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Ces expressions qui ont une origine biblique : « rendre à César ce qui est à César »

Tableau le denier de cesar
Le Denier de César, de Philippe de Champaigne, 1655, Musée des Beaux-arts de Montréal.
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Découvrez ces expressions que nous utilisons depuis notre plus jeune âge. Certaines ont tellement imprégné notre culture qu’on ne soupçonne pas qu’elles puissent avoir une origine biblique. Aujourd’hui : rendre à César ce qui est à César.

Cette expression, qui signifie qu’il faut rendre le mérite d’un acte à son auteur, se retrouve dans chacun des trois Évangiles synoptiques (Mt 22, 21 ; Mc 12, 17 ; Lc 20, 25). Ce sont les paroles mêmes de Jésus, en réponse à une question des pharisiens venus lui demander s’il est légitime de payer l’impôt à César :

Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Faites-moi voir une pièce d’argent. »
Ils en apportèrent une, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? — De César », répondent-ils.
Jésus leur dit : « Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d’étonnement à son sujet. (Mc 12,14-17)

Aujourd’hui, on n’emploie souvent que la première partie de l’expression originelle, pourtant « l’une des phrases les plus célèbres de tout l’Évangile » pour le pape François, ce qui supprime sa dimension spirituelle.

Précisons, même si ce n’est pas indispensable pour comprendre l’expression, que le César cité par Jésus n’est pas Jules César, vainqueur de la Guerre des Gaules, contemporain de Cléopâtre (et d’Astérix !). Le terme César s’applique en fait à chacun des onze premiers empereurs romains, successeurs de Jules César, mort en 44 av. J.-C. C’est ce qu’on appelle un cognomen, un surnom, qui vient traditionnellement après le prénom puis le nom des citoyens romains de l’Antiquité. À l’époque de Jésus, c’est Tiberius Iulius Caesar, dit Tibère, qui règne sur l’empire romain, dont fait partie la Palestine. « Rendre à César » signifie donc rendre à l’État, à la puissance qui gouverne le pays.

Comme dans tout pays occupé, la domination romaine rencontre de nombreuses oppositions de la part des juifs, d’autant plus que Rome prélève des impôts importants, ce qui attise fortement l’animosité du peuple juif. Les collecteurs d’impôts, aussi appelés publicains, sont considérés comme des traîtres, des pécheurs. Mais c’est à l’un d’entre eux, saint Matthieu, que Jésus demandera de le suivre pour devenir l’un de ses premiers apôtres (Mt 9, 9).

Une réponse « ironique et géniale »

Dans ce contexte, la question des pharisiens apparaît comme un véritable traquenard, préparé avec soin. Chacun des trois évangélistes rapporte l’approche hypocrite et mielleuse de ceux venus piéger Jésus, suivie d’une question fermée : Nous est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? ». Pour les pharisiens, avec ce oui ou non, Jésus n’a de choix que de passer pour un suppôt de Rome, un « collaborateur », ou un rebelle, incitant à la résistance et à la désobéissance.

Mais face à cette provocation perfide, Jésus répond de façon « ironique et géniale » pour reprendre les mots du pape François à l’occasion de l’une de ses homélies. Loin d’être une pirouette qui lui permettrait juste d’éviter le piège tendu, la réponse du Christ éclaire la conduite et l’engagement du chrétien dans la société. En intimant de rendre à l’empereur ce qui lui appartient, Jésus déclare que c’est un acte dû à l’autorité terrestre que le chrétien doit respecter. La foi ne désengage pas des réalités temporelles, sociales ou économiques. Au contraire. « Le chrétien est appelé à s’engager concrètement dans les réalités humaines et sociales sans opposer Dieu et César, ce qui serait une attitude fondamentaliste, mais en les éclairant avec la lumière qui vient de Dieu »  développe le pape François.

Et pourtant, certains continuent d’interpréter ces paroles comme une opposition de Dieu et César, de l’Église et de l’État, brandissant régulièrement à tort et à travers la loi de séparation de l’Église et de l’État. Mais séparation n’est pas divergence. Comme le rappelait saint Jean Paul II dans une lettre aux évêques de France, « le principe de laïcité, auquel votre pays est très attaché, s’il est bien compris, appartient aussi à la Doctrine sociale de l’Église. Il rappelle la nécessité d’une juste séparation des pouvoirs […], qui fait écho à l’invitation du Christ à ses disciples […]. Pour sa part, la non-confessionnalité de l’État, qui est une non-immixtion du pouvoir civil dans la vie de l’Église et des différentes religions, comme dans la sphère du spirituel, permet que toutes les composantes de la société travaillent ensemble au service de tous et de la communauté nationale ».

Alors s’engager et participer de manière responsable à la construction de la société dans le but de la rendre plus juste et plus humaine, c’est, pour le croyant,  rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est-à-dire « s’ouvrir à sa volonté, lui consacrer notre vie et coopérer à son Royaume de miséricorde, d’amour et de paix ».

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