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Claude et Marguerite de La Garaye, les « époux charitables »

Alain Kléan
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DES COUPLES QUI INSPIRENT (1/5) Chaque semaine pendant l’été Aleteia vous propose de découvrir la vie d’un couple inspirant. Première histoire de notre série, celle de Claude et Marguerite de La Garaye, des Bretons vivant au XVIIIe siècle et que saint Jean Paul II avait qualifiés d' »époux charitables ».

Si le blason du comte Claude-Toussaint Marot de La Garaye est orné d’une main dextre appaumée d’argent, on aurait très bien pu faire fi des règles héraldiques pour y rajouter un cœur d’or. Ces nobles époux de la première moitié du XVIIIe siècle renoncèrent à leurs biens et à leurs privilèges, afin de se consacrer corps et âme au service des malades dans leur propre château qu’ils transformèrent en un hôpital de renom dans la région de Dinan. Désignés par Jean Paul II comme « les époux charitables », Claude et Marguerite de La Garaye offrent en plein siècle des Lumières un modèle de couple dont la fécondité alla bien au-delà des portes de leur château. Claude-Toussaint, descendant d’une famille de conseillers au sein du Parlement de Bretagne, naquit à Rennes le 30 octobre 1675. Orphelin de mère à l’âge de 5 ans, il fut envoyé au collège d’Harcourt à Paris par son père, soucieux de lui donner une bonne éducation.

Une fois ses études terminées, il reçut une formation militaire et entra avec son frère aîné dans le corps des Mousquetaires. À 17 ans, il se distingua au siège de Namur en 1692. Brillant cavalier, passionné de chasse, il attira l’attention de Louis XIV lors des chasses royales. À la mort de son père, il quitta l’armée et revint en Bretagne, où il épousa en 1701 Marie-Marguerite de La Motte-Picquet, fille du greffier en chef du Parlement de Bretagne. Les jeunes mariés menèrent grand train au château de La Garaye, à quelques kilomètres de Dinan, entre parties de chasse et grandes réceptions.

Des mondanités à la charité

Deux tristes événements vinrent perturber la vie du couple, les mettant sur la voie de la charité plutôt que sur celle des mondanités. Tout d’abord, Marguerite, au cours d’une chasse, fit une chute de cheval, dont les séquelles l’empêchèrent d’avoir des enfants. Sept ans plus tard, la mort soudaine et prématurée de leur beau-frère, Joseph de Pontbriand, les bouleversa profondément. C’est à ce moment-là qu’ils prirent conscience de la misère qui régnait autour d’eux, accentuée par le rude hiver de 1710. Délaissant toute vie mondaine, accompagnés spirituellement par le prieur de l’abbaye de Saint-Jacut, ils décidèrent de servir les pauvres pour l’amour de Dieu. Les écuries du château furent transformées en hôpital pour accueillir, nourrir et soigner les plus démunis. Il compta d’abord vingt lits, puis quarante, puis soixante. Les époux vendirent leur vaisselle, leurs chevaux et leurs chiens pour financer leur œuvre et mirent leurs propres domestiques au service des malades.

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Cependant, ils ne se contentèrent pas de mettre à disposition leurs dépendances, ils s’occupèrent eux-mêmes des malades. Ils se formèrent à la médecine, à la chirurgie et à la chimie à Paris au cours de l’année 1714. Le comte transforma l’ancien chenil en laboratoire de chimie pour créer des médicaments. Le roi Louis XV l’encouragea en ce sens en lui achetant la méthode pour extraire les « sels essentiels » des plantes médicinales. La comtesse apprit à panser les plaies et se spécialisa dans les maladies des yeux. L’hôpital de la Garaye acquit une grande renommée. Quatre chirurgiens furent employés pour aider le fondateur et une dizaine de médecins vinrent s’y former chaque année. Une annexe à l’hôpital de Dinan y fut également créée en 1733 pour accueillir vingt-quatre lits dédiés aux malades incurables, abandonnés par les médecins et par leurs proches.

Le chirurgien en chef, le sieur Le Bigot de Carvilli, consigna dans son journal de l’époque que l’hôpital du comte et de la comtesse obtenait des guérisons étonnantes avec les « sels essentiels de la nouvelle Chymie sans onguens ni emplâtres ». Il cite des exemples d’ulcères, de gangrènes, de fistules, de phlegmons, guéris en quelques jours seulement. Passionné de chimie, le comte de la Garaye publia en 1746 sa plus grande découverte : « Chimie Hydraulique pour extraire les sels essentiels des végétaux, animaux et minéraux, avec l’eau pure ». Après avoir donné 45 années de sa vie et la plus grande partie de sa fortune aux malades, le comte s’éteignit le 2 juillet 1755, dans sa quatre-vingtième année. Sa femme le rejoignit deux ans plus tard, le 20 juin 1757. Lors de sa visite à Sainte-Anne-d’Auray en 1996, le pape Jean Paul II souligna leur action et les nomma les « époux charitables, Claude et Marguerite de la Garaye ».

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