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Louis et Zélie Martin, les saints époux du quotidien

© Antoine Mekary / ALETEIA
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Dans leur vie conjugale, familiale, ecclésiale et professionnelle, Louis et Zélie, en tant qu’époux chrétiens, ont fait de leur vie quotidienne l’espace de la bonté reçue de Dieu et de cette divine bonté une œuvre au quotidien.

Premier couple canonisé dans l’histoire de l’Église (2015), Louis et Zélie Martin sont des chrétiens du XIXe siècle dont rien ne les distingue à première vue d’autres chrétiens. Ils n’ont pas fondé de congrégations, ni accompli de « miracles ». Tous deux ont d’abord cherché à consacrer leur vie à Dieu dans le célibat et la vie religieuse. Et Dieu les a attirés à Lui par la voie du mariage. Ils ont vécu l’aventure de la sainteté et témoigné de l’Évangile dans l’ordinaire du quotidien, à travers les épreuves et les joies de leur vie d’époux chrétiens, de parents et d’artisans professionnels. Un des points forts de leur témoignage est de rendre crédible l’accession de tous à la sainteté, quel que soit son état de vie, son âge, sa condition sociale. Ils démystifient ce qu’est « être saint ». Voilà une bonne nouvelle pour aujourd’hui, adressée aux couples qui désirent mettre Dieu au cœur de leur vie telle qu’elle est et goûter combien il est bon de Le servir en toutes choses. Les faits de la vie du foyer Martin, exemplaires pour les époux chrétiens du XXIe siècle, fourmillent.

Avec leurs enfants « pour le Ciel »

« Nos enfants, c’était tout notre bonheur », écrit Zélie le 4 mars 1877. Les parents Martin s’accordaient à élever leurs enfants « pour le Ciel », selon une expression de Zélie. Ne voyons en cela aucune forme d’utopie, d’illuminisme ou de phobie du monde. Forts du dynamisme de leur foi, en conformité avec elle, Louis et Zélie entendent éveiller leurs enfants à ce qui, à leurs yeux, est tout simplement la finalité de l’existence humaine : Dieu, son Royaume, « le Ciel ». Vivre dans cette espérance, entraîner avec eux leurs enfants, les éduquer, les élever « pour le Ciel », quoi de plus logique ? Un des éléments essentiels de cet idéal de vie est la prière, l’apprentissage de la prière. Matin et soir, les enfants Martin étaient réunis pour prier, apprendre à écouter le Mystère du Dieu vivant, à Lui parler avec simplicité de cœur, à être réceptif à sa Présence et à son Appel. Parallèlement à la prière commune, il y avait la participation à la célébration des sacrements, la lecture de la vie des saints, l’ouverture à l’esprit de charité et d’humilité par l’attention aux plus pauvres, l’apprentissage du don de soi par l’éveil à une relation vivante, personnelle et volontaire à Jésus — ce que Thérèse traduira par la formule toute salésienne « faire plaisir à Jésus ».

Un couple d’entrepreneurs

Louis s’est orienté vers le métier d’horloger. Zélie vers celui de dentellière. Bien établis dans leur activité professionnelle au jour de leur mariage en 1858, ils formaient un couple d’entrepreneurs moderne pour l’époque. Louis était « foncièrement honnête et consciencieux », se souvient Marie, sa fille aînée. À son horlogerie-bijouterie, n’ayant pas de commis, lui-même assurait tout le travail : réception des clients, réparation des horloges et des montres, soit à son magasin, soit à domicile. Son attention patiente aux clients, l’excellence de son travail, sa mansuétude envers tous lui octroyaient une réputation de sainteté et l’on disait de lui : « le saint Monsieur Martin ». À partir de 1863 où Zélie accouche de Léonie, sa troisième enfant, Louis épaule plus activement sa femme dans son commerce. Outre un juste salaire que les Martin honorent sans retard envers leurs employés, Zélie cultive un climat de concorde familiale au sein de son entreprise qui procurera du travail à dix-huit ouvrières à domicile. Beaucoup remercient Zélie de sa bienveillance. De nombreuses amitiés se nouent à partir et au-delà du temps de travail réalisé en étroite collaboration.

Un engagement ecclésial ouvert sur le monde

Le réalisme de la foi du foyer Martin s’est forgé dans une ouverture résolue aux plus pauvres et un engagement en diverses associations de piété. Zélie était affiliée au Tiers-Ordre de saint François d’Assise et à d’autres mouvements de dévotion au Cœur de Jésus. Louis faisait partie de la Société du Saint-Sacrement, de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul fondé par Frédéric Ozanam. Il adhérait aussi aux Cercles catholiques créés par Albert de Mun, sensibilisés par la misère du monde ouvrier. L’engagement de Louis et Zélie ne s’illustrait pas uniquement par l’affiliation à des associations de piété, l’adhésion aux mouvements alors en vogue du catholicisme social et les dons aux œuvres caritatives. Ils manifestent une sollicitude spontanée aux plus démunis rencontrés sur leur chemin. Un des épisodes les plus éloquents est celui d’un pauvre SDF, âgé, secouru un dimanche de l’année 1876, au retour de la messe. Les Martin le secourent en lui offrant d’abord des souliers, puis le couvert du dîner. Par la suite, ils s’occupent de lui au point d’obtenir son entrée dans un hospice, non sans de nombreuses démarches assurées par l’opiniâtreté de Louis (lettres, pétitions). Avec discrétion, Zélie avait pris l’habitude de visiter « des familles pauvres avec des pots au feu, des bouteilles de vin et des pièces de quarante sous ».

À la messe tous les jours

L’eucharistie était le lieu primordial du ressourcement spirituel du couple Martin. Sauf exception, Louis et Zélie vont tous les jours à la messe. Après le décès de son épouse, alors qu’il n’exerce plus d’activité professionnelle, Louis continue à aller à la messe de six heures du matin. Quand ses filles lui en demandèrent la raison, il leur répondit : « Parce que c’est la messe des pauvres et des ouvriers », qui y assistent avant d’aller au travail. Une réponse pleine d’une vérité eucharistique que Louis vit profondément : une solidarité de cœur avec les plus défavorisés au plan social.

Il y aurait bien d’autres faits à mentionner où Louis et Zélie firent preuve d’une exemplarité évangélique, dans l’épreuve de la maladie, du veuvage et de la mort. Pensons à la touchante sérénité de Zélie, à sa force d’âme qui encourage les siens, alors qu’elle est atteinte d’un cancer au sein qui finira par l’emporter. Pensons à la constance spirituelle de Louis pour donner sens à sa faiblesse physique et mentale au terme de sa vie, pendant et après son internement à l’hôpital du Bon Sauveur de Caen. L’exemple poignant de Louis démontre que l’altération psychique et la diminution des forces physiques peuvent être un chemin de résilience pour vivre la dynamique de l’amour et la foi en l’Éternité.

L’âme de leur amour

À partir de leur vie conjugale, familiale, ecclésiale et professionnelle, Louis et Zélie, en tant que chrétiens, ont fait de leur vie quotidienne l’espace de la bonté reçue de Dieu et de cette divine bonté une œuvre au quotidien. Transcendante à tous les temps, la sainteté de Louis et Zélie convient à notre siècle parce qu’elle est en prise avec le cœur de l’Évangile dans l’ordinaire de la vie courante. Qu’est-ce que le cœur de l’Évangile ? Qu’en toutes choses, il s’agit d’aimer, de croire, d’espérer en la présence de Jésus-Christ. Ces trois actes, hier, comme aujourd’hui et demain, condensent le devenir essentiel de la vie humaine et de son salut. Louis et Zélie nous le rappellent dans la force et la simplicité de leur attachement à Dieu, qui fut « l’âme » de leur amour mutuel. Leur existence est bel et bien un livre de vie, source d’inspiration pour chaque famille chrétienne aujourd’hui.

Louis et Zélie Martin, une sainteté pour tous les temps, William Jean Clapier, Artège Poche, rééd. 2019, 486 pages, 9,20 euros

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