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Cécile et François-Paul, un couple à l'épreuve du cancer

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Cécile et François-Paul Fardin

Audrey Lallement - Publié le 25/09/20

Le 26 septembre 2016, Cécile Fardin rejoignait la maison du Père à l’âge de 35 ans après s’être battue contre un cancer situé sur une glande salivaire. Son mari, François-Paul, confie à Aleteia un magnifique témoignage de foi et d’espérance.

Veuf depuis quatre ans et père de quatre enfants âgés de 11 à 5 ans, François-Paul Fardin a été profondément marqué par la force et la foi dont a fait preuve son épouse alors atteinte d’un cancer. Il témoigne aujourd’hui de ce qu’il a « perçu de ce qui se passait dans son cœur, de ce qu’elle a donné aux autres, et aussi des clins d’œil du Seigneur ». Enceinte lorsqu’elle a appris sa maladie, elle a vécu un chemin de croix personnel durant 14 mois -14, comme le nombre de stations- durant lequel elle a associé sa douleur à celle du Christ.

Énergique et combative, en particulier pendant la maladie, la jeune mère de famille avait des fragilités dont elle était pleinement consciente « mais elle décidait d’avancer avec ces fardeaux, de repartir après chaque chute ». Humaine, elle l’était aussi. Tout d’abord par ses tristesses, lorsqu’elle pensait à la mort. Parce qu’elle souffrait de sa dépendance et de son infirmité -difficile de se retrouver privée de l’usage de la parole lorsqu’on est orthophoniste!- Et parce qu’il lui arrivait de se mettre en colère, parfois, contre les incertitudes médicales, les maladresses de son mari ou contre tout ce qui exaspère le commun des mortels comme « les rigidités de la Poste » ! Cécile avait aussi des préoccupations de mère de famille soucieuse de faire tourner la maison même quand elle ne serait plus là. Elle prévoyait « l’après » et a notamment conseillé à François-Paul de prendre une jeune-fille pour l’aider pendant les vacances. Elle a aussi pensé à enregistrer ses récits de naissances de ses enfants.

“La prière était son arme principale”

Ayant toujours le souci de l’autre, discrète mais efficace, Cécile faisait preuve d’une grande charité. Elle se montrait à l’écoute des intentions et des difficultés de ses proches. Elle notait les intentions de prière qu’elle portait seule, en couple ou lors de la prière des mères. Même épuisée elle parvenait à trouver l’énergie pour être présente aux autres, et prendre le temps nécessaire pour écouter et réconforter.

Cécile avait un carnet dans lequel elle écrivait ses notes. En février 2016, elle a rédigé une phrase de saint Paul : « Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu » (Rm 8, 39). Quand elle était en bonne santé, elle se plaignait de ne pas prier assez et de ne plus lire d’écrits spirituels. « Le temps que lui a laissé la maladie lui a permis de lire et prier à nouveau », rapporte son mari. « La prière était son arme principale pour lutter. Nous avons fait de la prière du Bienheureux Charles de Foucault notre prière conjugale », raconte François-Paul. Quelques semaines avant de mourir, la douleur devient intenable et son mari veut l’emmener aux urgences. « Ça ne sert à rien, il faut prier », déclare sa femme qui récitait un chapelet quotidien depuis l’été.


FEMME MALADE QUI PRIE

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Pendant cette période, Cécile a largement puisé dans les sacrements : la confession régulière qui la rend légère et joyeuse, le sacrement des malades -qu’elle a reçu plusieurs fois- et l’Eucharistie. « Jésus-Hostie était le miroir de sa pauvreté, elle en pleurait pendant les adorations, lors des élévations, mais elle éprouvait la joie de se sentir rejointe par le Créateur, à travers sa faiblesse ». Que ce soit en paroisse, à la maison, en pèlerinage ou devant la télévision, à chaque messe, sa force était renouvelée. « C’était très clair, je la trouvais plus apaisée, abandonnée et résolue », témoigne François-Paul à qui elle a demandé se faire dire des messes pour « ne pas qu’elle traîne au purgatoire ».

Le couple à l’épreuve de la maladie

Malgré la maladie, le couple continue de faire preuve d’une grande tendresse. Quatre jours avant sa mort, ils s’échangent un dernier au revoir. « J’entends encore ses derniers mots “mon amour”, quand j’ai ma tête sur son cœur, entre ses bras tout maigres, avant de ne plus pouvoir parler. Je ressens alors un sentiment de paix et de joie profonde, d’amour accompli. C’est un souvenir très doux pour moi. Cette année a été le sommet de notre vie conjugale, je me suis senti encore davantage chargé d’elle et elle aussi chargée de moi. Quand l’un flanchait, l’autre le réconfortait. Nous priions ensemble ou séparément l’un pour l’autre, et pour nos enfants. On dit que dans la vie spirituelle de couple, l’un dépasse l’autre et vice-et-versa Nous avons vécu cela, avec des aller-retours accélérés, elle était quand même souvent en tête ! ».

« La fleur que j’ai vu éclore, à la suite de cette démarche de foi, c’est une ferme espérance, l’abandon ou la confiance qui va avec », raconte le jeune veuf. Le dicton « à chaque jour suffit sa peine » a beaucoup porté Cécile, lui rappelant que nous sommes entre les mains de Dieu. « Les douleurs vécues dans la foi l’ont davantage affermie dans l’humilité, dans le sentiment qu’un chemin inconnu d’elle mais sous l’œil miséricordieux du Père était ouvert. Elle, si organisée, résolue, sage, a progressivement appris à lâcher prise. “A la grâce de Dieu” répétait-elle souvent. Nous priions sur la fin pour que la volonté de Dieu soit faite et non spécifiquement pour sa guérison ».

Avec l’espérance vient une plus grande communion des Saints. Le couple prie les saints-patrons de la famille, sainte Thérèse, les époux Martin, saint Jean-Paul II, le Padre Pio, Mère Teresa, Chiara Corbella Petrillo, une jeune maman italienne décédée d’un cancer de la langue en 2012. Ainsi, François-Paul et Cécile sont convaincus de « la vie active du Ciel ». Un des moments qui a le plus marqué le jeune papa fût la vision de Jean-Paul II et de sainte Thérèse qu’a eue Cécile une nuit. Un évènement confirmé par les soignants qui l’ont entendue parler en s’adressant à quelqu’un. Le plus bouleversant, c’est le dernier souffle de Cécile. Récitant en couple la prière d’abandon de Charles de Foucauld, elle s’éteint doucement, au moment de dire « amen ».


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