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L’antienne Ô du 19 décembre : "Ô Racine de Jessé, signe pour tous les peuples"

THE TREE OF JESSE

CCT Digital | CC BY-SA 4.0

Fr. Jean-Thomas de Beauregard, op - Publié le 18/12/20

La troisième antienne Ô de l’Avent chante la généalogie de l’Alliance entre Dieu et les hommes. Le "rameau de la tige de Jessé" est un signe pour le peuple, à la fois l’étoile, à laquelle se rallient les rois de la Terre, et la Croix libératrice.

Ô Radix Iesse, qui stas in signum populorum, super quem continebunt reges os suum, quem gentes deprecabuntur : veni ad liberandum nos, iam noli tardare — « Ô Racine de Jessé, qui te dresse comme un signe pour tous les peuples, devant qui les rois resteront bouche close, et que les nations implorent, viens nous libérer, ne tarde plus ! »

La troisième antienne Ô invoque Jésus sous le titre de « Racine de Jessé ». C’est la théologie de l’Alliance qui est approfondie, avec l’inscription de Jésus dans une généalogie charnelle, celle de David : Jessé était en effet le père de David, premier roi à unifier Israël et dont la dynastie a régné plusieurs siècles durant. Ce faisant, c’est l’identité divino-humaine de Jésus qui est soulignée : il est à la fois Fils de Dieu, de toute éternité, et fils d’Adam, en son Incarnation. Il est à la fois la récapitulation du genre humain et le messie d’Israël.

L’accomplissement des prophéties

Surtout, le Christ est l’accomplissement des prophéties sur le véritable messie d’Israël, qui contrairement à ses prédécesseurs (Saul, David, Cyrus, etc.), répondra pleinement à l’oracle d’Isaïe : « Un rejeton sortira de la souche de Jessé, un surgeon poussera de ses racines. Sur lui reposera l’Esprit de YHVH, esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte de YHVH : son inspiration est dans la crainte de YHVH. Il jugera mais non sur l’apparence. Il se prononcera mais non sur le ouï-dire. Il jugera les faibles avec justice, il rendra une sentence équitable pour les humbles du pays. Il frappera le pays de la férule de sa bouche, et du souffle de ses lèvres fera mourir le méchant. La justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité la ceinture de ses hanches. Le loup habitera avec l’agneau, la panthère se couchera avec le chevreau. Le veau, le lionceau et la bête grasse iront ensemble, conduits par un petit garçon. La vache et l’ourse paîtront, ensemble se coucheront leurs petits. Le lion comme le bœuf mangera de la paille. Le nourrisson jouera sur le repaire de l’aspic, sur le trou de la vipère le jeune enfant mettra la main. On ne fera plus de mal ni de violence sur toute ma montagne sainte, car le pays sera rempli de la connaissance de YHVH, comme les eaux couvrent le fond de la mer. Ce jour-là, la racine de Jessé, qui se dresse comme un signal pour les peuples, sera recherchée par les nations, et sa demeure sera glorieuse » (Is 11, 1-10).

Le signe de la Croix

Toute l’antienne est d’ailleurs fondée sur cet oracle d’Isaïe, puisqu’elle fait de Jésus un « signe pour tous les peuples », selon le dernier verset de l’oracle. Ce signe pour tous les peuples, c’est d’abord l’étoile, à laquelle les mages venus des quatre coins du monde se rallient et qui leur découvre l’enfant-Dieu. La liturgie nous donne ici un avant-goût de l’Épiphanie. C’est aussi le signe de la Croix, dressé comme le serpent sur le bâton dans le désert (Nb 21, 4-9), devant qui tout mal est réduit à néant. La traduction « rameau de la tige de Jessé », parfois utilisée pour rendre le latin Radix Iesse a le mérite de renvoyer très précisément au signe de la Croix, par le rappel de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, accueilli comme un roi qui agite des rameaux, avant d’être jugé et crucifié. On peut aussi y voir une évocation discrète de l’extension universelle du salut apporté par le Christ, le rameau faisant alors référence à celui d’Aaron, seul à pousser miraculeusement parmi les tribus d’Israël (Nb 17, 17-28).




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Isaïe est encore la trame de la fin de l’antienne, avec ce verset : « De même des multitudes de nations seront dans la stupéfaction, devant lui des rois resteront bouche close, pour avoir vu ce qui ne leur avait pas été raconté, pour avoir appris ce qu’ils n’avaient pas entendu dire » (Is 52, 10). Avec le Christ, c’est bien un signe nouveau, dont les préfigurations n’ont pu qu’effleurer le mystère, à tel point que les Juifs ne l’ont pas reconnu. Les rois de la terre s’inclinent devant la primauté de la royauté du Christ, et par le terme de « nations », ce sont aussi les païens qui sont visés : le règne du Christ s’étend même sur ceux qui ne le reconnaissent pas.

Les rois s’inclinent devant le roi

L’adoration silencieuse des mages est là encore une illustration des thèmes développés par cette troisième antienne. Les rois s’inclinent devant le roi. Les grandeurs d’établissement s’inclinent devant la grandeur de sainteté, cachée sous les apparences de la petitesse d’un nouveau-né. Les présents apportés par les mages renvoient chacun à un des aspects de la personne du Christ tels que l’antienne les présente. Le premier cadeau est de l’or, ce métal précieux entre tous particulièrement apte à signifier la royauté de Jésus. Le deuxième cadeau est de l’encens, utilisé dans la liturgie parce qu’il symbolise la prière qui s’élève vers Dieu, et exprime donc adéquatement la divinité du Christ. Enfin, le troisième cadeau est de la myrrhe, qui servait à embaumer les morts, et qui signifie donc l’humanité mortelle de Jésus.


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Enfin, l’antienne supplie : « Viens nous libérer, ne tardes plus ! » C’est l’attente eschatologique de la Parousie qui s’exprime ici : le premier avènement du Christ, dans la chair, à Noël, fait signe vers le second avènement du Christ, lors de son retour glorieux qui précèdera le Jugement dernier. On sait par l’Écriture que les premiers chrétiens avaient cette espérance eschatologique très fermement ancrée en eux : ils attendaient le retour du Christ pour bientôt, pour leur génération. Avec le temps, et l’assistance de l’Esprit saint, l’Église en est venue à mieux comprendre cette attente : les derniers temps ont commencé depuis la Résurrection, mais ces derniers temps peuvent durer longtemps car cet eschaton est plus qualitatif que quantitatif. Ces temps, jusqu’à aujourd’hui, sont les derniers, parce que la Révélation est close, la Rédemption achevée objectivement (ce qui reste à faire est de l’ordre de l’appropriation subjective des effets de cette rédemption par chaque homme).

Mais l’attente eschatologique est à cultiver, comme nous invite la prière de la messe qui évoque la Parousie : « Nous proclamons ta mort Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. » Un bon examen de conscience peut d’ailleurs être fait à cette aune : suis-je vraiment désireux du retour du Christ, ma vie est-elle théologale au point que je puisse souhaiter sans crainte cet événement pour lequel je suis supposé prier ?

Pour en savoir plus : Angelicum.


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