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Bioéthique : un projet de loi où des députés évoquent leurs histoires personnelles

Capture d'écran LCP
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Depuis plusieurs semaines, les débats au sujet de la loi de bioéthique divisent les députés sur les bancs de l'Assemblée nationale. Certains d'entre eux, transformés par l'épreuve du handicap ou de la mort, n'hésitent pas à convoquer leur expérience, livrant des témoignages personnels poignants.

Le débat autour du projet de loi bioéthique agite les membres de l’Assemblée nationale. Si certains propos semblent déroutants et frisent parfois l’absurde, les débats ont également donné lieu à des confessions intimes inattendues et à des témoignages personnels émouvants.

À l’image de Marc Delatte, député LREM de l’Aisne. Le 13 septembre, alors que la commission spéciale examinait le texte et notamment la question de l’élargissement du diagnostic préimplantatoire (DPI) à certaines anomalies chromosomiques, il racontait, très ému, son expérience de médecin de famille. « J’ai été pendant plus de 26 ans médecin de famille, j’ai soigné des trisomiques, beaucoup, et il y a trois quatre jours, j’ai vu une petite que j’ai soignée. Elle s’appelle Lorraine et elle était heureuse de me voir. Elle m’a dit : “Je suis en CDI”. Dans quelle société on vit ? Quelle dignité ? », s’est-il interrogé.

« J’ai vécu le deuil d’une femme que j’aimais »

Le 26 septembre, lors des débats autour de la PMA post-mortem, c’était au tour de Marc Le Fur, député LR des Côtes-d’Armor, d’illustrer sa position à partir de son histoire personnelle. « J’ai vécu un deuil, le deuil d’une femme que j’aimais, et qui m’aimait. Je sais ce que cela représente. Pendant plusieurs jours, plusieurs mois, on pense, on vit, on rêve avec elle. On aime revoir les photos, entendre la voix qu’on a enregistrée par hasard quelques heures auparavant sur son répondeur, on aime aller où elle aimait aller, on aime croiser les gens qu’elle aimait croiser, également on aime rencontrer des gens qui vous parlent d’elle. Tout cela peut justifier le besoin, l’exigence d’enfant, tout comme on aime retrouver dans les enfants qui sont déjà nés le visage de leur mère », a-t-il lancé.

Il a poursuivi, exprimant son opposition à la PMA post mortem : « Mais il faut savoir faire ce deuil […] avec un terme à ce deuil. Il faut que la vie l’emporte. Laissons les morts enterrer les morts. Il faut se projeter dans l’avenir et avec cette possibilité, on interdit à la jeune veuve de se projeter dans la vie. […] Un enfant existe par lui-même. Il n’a pas vocation à être un substitut d’un être qui nous a quittés ».

« Mes enfants sont absolument extraordinaires. Et à travers leur handicap, j’ai appris des choses extraordinaires : ils m’ont ouvert les yeux sur des choses que je n’aurais pas pu imaginer. »

Le 25 septembre, Émilie Bonnivard, député LR de Savoie, a convoqué sa propre situation, n’hésitant pas à mettre en avant son célibat. « C’est une femme de 39 ans, seule, qui vous parle, et qui s’est posée l’ensemble de ces questions déjà depuis plusieurs années. Et qui est dans cette situation ». Elle aborde la question de la femme de 40 ans, célibataire, qui souhaite avoir un enfant. « Vous dites que c’est une libération pour une femme seule à 40 ans d’avoir un enfant seule après avoir mené une carrière. J’ai la conviction profonde que c’est le contraire. […] Je ne crois pas que cela créera son bonheur ». Une situation dont “je pâtis”, reconnaît l’élue. Elle demande d’informer les jeunes femmes en début de carrière « de la nécessité de tenir compte de cette contrainte biologique dans leur projet de vie ».

De son côté, Vincent Thiébaut, député LREM du Bas-Rhin, a livré un témoignage poignant, confiant qu’il était père de jumeaux sourds profonds à la suite d’une maladie génétique, nés par FIV. « La problématique n’est pas de savoir aujourd’hui si je suis pour ou contre d’avoir mes enfants. Mes enfants sont absolument extraordinaires. Et à travers leur handicap, j’ai appris des choses extraordinaires : ils m’ont ouvert les yeux sur des choses que je n’aurais pas pu imaginer parce que justement ils sont différents. […] Ces maladies génétiques, qui sont à des titre individuels très lourdes à porter, c’est aussi une véritable chance pour notre société. […] Attention à ce que nous faisons. Quelle société humaine nous voulons demain ? », s’est interrogé l’élu.

Joachim Son-Forget, ancien LREM aujourd’hui UDI, député des Français établis en Suisse et au Liechtenstein, a également pris la parole le 25 septembre en invoquant son histoire. Coréen de naissance, il a été adopté par une famille française. « En tant qu’enfant adopté ayant grandi en Haute-Marne avec des parents qui avaient l’air bien Français, je peux vous dire que c’est très différent de ne pas connaître sa lignée biologique et de ne pas ressembler phénotypiquement à ses parents », a-t-il lancé à la tribune de l’Assemblée. « On se pose des questions. Un enfant peut se poser des questions quand la vraisemblance biologique est diminuée. […] Les faits sont tenaces. […] Je sais pertinemment que j’ai les yeux bridés, que j’ai une couleur de peau qui fait que quand je croise des Coréens, ils me reconnaissent. Au fond de moi je suis un bon Haut-Marnais, bien de ma campagne haut-marnaise, mais c’est tout cela qui cohabite en moi. On ne saurait nier l’un pour accepter l’autre ».

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