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Indonésie : le christianisme sur la sellette dans la campagne électorale

© AFP PHOTO / Timur MATAHARI

INDONESIA, Batujajar : TO GO WITH Indonesia-election,FOCUS by Angela Dewan<br /> This photograph taken on July 2, 2014 shows Indonesian frontrunner presidential candidate Joko Widodo (2nd L) speaking to supporters as he campaigns in Batujajar, West Bandung, in West Java province. Smear campaigns have escalated ahead of the country&#039;s presidential election on July 9, 2014 with the candidates&#039; supporters playing dirty to control the messages swirling in the media, a trend commentators say has contributed to a steep fall in support for presidential frontrunner Joko Widodo over his main rival, Prabowo Subianto. AFP PHOTO / Timur MATAHARI

Eglises d'Asie - published on 08/07/14

Plus de quinze ans plus tard, ce sont à peu près les mêmes schémas qui sont ressortis à l’encontre de Widodo, présenté comme un chrétien d’origine chinoise. C’est notamment un tabloïd récemment apparu, Obor Rakyat (‘La torche du peuple’), qui s’est fait le porte-voix de la propagande pro-Prabowo ; distribué dans les mosquées, les salles de prière et les madrasa de Java, il peut contribuer à faire la différence auprès de l’électorat musulman.
Si Widodo a vigoureusement démenti ces rumeurs et affirmé être le tenant d’un islam porteur de paix (2), le seul fait que ces rumeurs continuent de circuler et d’être utilisées inquiète les membres des minorités religieuses.

De plus, si l’un et l’autre candidat affirment qu’ils défendront la liberté religieuse, le manifeste politique du candidat Prabowo soulève de fortes appréhensions. En effet, si Gerindra, le parti politique formé par Prabowo pour soutenir sa candidature, stipule que « l’Etat est le garant de la liberté de religion », il ajoute que le gouvernement « a l’obligation politique et sociale de veiller à la manière dont cette liberté est mise en pratique » ; il est précisé que les institutions de l’Etat ont l’obligation de « s’assurer de la pureté des religions officiellement reconnues » de manière « à les préserver de toute hérésie ou blasphème ».
Une telle formulation ne manque pas d’inquiéter en Indonésie, où des minorités religieuses, telles les chiites et les ahmadis, font l’objet de persécutions ouvertes, et où d’autres, telles les chrétiens (qui, catholiques et protestants réunis, rassemblent entre 7 et 10 % de la population du pays), font face à des situations de discrimination plus ou moins ouverte. Du côté catholique, le jésuite et professeur d’université Franz Magnis-Suseno s’est inquiété d’une « intrusion » de la sphère étatique dans un domaine qui est propre à chaque religion et qui menace la liberté de culte. Le Rév. Andreas Yewangoe, président de l’Union des Eglises (chrétiennes) d’Indonésie (Persatuan Gereja Indonesia, PGI), s’est alarmé, affirmant qu’il n’était « pas du devoir de l’Etat de vérifier la ‘pureté’ d’une religion ».
A l’approche des élections, les évêques catholiques ont, il y a quelques semaines, appelé les fidèles à porter leur choix sur les candidats qui « ont le désir de servir les autres plutôt que de se servir eux-mêmes », en gardant à l’esprit l’importance de préserver les principes de la démocratie et de promouvoir un esprit de tolérance.
(eda/ra)
 (1)         Aux termes de la loi électorale (de 2008), seuls les partis ou coalitions de partis qui contrôlent au moins 20 % des sièges à la Chambre basse du Parlement (DPR) ou qui ont remporté 25 % des suffrages lors des élections parlementaires (du 9 avril 2014) sont en mesure de désigner un candidat pour l’élection présidentielle. La loi a fait l’objet d’un recours devant la Cour constitutionnelle, mais celle-ci a statué, en janvier 2014, que ces dispositions s’appliqueraient pour la présidentielle de ce 9 juillet.
Etant donné qu’aucun parti n’a atteint le seuil des 20 % en avril dernier, deux coalitions ont été formées : l’une soutenant le ticket Prabowo/Hatta, avec le Gerindra, le PPP, le PKS, le Golkar, le PAN et le Parti démocrate ; l’autre soutenant le ticket Jokowi/Kalla, avec le PDI-P, le PKB, les NasDem et Hanura.
(2)          Le 25 mai 2014, Widodo a déclaré : « Moi, Jokowi, j’appartiens à l’islam rahmatan lil alamin, l’islam porteur de paix et de non de haine. L’islam qui vit en héritier de la République indonésienne et travaille à maintenir fermement sa Constitution de 1945. Bhinneka tunggal ika [‘Unité dans la diversité’, la devise nationale] est la miséricorde de Dieu. » Il a également déclaré qu’il n’appartenait pas aux groupuscules se revendiquant d’un islam ayant pour but de fonder une nation islamique, ni à ceux qui se réclament d’un islam mais se plaisent à répandre la terreur et la haine.

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électionsIndonésie
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