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Père Hugues de Woillemont (CEF) : « Il est important que les fidèles reviennent à l’église »

père Hugues de Woillemont

Corinne SIMON/CIRIC

Le père Hugues de Woillemont est secrétaire général de la Conférence des évêques de France.

Timothée Dhellemmes - Publié le 22/09/20 - Mis à jour le 22/09/20

Tout nouveau secrétaire général de la Conférence des évêques de France (CEF), le père Hugues de Woillemont doit rencontrer le Premier ministre Jean Castex, ce mercredi 23 septembre. Conséquences de la crise sanitaire sur la pratique religieuse, projet de loi sur les séparatismes, bioéthique... il détaille pour Aleteia les grands dossiers qui occupent actuellement l'Église en France.

Ancien vicaire général du diocèse de Nanterre, le père Hugues de Woillemont est secrétaire général et porte-parole de la Conférence des évêques de France depuis le 1er septembre.

Aleteia : Vous devez rencontrer avec Mgr de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France (CEF), le Premier ministre Jean Castex, ce mercredi. Qu’allez-vous lui dire ?
Père Hugues de Woillemont :C’est d’abord un rendez-vous pour se présenter et faire connaissance, comme cela se fait généralement peu après la nomination d’un nouveau Premier ministre. Nous sommes vigilants sur plusieurs sujets, et souhaitons les aborder avec Jean Castex. Nous parlerons bien sûr du contexte de cette pandémie qui continue d’être bien présente, et des questions qu’elle soulève concernant le statut des aumôniers dans les hôpitaux et les prisons. Nous parlerons également du projet de loi de bioéthique et de celui sur le séparatisme.

Sur ces sujets, vous avez déjà eu l’occasion d’exprimer certains désaccords avec le gouvernement, tout en rappelant vouloir coopérer dans des conditions apaisées. Comment allez-vous vous y prendre ?
La position de la Conférence des évêques de France (CEF) est de continuer dans la voie du dialogue. Quand il y a besoin de se manifester ou d’interpeller le gouvernement sur un certain nombre de sujets, nous n’hésitons pas à le faire. Sur la question de la bioéthique par exemple, nous sommes étonné de ce vote en plein milieu de l’été. Des mesures auxquelles nous sommes totalement opposées ont été votées, comme l’allongement de la durée de l’avortement. 

Il faut que l’Église soit de nouveau présente dans la société. 

Nous entendons également beaucoup parler du projet de loi de lutte contre les séparatismes. En ce qui nous concerne, nous n’avons jamais été pour une révision de la loi de séparation des Églises et de l’Etat et nous nous demandons bien ce que va contenir ce projet de loi. Même si on nous a dit que cela ne touchera pas la place de l’Eglise en France, nous restons vigilants. Enfin, sur la question de la place des aumôniers dans les hôpitaux ou dans les prisons, nous tenons à rappeler que cette présence n’est pas accessoire. Maintenant que le confinement est terminé, les aumôniers doivent pouvoir visiter les malades ou les prisonniers. C’est autorisé par le droit. Aujourd’hui, il faut que l’Église soit de nouveau présente dans la société. 

Pour la première fois, le 7 septembre dernier, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a reçu plusieurs membres du collectif « Marchons Enfants! » Quel était l’objectif de cette démarche, et appellerez à participer aux manifestations contre le projet de loi de bioéthique, prévues le 10 octobre prochain ?
La CEF connaissait déjà certains mouvements de ce collectif, je pense en particulier aux AFC, avec qui nous entretenons des relations depuis longtemps. En recevant des membres de « Marchons Enfants! », le Conseil permanent a souhaité instaurer un dialogue, afin d’entendre la position de chacun.

La CEF n’envisage pas d’appeler à manifester le 10 octobre contre le projet de loi de bioéthique. 

Ils nous ont bien expliqué qu’ils étaient dans leur rôle de fidèles engagés, prenant de initiatives sur le terrain de la société civile. De leur côté, les évêques sont des pasteurs, chargés d’éveiller les consciences. Pour autant, ils ne sont pas des militants. C’est pourquoi la CEF n’envisage pas d’appeler à manifester le 10 octobre contre le projet de loi de bioéthique. 

Vendredi, au cours d’une visite à la Grande mosquée de Paris, le ministre de l’Intérieur et des Cultes, Gérald Darmanin, a avancé que « l’islam est la religion qui aura le moins de difficulté à travailler avec la République. » Qu’est-ce que cette déclaration vous inspire ?
Je ne souhaite pas réagir à cette phrase particulière. À nous de montrer que nous sommes prêt à dialoguer et à prendre place au débat public. Les premiers signes qu’a montré Gérald Darmanin après sa nomination sont des signes de contact, il a le souci de rencontrer les représentants des différentes religions. On l’a vu lorsqu’il est allé à Rome fin juillet et lors de la commémoration de l’assassinat du père Hamel quelques jours auparavant. Mgr de Moulins-Beaufort avait d’ailleurs eu l’occasion de le rencontrer à ce moment-là. Même si nous n’avons pas encore de date, nous avons prévu de rencontrer Gérald Darmanin prochainement. Nous sommes impatients d’aborder un certain nombre de sujets avec lui. 

La crise sanitaire et le confinement liés au Covid-19 ont généré une considérable pertes de ressources, de l’ordre de 50 à 60 millions d’euros, pour l’Église de France. Qu’en est-il de la grande campagne d’appel aux dons, engagée au mois de juin ?
Cette campagne a été proposée par la CEF aux diocèses à la fin du confinement, mais nous ne connaissons pas encore les chiffres exacts des sommes collectées. J’ai le sentiment que les fidèles ont répondu présent à l’appel de leurs curés et évêques. Beaucoup d’entre eux ont fait un don un peu exceptionnel. Ils ont conscience que l’absence de messes – et donc de collectes- doit être compensée. Même si le manque à gagner est là, nous savons que nous pouvons continuer de compter sur les fidèles. Concernant la situation des diocèses en particulier, nous attendons la fin de l’année pour avoir des chiffres plus précis. Nous allons continuer ce que nous avions déjà anticipé avant la crise : inviter les fidèles à soutenir davantage leurs paroisses, tenter d’être créatif et trouver de nouveaux moyens de collecte, en touchant notamment les plus jeunes, à travers le numérique et les réseaux sociaux.

Des voix s’élèvent pour demander aux fidèles de retourner à la messe, avez-vous constaté une désaffection des fidèles à la messe dominicale ?
Nous n’avons pas pour habitude de compter les personnes qui sont dans nos églises, mais il est clair qu’il ne faut pas oublier que le principal, c’est le projet missionnaire. Il me semble légitime que certaines personnes, notamment celles qui sont âgées ou fragiles, aient un peu peur de revenir à l’église. Mais c’est important que les fidèles reviennent à l’église. 

Notre désir est de réussir rejoindre les personnes qui ne sont pas revenues.

Aujourd’hui, notre désir est de réussir à rejoindre les personnes qui ne sont pas revenues. Nous sommes attentifs aux questions d’inscriptions aux catéchèses, aux aumôneries, et dans toutes les activités caritatives.

Cinq ans après Laudato Si’, le pape François s’apprête à publier la troisième encyclique de son pontificat, “Fratelli tutti”, au sujet de la fraternité. Quel est la portée d’un tel texte pour les catholiques de France ?
Nous attendons beaucoup cette encyclique. Pendant le confinement, il y a eu beaucoup de gestes de solidarité, mais également de la solitude et de l’isolement. Cette encyclique sera un appel fort et certainement joyeux à renouer avec des relations humaines réelles et non pas virtuelles. Le Christ nous a demandé de nous aimer les uns les autres, mais à distance, c’est plus compliqué ! La notion de fraternité est indispensable.




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