Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Démarrez la journée avec la newsletter d'Aleteia
Je m'abonne gratuitement !
Aleteia

Les lieux de la Bible : Bethsaïde, le village des disciples de Jésus

CC BY 3.0 I Chmee2 — Travail personnel
Ruines de la porte de la ville de Bethsaïde, ancienne ville de Galilée.
Partager

Au nord-est du lac de Tibériade, Bethsaïde n’est qu’un petit port de pêche jusqu’à ce que Philippe le Tétrarque, fils d’Hérode le Grand, décide d’en faire une grande cité rebaptisée Julias. Bethsaïde tirera cependant sa renommée des Évangiles évoquant ce lieu comme celui où résidaient les disciples du Christ, Simon-Pierre, André, Jacques, Jean et Philippe… Pourtant, cette cité biblique déclenchera le courroux du Christ.

Bethsaïde ne présentait guère d’attrait particulier aux temps les plus reculés. Modeste port de pêcheurs sur les bords du lac de Tibériade, son nom signifiait simplement « maison des pêcheurs ». Et si l’occupation humaine de Bethsaïde remonte, certes, à l’âge du Bronze ancien, les fouilles archéologiques n’ont livré que quelques minces témoignages quant à l’activité de pêche qui s’y déroula sur ses rives pendant plusieurs siècles.

Aussi, Bethsaïde, ce petit port, n’aurait-elle jamais à l’évidence connu une quelconque notoriété si deux éléments forts n’étaient venus faire d’elle une ville plus réputée. En effet, et en premier lieu, il faudra attendre la soif de puissance et de gloire d’un monarque, Philippe le Tétrarque, le fils d’Hérode le Grand, pour faire de ce modeste village une brillante cité soumise au pouvoir romain. Philippe le Tétrarque donnera alors à cette ville qu’il considère comme son œuvre le nom de Julias, en l’honneur de la fille de l’empereur Auguste, Iulia. Mais, Bethsaïde était destiné à un plus grand destin encore…

Le village des disciples de Jésus

Les Évangiles n’ont pas retenu la dénomination romaine de Julias et la soif de puissance d’un monarque, mais son nom initial, Bethsaïde. Ce nom biblique plus connu aujourd’hui demeure le symbole d’une rencontre et d’une vocation des disciples à la foi proposée par Jésus de Nazareth. Cet épisode est bien connu, mais écoutons tout de même l’évangéliste Matthieu nous le rappeler (Mt 4,18-22) :

Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : “Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes.” Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent

Domaine public
Vocation de saint Pierre et saint André, le Caravage.

La fameuse allégorie du pêcheur d’hommes s’explique ainsi par le lieu géographique où se trouvaient les disciples du Christ à Bethsaïde. Par ailleurs, ces hommes, simples pêcheurs, n’étant pas des lettrés, Jésus s’adressa à eux en termes et métaphores compréhensibles.

À ces quatre disciples de Bethsaïde viendra, enfin, s’ajouter Philippe. L’Évangile de Jean nous précise, en effet, qu’alors que des Grecs étaient venus pour rencontrer Jésus, « ils abordèrent Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et lui firent cette demande : “Nous voudrions voir Jésus”, Philippe va le dire à André, et tous deux vont le dire à Jésus«  (Jn 12,21).

La guérison de l’aveugle

C’est aussi dans le cadre paisible de ce village de pêcheurs au bord du lac de Tibériade nommé Bethsaïde que Jésus livrera certains de ses enseignements les plus forts ; Des enseignements demeurés gravés dans les Évangiles et la foi des chrétiens jusqu’à nos jours. La guérison de l’aveugle à Bethsaïde même compte assurément parmi eux, ainsi que l’évoque l’Évangile de Marc. Jésus et ses disciples viennent d’arriver à Bethsaïde, sa réputation l’a précédé et des habitants lui amènent alors un aveugle pour obtenir sa guérison. L’évangéliste nous précise que « Jésus prit l’aveugle par la main et le conduisit hors du village. Il lui mit de la salive sur les yeux et lui imposa les mains. Il lui demandait : “Aperçois-tu quelque chose ?” Levant les yeux, l’homme disait : “J’aperçois les gens : ils ressemblent à des arbres que je vois marcher.” Puis Jésus, de nouveau, imposa les mains sur les yeux de l’homme ; celui-ci se mit à voir normalement, il se trouva guéri, et il distinguait tout avec netteté«  (Mc 8, 22-25). Le message laissé à Bethsaïde demeure éloquent, Jésus est celui qui ouvre le cœur des hommes à la foi pour qu’ils retrouvent la vue… Mais la cité biblique de Bethsaïde sera-t-elle digne de ce miracle et d’une telle parole du Christ ?

La condamnation des sourds à la Parole

La prédication de Jésus lors de sa vie publique précédant sa Passion ne fut pas toujours dans la liesse, ainsi qu’en témoigne cette malédiction inhabituelle du Christ adressée aux habitants de Bethsaïde restés rétifs au message délivré : « Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, ces villes, autrefois, se seraient converties sous le sac et la cendre. Aussi, je vous le déclare : au jour du Jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins sévèrement que vous«  (Mt 11,20-22).

Cette colère divine à Bethsaïde à l’encontre de ses habitants, nous rappelle que les miracles de Jésus ne sont pas accomplis pour émerveiller les foules, mais bien pour encourager la foi et la conversion des cœurs. Lorsque ceux-ci restent sourds à la Parole – et même aux miracles – le Salut n’est pas possible comme le souligne ce reproche adressé aux habitants de Bethsaïde et de manière générale à nous tous…