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Les personnes « parfaites » ne rendent pas le monde meilleur

© ANDREAS SOLARO / AFP
Pope Francis (C) salutes an handicapped man at the end of a Mass as part of the Jubilee year of Mercy at St Peter's square in Vatican on June 12, 2016.
Pope Francis, addressing an audience of 20,000 sick and handicapped people at the Vatican on Sunday, decried the marginalisation of those with disabilities, pointing to the way body image has become big business and "anything imperfect has to be hidden away". / AFP PHOTO / ANDREAS SOLARO
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Une déclaration d'amour du pape François aux personnes malades et handicapées.

Traduction en langue des signes, lecture en braille et, pour la première fois place Saint-Pierre, l’Évangile a été joué en scènes par des personnes avec un handicap mental. Les personnes malades et handicapés étaient donc protagonistes de cette célébration eucharistique. Ainsi la première lecture a été proclamée par une personne handicapée espagnole. La seconde, en anglais, par une jeune femme aveugle lisant en braille. Toutes ont été  traduites par des personnes malentendantes de divers pays. Cette messe a été précédée de plusieurs témoignages sur le handicap et la maladie. Le fondateur de la communauté de « l’Arche », et « Foi et Lumière » Jean Vanier, a notamment envoyé du Canada un message vidéo.

Dans son homélie, le Saint-Père rappelle que « le vrai sens de la vie comporte aussi l’acceptation de la souffrance et de la limite » soulignant que « le monde ne devient pas meilleur, parce que composé uniquement de personnes apparemment ‘‘parfaites’’ (…) mais lorsque croissent la solidarité entre les hommes, l’acceptation réciproque et le respect ». Or déplore-t-il, « dans une époque où un certain soin du corps est devenu un mythe de masse et donc une affaire économique, ce qui est imparfait doit être masqué, parce que cela porte atteinte au bonheur et à la sérénité des privilégiés et met en crise le modèle dominant ». « Il vaut mieux maintenir ces personnes séparées, dans une « enceinte » – peut-être dorée – ou dans les « réserves » du piétisme et de l’assistantialisme, afin qu’elles n’entravent pas le rythme du faux bien-être. Dans certains cas, on soutient même qu’il vaut mieux s’en débarrasser le plus tôt possible, parce qu’elles deviennent un poids économique insoutenable en un temps de crise ».

Face à la « pathologie de la tristesse », le Pape propose « la thérapie du sourire »

En réalité, insiste le Pape François « quelle illusion vit l’homme d’aujourd’hui lorsqu’il ferme les yeux face à la maladie et au handicap » considérant « qu’une personne malade ou portant un handicap ne peut pas être heureuse, parce qu’elle est incapable de mener le style de vie imposé par la culture du plaisir et du divertissement ». S’appuyant sur l’Evangile de ce dimanche (Lc 7, 36-8, 3), qui nous présente « une situation particulière de faiblesse », la femme pécheresse jugée et marginalisée que Jésus accueille et la défend, le Saint-Père démontre au contraire que « la fragilité elle-même peut devenir un réconfort et un soutien à notre solitude ». « Que de personnes avec un handicap et souffrantes s’ouvrent de nouveau à la vie dès qu’elles découvrent qu’elles sont aimées !  » Aimer par Jésus dont « la tendresse est signe de l’amour que Dieu réserve à ceux qui souffrent et sont exclus ». « Jésus est le médecin qui guérit avec le médicament de l’amour, parce qu’il prend sur lui notre souffrance et la rachète », souligne le Pape.

Face aux souffrances physiques et psychiques, face à la « pathologie de la tristesse », le Saint-Père propose « la thérapie du sourire ». « Le vrai défi est celui de qui aime le plus ». Et il conclut en rappelant que « la manière dont nous vivons la maladie et le handicap est un indice de l’amour que nous sommes disposés à offrir. La manière dont nous affrontons la souffrance et la limitation est un critère de notre liberté de donner sens aux expériences de la vie, même lorsqu’elles nous semblent absurdes et imméritées ».

Retrouvez la traduction intégrale de l’homélie du Pape en cliquant ici

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