zone sensible » où il tentait de prêcher la tolérance religieuse.

Shafiul Islam était un adepte du mouvement Bâul, très populaire dans cette partie ouest du Bangladesh, de culture essentiellement bengalie. Ses membres qui se définissent comme des musiciens et chanteurs « mystiques », prônent une religion syncrétique, mêlant hindouisme et islam auxquels ont été incorporés des éléments du soufisme et du bouddhisme.

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Tags:
bangladeshpersécutionsterrorisme
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