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Les cinq langages du pardon

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Di IVASHstudio - Shutterstock

Edifa - publié le 12/01/21 - mis à jour le 10/09/21

Selon notre tempérament, le langage du pardon peut prendre différentes formes. Gary Chapman, conseiller conjugal, pasteur et conférencier américain spécialiste du mariage et de la famille, a identifié cinq langages d’excuses. Quel serait le vôtre et saurez-vous déchiffrer celui de votre entourage ?

Maladresse ou malveillance, coup de griffe ou coup de gueule… autant d’offenses qui égratignent la relation, quand elles ne la brisent pas. Or il arrive qu’en dépit d’une demande de pardon, la connivence d’avant ne revienne pas. Sans que nous puissions l’expliquer. Selon Gary Chapman, la raison en est simple : nous ne parlons pas le même langage d’excuses que notre interlocuteur. Mais cela s’apprend ! « Les excuses revêtent cinq aspects fondamentaux. Nous les avons appelés les cinq langages d’excuses. Chacun d’eux est important. Mais l’un ou l’autre – ou plusieurs – parlera davantage à telle personne », indique le spécialiste dans son ouvrage Les Langages de la réconciliation – Apprendre à présenter ses excuses et à décoder celles des autres. Les connaître permet d’utiliser le (ou les) plus approprié(s), en fonction des individus et des situations.

« Quand vous employez le langage principal de ceux que vous fréquentez, vous les aidez à vous pardonner véritablement, explique Gary Chapman. Si vous ne leur parlez pas sur le bon mode, ils ne seront pas sûrs de votre sincérité. » Entre époux, entre parents et enfants, entre amis ou collègues, apprenez donc à décoder les langages d’excuses afin de parvenir à un pardon authentique et à une réconciliation profonde.

Exprimer des regrets : « Je suis désolé(e) »

Un simple « Je suis désolé(e) » peut jouer un rôle déterminant dans le retour à la bienveillance. L’absence de cette phrase peut sembler criante aux oreilles de certains. Si le fautif ne s’aperçoit pas qu’il a oublié ces « mots magiques », vous pouvez être sûr que son interlocuteur, lui, s’en rend compte…

Désolé de quoi ? Des excuses produisent davantage d’effet si elles sont précises. Si je pose un lapin à quelqu’un avec qui j’avais rendez-vous au cinéma, je ne me contenterai pas de dire : « Je suis désolé(e) de n’avoir pas vu le film ». La personne sera davantage touchée si je peux énumérer les conséquences que mon absence a entraînées pour elle : « Je sais que tu es parti de chez toi à temps en interrompant ce que tu faisais. Tu as dû conduire aux heures de pointe. Il a fallu que tu attendes et tu t’es inquiété pour moi », etc. Ces détails révèlent que vous ne minimisez pas votre faute et laissent entendre à la personne offensée que vous comprenez à quel point vous l’avez blessée.

Évitez le « mais… » Le regret sincère ne doit pas s’accompagner de restrictions. En tant que sœurs, Iris et Marie s’étaient souvent trouvées en conflit. Chacune souhaitait que leur relation soit meilleure, mais ni l’une ni l’autre ne paraissait savoir comme s’y prendre. Quand j’ai demandé à Marie : « Est-ce qu’il arrive à Iris de s’excuser quand elle se met en colère ? », elle m’a répondu par l’affirmative : « Elle s’excuse tout le temps, mais elle conclut généralement par « Je voudrais que tu arrêtes de me dénigrer, même si je n’ai pas étudié aussi longtemps que toi ». Ses excuses m’atteignent comme une attaque. »

À chaque fois que nous rejetons le blâme sur l’autre, nous passons des excuses à l’offensive. Et non du pardon à la réconciliation.

Reconnaître sa responsabilité : « J’ai eu tort »

En tant que patron, Laurent demeurait habituellement calme mais, ce jour-là, il perdit patience. Il s’adressa à l’un de ses employés avec dureté. Ses propos étaient justes et ses reproches nécessaires, mais exprimés avec colère. Ce genre de comportement contribue à briser des relations. De simples excuses pourraient tout changer ; elles impliquent de reconnaître son tort.

Pourquoi est-il si difficile, pour certains d’entre nous, de dire : « Je me suis trompé(e) » ? Bien souvent, notre réticence à convenir de nos torts est liée à l’idée que nous nous faisons de notre propre valeur. Avouer que l’on s’est fourvoyé est perçu comme une faiblesse. Nous nous disons peut-être : seuls les perdants se confessent. En réalité, nous commettons tous des erreurs. Un adulte mature apprend à assumer la responsabilité de ses propres fautes. Quant aux adultes immatures, ils ne cesseront jamais de chercher à justifier leurs erreurs.


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Accepter sa responsabilité, c’est, essentiellement, se montrer disposé à admettre sa responsabilité. Or, pour de nombreuses personnes, l’élément le plus important des excuses est l’aveu par le fautif de sa mauvaise conduite. Pour reprendre un témoignage : « Dire « Je suis désolé » ne suffit pas. Je veux être sûre qu’il comprend que ce qu’il a fait était mal ».

Réparer : « Que puis-je faire pour arranger les choses ? »

Pour certains, la phrase « T’avoir traité(e) comme je l’ai fait n’était pas bien » doit être suivie par « Que puis-je faire pour te montrer que tu comptes toujours pour moi ? » Sans cette tentative de réparation, la personne offensée doutera de la sincérité des excuses. Elle continuera de ne pas se sentir aimée, même si on lui dit : « Je suis désolé(e). J’ai eu tort ». Elle attend d’être rassurée sur le fondement même de la relation.

La question est alors de savoir comment nous pouvons compenser le tort causé. Pour réparer, il vous faudra souvent faire plus que parler ces cinq langages ! Cela peut nécessiter un remboursement (d’une voiture abîmée, d’une montre cassée, etc.) ou une restauration de quelque chose (d’une réputation ou d’une dignité).

Si vous n’êtes pas certain de savoir ce que la personne offensée considérera comme une réparation correcte, demandez-le lui. Quelques exemples de questions : « Je regrette d’avoir porté atteinte à ton honneur. Dois-je te présenter des excuses publiques ? » Ou bien : « J’ai manqué à cette promesse un million de fois. Veux-tu que je mette mon engagement par écrit cette fois ? »

Désirer changer : « J’essayerai de ne jamais recommencer »

Ceux qui parlent le langage du repentir auront besoin, pour être convaincus de la sincérité de l’offenseur, que son comportement change et qu’il ne commettra pas la même faute la semaine suivante. La condition du repentir sincère est donc de vouloir changer. Il implique de reconnaître que ce que nous avons fait était mauvais, que cela a blessé la personne que nous aimons. Le croyant pourra demander à Dieu son aide.

J’ai souvent trouvé utile d’écrire sur une fiche les changements à réaliser, puis de la coller sur le miroir devant lequel je me rase le matin. C’est un moyen d’en faire des priorités. Ainsi, je les garde à l’esprit toute la journée. Écrire permet aussi de préciser ses idées, de les rendre plus concrètes. Vous pouvez ainsi commencer par noter une phrase comme : « J’essayerai de ne pas lui reprocher mes émotions négatives ». Puis, réfléchir aux formes de mise en pratique de cette intention de base. Cela pourrait être : « Je commencerai mes phrases par « Je » plutôt que par « Tu » ». Ainsi, « Tu me mets en colère » deviendrait « Je suis en colère ».

Vous le constaterez : un plan précis est plus facile à mettre en pratique qu’une intention générale. Et en l’appliquant, vous prouverez à la personne offensée votre bonne volonté.

Demander ouvertement pardon : « Acceptes-tu de me pardonner ? »

Vous avez reconnu vos torts. Vous avez exprimé des regrets. Vous avez peut-être offert une réparation. Mais cela ne suffit pas toujours ! Lorsqu’on pose la question : « Qu’espérez-vous trouver dans des excuses ? », environ une personne sur cinq (21 %) répond : « J’espère qu’il (elle) va me demander pardon ». Demander pardon montre que vous êtes désireux de mettre l’avenir de la relation entre les mains de la personne offensée.

« Veux-tu me pardonner ? » Vous ne pouvez pas répondre à cette question à la place de l’autre personne. Pardonner ou ne pas pardonner : ce choix lui incombe. Et l’avenir de votre relation repose sur cette décision. Le contrôle de la situation vous est retiré, et, pour certaines personnes, ce peut être extrêmement difficile.


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N’exigez pas le pardon. Vous ne pourrez pas l’obtenir ainsi, de par sa nature même. Pardonner revient à lever la sanction et à laisser la personne reprendre sa place dans notre vie. « Je tiens à notre relation. Aussi, je choisis d’accepter tes excuses et de ne pas réclamer justice. » C’est avant tout un cadeau. Un cadeau que l’on exige n’en est plus un. Si j’ai blessé quelqu’un, je ne suis pas dans la position du monarque qui, du haut de son trône, aurait le droit de juger l’offensé coupable d’avoir un cœur impitoyable. Je ne dois pas non plus l’inciter à se reprocher de ne pas me pardonner. Ce serait de la manipulation.

Stéphanie Combe

Tags:
Pardonpsychologie
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