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Jacqueline, témoin de tant de grâces auprès des personnes âgées

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Mathilde de Robien - Publié le 14/05/21

À l’occasion de cette année consacrée à la famille, Aleteia part à la rencontre de ceux qui mettent en œuvre les pistes que le pape François a développées dans son encyclique Amoris Laetitia en vue de renforcer le soutien apporté aux couples et aux familles. Rencontre aujourd'hui avec Jacqueline, membre du service évangélique des malades à Herblay (Val d’Oise). (5/12)

« Ne me rejette pas au temps de ma vieillesse, quand décline ma vigueur, ne m’abandonne pas » (Ps 70, 9), implore le psalmiste. « C’est le cri de la personne âgée, qui craint l’oubli et le mépris, précise le pape François dans Amoris Laetitia. Ainsi, tout comme Dieu nous invite à être ses instruments pour écouter la supplication des pauvres, de la même manière, il s’attend à ce que nous écoutions le cri des personnes âgées. » Ecouter le cri des personnes âgées, c’est la mission que poursuit Jacqueline, 84 ans, ancienne responsable du service évangélique des malades (SEM) de la paroisse d’Herblay (Val d’Oise) dont elle est toujours un membre actif. Un engagement qui dure depuis plus de 20 ans, et dont l’appel remonte au décès soudain de son mari, il y a 30 ans.

Révoltée, désespérée par la mort prématurée de son mari un jour de Pentecôte, Jacqueline se rend tous les jours au cimetière pour pleurer sur sa tombe. Jusqu’au jour où le curé de sa paroisse lui demande de porter la communion, un matin de Pâques, à un couple âgé qui habite justement en face du cimetière. Arrivée trop tôt sur les lieux, elle décide d’aller se recueillir auprès de son défunt mari. C’est là qu’elle fait intensément l’expérience de la présence du Christ. Alors que le ciel était nuageux, tout gris et triste, « comme mon âme », précise Jacqueline, une percée du soleil vient soudain se refléter sur la pierre tombale qui en était toute illuminée. Le cœur rempli d’une joie subite et inexplicable, elle se surprend à chanter à pleine voix dans ce cimetière désert du jour de Pâques: « Gloire à toi Seigneur Ressuscité ! Par ta lumière, tu donnes la Vie. Alleluia! Alleluia! ». « J’ai su à ce moment-là que mon mari était vivant, autrement… mais vivant ». Une véritable conversion du cœur qu’elle attribue aussi à la présence réelle du Christ à travers les hosties qu’elle portait à ses frères.

« Le SEM est une mission dans laquelle le Seigneur se fait infiniment présent. »

L’appel se fait de plus en plus limpide : arrivée chez les personnes âgées, ils lisent ensemble l’Evangile du jour. C’est celui de Marie-Madeleine qui ne reconnaît pas Jésus après la résurrection. Jésus lui demande « Femme, pourquoi pleures-tu ? », puis l’appelle par son prénom : « Marie ! ». « Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » (Jn 20, 16). « Va trouver mes frères ». Un envoi en mission que Jacqueline, dont le premier prénom est Marie, prend de plein fouet.

Quelque temps après, elle s’engage dans le SEM et n’a de cesse de témoigner des grâces qu’elle observe au contact des personnes malades et âgées. « Oui, le SEM est une mission dans laquelle le Seigneur se fait infiniment présent », confie-t-elle. La dernière grâce dont elle est témoin, c’est l’histoire de Monsieur et Madame D., un couple âgé qui partageait la même chambre à la clinique.

La belle histoire de Monsieur et Madame D.

Soutenus par une foi solide, Monsieur et Madame D. sont impatients et heureux de recevoir la communion que Jacqueline leur apporte régulièrement. Une démarche proposée par le SEM qui transforme la chambre aseptisée en une petite cellule d’Église au cœur de la clinique. « Nous chantons des cantiques, nous écoutons la Parole de Dieu », explique Jacqueline. Cependant, Monsieur D. demeure soucieux quant à l’avenir : qu’allaient-ils devenir ? Qu’allait-il se passer ? Jacqueline, forte de son expérience de 20 ans au sein du SEM, l’écoute, le réconforte, trouve les mots… et lui remet cette prière :

Vis le jour d’aujourd’hui,
Dieu te le donne, il est à toi, vis-le en Lui.
Le jour de demain est à Dieu,
Il ne t’appartient pas.
Ne porte pas sur demain le souci d’aujourd’hui.
Demain est à Dieu : remets-le lui.
Le moment présent est une frêle passerelle :
si tu le charges de regrets d’hier,
de l’inquiétude de demain,
la passerelle cède et tu perds pied.
Le passé ? Dieu le pardonne.
L’avenir ? Dieu le donne.
Vis le jour d’aujourd’hui
en communion avec Lui.

Monsieur et Madame D., très unis, attentionnés l’un pour l’autre, n’ont qu’un désir, maintes fois exprimé dans leur prière : celui de partir ensemble. « Je reprenais moi-même cette demande qui était la leur pour la présenter avec eux au Seigneur mais tout en gardant raison. Il me semblait en effet qu’il fallait être réaliste, qu’il y avait fort peu de chance que cela se passe ainsi. Je sentais même qu’il était un peu de mon devoir de les préparer à une autre éventualité et je me permettais d’ajouter à leur prière la demande suivante : « Seigneur, tu connais ce désir de nos cœurs, nous te le présentons mais s’il n’en était pas ainsi, nous te confions dès aujourd’hui celui qui resterait et nous te demandons pour lui la force et la paix dont il aura besoin. » »

Un soir, c’était un vendredi, Jacqueline apprend le décès de Madame D. « Je pensais à Monsieur D. Je devinais le désarroi dans lequel il devait se trouver », se souvient-elle. Mais le dimanche matin, à la clinique, elle ne le découvre ni abattu, ni désespéré, simplement dérouté que les choses se soient passées ainsi. « Nous prions comme dans une certaine paix retrouvée. Je lui donne la communion. Il me remercie chaleureusement. Il paraît paisible. »

Rien ne pouvait laisser prévoir la nouvelle que Jacqueline apprend dans l’après-midi: à son tour, Monsieur D. était mort. Il avait rejoint sa femme. « Leur histoire est une merveille. Cela semble bizarre de dire cela mais c’était leur grand désir et il a été exaucé. » Leurs obsèques ont eu lieu deux jours plus tard, et les deux cercueils ont franchi ensemble le porche de l’église. « Ce n’était pas vraiment des funérailles. Les cloches de notre église sonnaient comme pour des noces », réalise Jacqueline.

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