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Comment par le baptême nous devenons enfant de Dieu…. et de Marie

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Fred de Noyelle I Godong
Vitrail représentant la Vierge Marie et son fils, Jésus.
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Par le baptême, nous devenons enfants de Dieu et frères de Jésus. En toute logique, la mère du Christ devient la nôtre. Voilà pourquoi la dévotion mariale nous rappelle les promesses de notre baptême.

À notre baptême, nous avons revêtu le Christ (Gal 3, 26). Nous sommes devenus enfants de Dieu. Or le Christ qui vit en nous est simultanément le Fils du Père et le fils de la Vierge Marie. Nous sommes devenus les frères et les sœurs du Verbe incarné qui a été conçu à la fois par sa mère, Marie de Nazareth, et par l’Esprit saint le jour de l’Annonciation. Jésus avait donc deux filiations : l’une vis-à-vis de son Père, et l’autre vis-à-vis de Marie. Aussi, en devenant frère de Jésus et fils adoptif du Père, le baptisé devient-il en même temps fils adoptif de Marie ! Il est un autre Christ : il est dans l’ordre des choses (du salut) qu’il ait la Vierge pour mère.

C’est d’ailleurs Jésus qui nous l’a donnée : « Fils, voici ta mère » dit-il, avant de mourir, à saint Jean qui représente tous les disciples à cet instant. Jésus connaissait le bonheur que représentait la compagnie de sa Mère. C’est la raison pour laquelle il a voulu partager cette joie avec nous ! Le même motif le poussera à nous donner l’Esprit saint. L’amitié, de même que l’amour, pousse au partage des trésors personnels.

La Vierge Marie est d’abord chargée de notre éducation spirituelle

La maternité universelle de la Vierge la rend attentive à nos besoins, spécialement à ceux qui touchent notre sanctification. Sa sollicitude pour nous concerne en premier lieu notre progrès spirituel dans la foi, l’espérance et la charité. Jésus ne nous a pas donné sa Mère afin que nous nous reposions sur elle uniquement de nos tâches temporelles. Le domaine particulier de la Vierge Marie, ce sont les vertus théologales. Elle est une éducatrice avant d’être une infirmière ou un giron sur lequel épancher nos sentiments. Notre gratitude envers elle ne doit jamais être déconnectée de notre adoration de la Sainte Trinité.

Marie est le refuge des pécheurs. Ils trouvent en elle une halte. Mais c’est pour aller plus haut ! Pour se ressaisir et progresser en sainteté. La Vierge leur montre le chemin du ciel sans jamais arrêter leurs regards à sa personne — même si nous trouvons en elle des motifs de nous réjouir parce qu’en elle brille notre condition future, la gloire des enfants de Dieu dans le Royaume, la splendeur de la Jérusalem céleste ! Telle est la spécificité de la maternité de grâce de Marie vis-à-vis de tous les baptisés.

La ferveur filiale des baptisés pour Marie

Après avoir rapidement analysé la nature de la maternité de Marie, voyons quelles conséquences en découlent pour ses enfants. D’abord, Jésus désire que nous traitions sa Mère avec respect — le respect dû à Celle par lequel le salut est venu dans le monde, à celle qui sacrifia pour nous Celui qui lui était plus cher que sa propre vie : Jésus-Christ. En toute justice, les baptisés doivent nourrir envers Marie des sentiments filiaux de gratitude et d’honneur. La piété mariale ne relève pas d’abord de l’attendrissement mais de la plus stricte justice. Le chrétien est appelé à l’aimer comme Jésus l’a aimée le premier, lui qui, infiniment saint, est à ce titre notre modèle. Il connaissait les trésors de bonté et de sagesse de sa mère !

HAND OF VIRGIN MARY STATUE
By Myibean | Shutterstock

Cependant, la piété filiale du baptisé s’épanche également avec le cœur. Marie est sa mère avant d’être sa reine ! Qu’il n’hésite pas à lui confier ses peines, ses embarras, comme ses joies ! Surtout, à ses côtés, il apprendra à aimer Dieu et son Fils le plus parfaitement possible, puisqu’elle est la créature qui les aima le mieux sur cette terre ! En se familiarisant avec la Vierge, les baptisés finissent par apprendre sur Jésus des choses qu’ils ignoraient auparavant, dont ils ne soupçonnaient pas l’existence, pour la raison que la mère du Christ est la personne qui réfléchit à la perfection, tel un pur miroir, les traits et les grandeurs du Fils éternel du Père. En la compagnie de Marie, le baptisé s’assimile peu à peu l’Esprit de Jésus puisque la Vierge de Nazareth est la créature qui lui ressemble le plus. Afin d’aimer comme le Christ, afin de le revêtir suivant l’effet que produit sur nous le sacrement du baptême, la contemplation et l’imitation de la Vierge constituent la voie la plus efficace, surtout la contemplation de son humilité. En effet, l’orgueil étant la racine du péché, le fils adoptif de la Vierge, muni de la prière, l’arme des humbles, saura se garder du Mauvais, ainsi que nous le demandons dans la dernière requête du « Notre Père ».

Comme son Fils, la Vierge Marie nous conduit au Père

Car notre amour filial à l’égard de la Vierge ne s’arrête à sa personne, mais nous conduit au Christ, et par lui, au Père. De même, la confiance que nous plaçons en la Vierge sans péché, en celle qui vécut sans jamais concevoir la moindre défiance envers son Créateur, cette confiance se reporte tout naturellement, dans l’esprit du croyant, sur Dieu. Vivre en son intimité, comme saint Jean après le Vendredi Saint, équivaut au final à vivre en compagnie de la Trinité. Marie nous conduit au Christ, qui nous conduit à son tour à son Père dans l’Esprit. De la sorte se parachève le mystère de l’inhabitation en nous des trois Personnes divines — mystère qui est le principal effet du baptême, premier sacrement de l’initiation chrétienne. Les baptisés ont tout à gagner à recourir à leur mère selon la grâce, la Vierge, afin qu’elle les conduise avec sûreté à la source divine.

Dans l’Église et hors de ses murs, soyons donc les témoins de la piété mariale : l’élan filial qui nous pousse vers elle finit toujours sa course dans la maison du Père. Voilà pourquoi offrir au jeune baptisé une médaille de la Vierge n’est pas un acte superstitieux, mais relève d’une sûre intuition théologique !