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Quatre fake news sur Jésus qui ont la vie dure

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Stations of the Cross

Renata Sedmakova | Shutterstock

Matthieu Lavagna - publié le 29/03/24

Régulièrement, les mêmes lieux communs sur la vie de Jésus resurgissent, quand ce n’est pas l’existence même du Crucifié le plus célèbre de l’histoire qui est contestée. L’essayiste Matthieu Lavagna, qui vient de publier "Non, le Christ n’est pas un mythe", réfute quatre de ces contrevérités les plus manifestes.

Pour critiquer le christianisme, quoi de plus simple apparemment que de mettre en cause la réalité de son événement fondateur, la naissance et la mort du Christ ? Contrairement à ce qu’affirment certains pseudo-historiens, nous avons en réalité de meilleures sources concernant l’existence et la vie de Jésus que nous n’en avons pour la plupart des grandes figures de l’histoire. Voici quatre contrevérités manifestes auxquelles il convient de répondre en s’appuyant sur les travaux des historiens universitaires dont l’autorité scientifique ne fait aucun doute :

1
“Nous n’avons pas de preuves de l’existence de Jésus”

Cette affirmation est bien évidemment fausse. En plus d’être attestée dans les Évangiles, dans les écrits du Nouveau Testament et dans ceux des Pères apostoliques, l’existence de Jésus est aussi confirmée par un grand nombre d’auteurs non chrétiens : Flavius Josèphe, Tacite, Suétone, Pline le Jeune, Lucien de Samosate, Galien, Mara bar Sérapion et Celse, de même que dans le Talmud de Babylone. Selon l’historien athée Bart Ehrman, il existe au moins quinze sources historiques différentes attestant de la crucifixion du Christ dans les 100 ans après sa mort (entre l’an 30 et l’an 130). Au total, nous avons 42 sources datant de moins de 150 ans après la mort de Jésus mentionnant son existence, dont neuf non chrétiennes. En matière historique, c’est une chose excellente et inespérée ! 

En comparaison, pour Jules César, seulement cinq sources rapportent ses opérations militaires. On comprend alors pourquoi même les juifs ne remettent pas en cause l’existence du Christ. Ce point est crucial, car s’il y avait eu le moindre doute quant à son existence, ces derniers n’auraient pas manqué de le faire savoir ! Cela aurait été un excellent moyen pour eux de ridiculiser les chrétiens et de se moquer d’eux en les accusant d’adorer un Messie inexistant. Or, ils ne firent rien de tel et se contentèrent de critiquer le christianisme pour des raisons théologiques. Ainsi, comme disait Pascal, les juifs sont des “témoins irréprochables”. 

Cette thèse de l’inexistence du Jésus historique, appelée thèse mythiste, pose un autre problème : qui, parmi les apôtres, aurait accepté de mourir pour un personnage inexistant ? Comment peut-on croire qu’une douzaine de pauvres Galiléens aient soudainement accepté de risquer la persécution et la torture pour des histoires qu’ils auraient inventées ? Le philosophe Frédéric Guillaud remarque avec beaucoup d’humour : 

“Quelle est la meilleure hypothèse explicative de tous les textes et de tous les récits dont nous disposons ? Qu’un homme nommé Jésus de Nazareth a effectivement existé et provoqué pas mal de remous à Jérusalem — hypothèse simple et qui explique tout cela d’un coup ? Ou bien qu’un gigantesque complot, comprenant des milliers de ramifications, a été ourdi par une bande d’Hébreux en sandales, animés par le désir de mourir en martyrs pour des histoires qu’ils avaient inventées ?”(Catholix Reloaded, Cerf, p. 66) 

La seconde hypothèse est tellement irrationnelle et peu crédible qu’elle a complètement été abandonnée au niveau académique. Craig Evans, largement reconnu pour ses écrits sur l’historicité de Jésus, estime qu’”aucun historien sérieux, quelle que soit sa religion, s’il en a une, ne peut douter du fait que Jésus de Nazareth a réellement vécu au premier siècle et a été exécuté sous l’autorité de Ponce Pilate, gouverneur de Judée et de Samarie” (“Jesus, The Final Days – What Really Happened”, Westminster John Knox Press, 2009, p. 3). À la lumière des travaux récents sur la fiabilité historique du Nouveau Testament, l’historien Graham Stanton, conclut ainsi : “Aujourd’hui, presque tous les historiens, qu’ils soient chrétiens ou non, acceptent que Jésus ait existé et que les Évangiles contiennent beaucoup d’informations valables […]. Il y a un accord général pour dire que, mis à part peut-être Paul, nous en savons beaucoup plus sur Jésus de Nazareth que sur n’importe quel chef religieux ou païen du Ier ou du IIe siècle”(“The Gospels and Jesus”, Oxford University Press, 2002, p. 145).

2
“Nazareth n’existait pas au Ier siècle”

Dans son dernier livre, Michel Onfray affirme que la ville de Nazareth n’existait pas au Ier siècle (“Théorie de Jésus”, p. 31). Cette proposition est archi-fausse. Comme le fait remarquer le célèbre historien athée spécialiste du christianisme primitif Bart Ehrman, 

“Un argument que je ne trouve absolument pas convaincant est l’idée que Jésus de Nazareth n’a pas pu exister parce que Nazareth n’a pas existé. […] Les archéologues ont creusé là où se trouvait l’ancienne ville de Nazareth et ils l’ont trouvée. Ce point n’est pas discuté par les archéologues palestiniens, dont plusieurs sont de bons amis à moi. Ils ne débattent pas de l’existence de Nazareth parce qu’ils ont creusé et l’ont trouvée. Ils ont découvert une maison, une ferme, des poteries, des pièces de monnaie […] et les poteries et les pièces de monnaie datent bien de l’époque de Jésus. Nazareth a certainement existé, son existence a été démontrée. Quiconque pense le contraire ne connaît tout simplement pas les archives archéologiques. Je crains que ce ne soit aussi simple que cela”(Did Jesus Exist ?, 2017).

3
La crucifixion, un événement invraisemblable ?

Les historiens le savent bien : la crucifixion est un des faits historiques les mieux attestés de la vie de Jésus. Tous les spécialistes sont unanimes sur ce point. Le même Michel Onfray, qui préfère faire cavalier seul, juge que la crucifixion de Jésus est “invraisemblable” car, d’après lui, “à l’époque, on lapide les Juifs, on ne les crucifie pas”. Il s’agit encore là d’une erreur historique flagrante. 

En effet, c’est un fait parfaitement avéré que les Juifs étaient souvent crucifiés dans l’Antiquité. Par exemple, Flavius Josèphe rapporte qu’en l’an -4, le gouverneur de Syrie nommé Varus a crucifié 2.000 Juifs (“Antiquités juives”, 17, 295). De même, on sait que Titus fit crucifier beaucoup de personnes lui aussi, si bien qu’il manquait de bois pour tous les mettre en croix ! On sait également que le grand prêtre de Jérusalem, Alexandre Jannée, fit lui aussi crucifier 800 pharisiens devant leurs propres familles (Flavius Josèphe, “La Guerre des Juifs”, I,97). 

4
L’enterrement de Jésus, une invention de l’Église primitive ?

L’enterrement de Jésus est également un des faits historiques les mieux attestés après la crucifixion. On retrouve cet événement mentionné dans toutes les sources les plus primitives du christianisme (à la fois dans les quatre évangiles, dans les Actes des apôtres et dans les crédos primitifs qui figurent dans les lettres de Paul (1 Cor 15,3-8) dont le contenu remonte au début des années trente. C’est choisir de s’opposer au consensus universitaire que d’affirmer que “la mise au tombeau est exclue” puisque à l’époque de Jésus “on laisse le supplicié accroché, livré aux rapaces et aux chiens qui déchiquettent facilement le cadavre” (“Traité d’athéologie”, p. 173). 

Bien au contraire, l’ensevelissement de Jésus colle parfaitement avec les autres données historiques du Ier siècle. Même Flavius Josèphe reconnaissait qu’il ne fallait pas “laisser les corps sans sépulture” (“Guerre des Juifs”, IV, 317) et admettait que les victimes crucifiées avaient le droit de recevoir un enterrement adéquat. Cela n’est pas étonnant dans la mesure où la loi juive qui demandait que les étrangers et les criminels soient enterrés : “Si l’on fait mourir un homme qui a commis un crime digne de mort, et que tu l’aies pendu à un bois, son cadavre ne passera point la nuit sur le bois ; mais tu enterreras le jour même” (Dt 21,22-23). D’ailleurs, Philon d’Alexandrie, philosophe juif ayant vécu entre l’an 20 et 45, confirme lui aussi la pratique courante d’enterrer les condamnés à mort : “J’ai vu autrefois des crucifiés qu’à l’approche de ces fêtes on rendait à leurs parents, selon l’usage, pour être ensevelis”(“Contre Flaccus”, 83). 

Enfin, nous avons des sources archéologiques qui confirment le fait que les condamnés à la crucifixion de l’époque furent enterrés. On a retrouvé environ cent quarante clous dans les tombeaux juifs, dont certains avec des résidus de calcium osseux, suggérant ainsi que d’autres victimes crucifiées avaient été enterrées. L’enterrement de Jésus colle donc parfaitement avec les données historiques du Ier siècle.

Pratique

Non, le Christ n’est pas un mythe“, par Matthieu Lavagna, préface de Jean-Christian Petitfils, Artège – 1000 raisons de croire ; mars 2024, 258 pages, 18,90€

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ArchéologieHistoireJésussciences
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