Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Et si vous receviez de bonnes nouvelles chaque matin ? Inscrivez-vous à la newsletter d'Aleteia !
Je m'inscris!

Vous ne souhaitez pas faire de don ?

Voici cinq façons d'aider Aleteia:

  1. Prier pour notre équipe et le succès de notre mission
  2. Parler d'Aleteia dans votre paroisse
  3. Partager les articles d'Aleteia avec vos amis et votre famille
  4. Désactiver votre bloqueur de pub quand vous êtes sur Aleteia
  5. S'abonner à notre newsletter gratuite et la lire tous les jours

Je vous remercie!
L'équipe d'Aleteia

 

Souscrire

Aleteia

Les limites du discours managérial

LEADERSHIP
Monkey business images - Shutterstock
Partager

La conduite des hommes dans l’entreprise ne peut pas se réduire à l’art du discours ou aux bonnes pratiques. Tout management équilibré repose d’abord sur une vision de l’homme.

L’« anthropologie managériale », vous connaissez ? Dans son Anthropologie de la rhétorique managériale (Presses universitaires de Bordeaux), la sociologue Anne Both s’attaque aux mécanismes de fabrication du discours managérial, réduisant la conduite des hommes à une rhétorique artificielle. Aux côtés des sociologues français critiques des théories du management actuel, Anne Both dénonce la « fascination pour le modèle japonais et son management par la qualité totale, les références vulgarisées à la psychologie, les cascades de typologies, les méthodes faciles et efficaces de manipulation et le ton messianique » qui démontre sa « remarquable capacité à s’imposer, se protéger et durer ». On est bien en face d’une idéologie trompeuse, en face de laquelle Anne Both s’interroge : « Comment l’imposture peut-elle se prolonger si longtemps ? »

Lire aussi : Unir ses forces en redécouvrant le sens des mots

Le discours et le réel

Ce procès rejoint la méfiance viscérale de nombre de professionnels vis-à-vis de ces sociologues peu au fait de l’opérationnalité des jobs dans les organisations. Un véritable fossé existe en France entre une certaine pensée officielle — idéologique, moralisatrice et peu efficace — et les organisations soumises à des impératifs techniques, avec une volonté de résultats dans une configuration souvent concurrentielle. D’un côté un humanisme militant, de l’autre un réalisme sévère.

Il est aisé d’observer cette méfiance réciproque mais très difficile de la réduire. Pourtant, aucun manager n’est aveugle au point de nier, dans sa fonction, la dimension humaine nécessaire à un projet collectif. Les responsables savent que le management n’est pas pure rhétorique. L’éthique n’est pas seulement un recueil de pratiques aimables ou correctes. Elle se fonde sur une vision de l’homme. Et c’est cette vision de l’homme que l’on appelle anthropologie. Elle constitue le socle des convictions managériales des responsables.

Lire aussi : Management : comment faire de la diversité une force

Le contenu humain

Parler d’anthropologie managériale, c’est repérer dans les pratiques d’une organisation, ses règles, sa culture, le contenu humain. Celui-ci est nécessairement présent dans toute organisation, d’une façon implicite ou explicite. De même pour tout manager : son comportement exprime, qu’il le veuille ou non, un point de vue sur l’autre, sur l’humain. Le comportement que l’on a avec les personnes qui nous entourent dans le travail, collègues, collaborateurs, clients, partenaires… exprime sans doute mieux qu’un discours nos véritables convictions à ce sujet. Pourquoi ne pas mentir à un collaborateur pour obtenir de bons résultats ? Pourquoi ne pas le manipuler « pour son bien et celui de l’entreprise » ? Poser ce type de question, c’est entrer dans les fondements anthropologiques de l’éthique. Rien de plus fondamental en effet que de souligner le respect que toute personne doit à son semblable, quel qu’il soit.

Lire aussi : La bienveillance est sans mollesse

Gagner sur le long terme

Pour ne pas donner à ce type de vision un caractère irénique, il est indispensable de préciser que le management gagne toujours sur le long terme à s’associer à une véritable réflexion sur ses fondamentaux. Car la négation de l’humain se retourne toujours contre la performance, comme la négation de la performance met en danger la survie de l’organisation. Ce juste équilibre est la difficulté et la noblesse du management. Il suppose que les responsables aient une marge de manœuvre réelle, non seulement pour encourager la performance de leurs équipes, mais pour défendre le cas échéant les seuils en deçà desquels le travail devient inhumain.

Ces versets vont vous motiver pour aller au travail :
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]