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La Kénosithérapie ou l’art de se soigner spirituellement

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By Lana_m | Shutterstock

ALain Noël - Publié le 06/01/19

Aujourd’hui je m’adresse à vous en tant que kénosithérapeute et chercheur en Science de la Vie Spirituelle (SVS) pour vous parler d’une nouvelle méthode thérapeutique : la "kénosithérapie".

Vous n’êtes pas sans savoir qu’il existe pour notre corps un domaine qui prend soin de notre capacité à nous mouvoir et que l’on appelle kinésithérapie. Nous avons tous fait appel à un kinésithérapeute qui a l’art de nous remettre sur pieds en une, voire quelques séances. S’il y a sur le plan corporel et matériel la kinésithérapie et bien sachez qu’il existe sur le plan spirituel une méthode de soin pour notre âme : la Kénosithérapie.


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Cette pratique s’appelle ainsi car — comme la plupart des termes médicaux —, elle a son origine dans la langue grecque. La kénosithérapie vient donc de « Kénose » qui veut dire « abaissement, dépouillement » et thérapie qui veut dire « soin ». La kénosithérapie est donc la pratique qui consiste à mettre en œuvre notre capacité spirituelle à nous abaisser et à nous dépouiller…

Comment est-ce que cela fonctionne ?

Cette pratique se base sur les propos du grand médecin de nos âmes, le roi des kénosithérapeutes : Jésus. Il nous dit : « Quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. » (Lc 18, 14). La pratique basique de la kénosithérapie consiste à s’abaisser spirituellement. Nous touchons là l’ABC ou le B-A BA de la vie spirituelle.

Le parallèle entre la capacité de s’abaisser physiquement et spirituellement est évident.


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Le corps peut entrer dans une forme de rigidité qui empêche la personne de s’abaisser. Nous l’entendons dire chez les personnes d’un âge certain : « je n’arrive plus ou j’ai du mal à m’abaisser ». Le kinésithérapeute est là pour leur prodiguer massage et soin afin de retrouver la souplesse perdue.

Spirituellement, nous avons un mal fou à nous abaisser, à nous dépouiller parce que notre orgueil crée en notre âme un tel état de contraction, de rigidité, ce qui fait que le moindre mouvement d’abaissement devient impossible. Et quand nous essayons de soulever une question ou un problème, nous nous faisons un tour de reins qui bibliquement, comme vous le savez, est le lieu que Dieu sonde en même temps que le cœur et où réside la vérité (Psaume 7,10).

S’abaisser ce n’est pas se dévaloriser !

Un saint (donc un abaissé) disait : « Je crains beaucoup plus le bien que l’on dit de moi car il est faux, que le mal qu’on dit de moi, car il est vrai. » Jésus est venu nous montrer que loin de nous dévaloriser, l’abaissement et le dépouillement vont valoriser en nous la capacité de nous mouvoir avec une grande liberté de mouvements. La thérapie consiste donc à adopter l’attitude de souplesse de Jésus comme le souligne saint Paul : « Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom… » (Ph 2, 5-9).


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Prenons conscience que notre orgueil nous raidit et finit par nous rigidifier jusqu’à la rigidité cadavérique que nous constatons dans un corps lorsqu’il est mort. L’orgueil tue en nous la vie et rigidifie notre âme. C’est pour cela que Jésus dit à celui qui veut le suivre : « Laisse les morts enterrer leurs morts » (Mt 8, 22). La rigidité cadavérique frappe ceux qui veulent s’élever car elle crée une tension pour laquelle l’âme n’est pas faite. Comprenons que lorsque Jésus dit  : « celui qui s’élève sera abaissé », ce n’est pas, contrairement à ce que nous croyons, une sanction, ou par esprit de contradiction, mais c’est une ultime tentative de faire en sorte que la personne retrouve sa souplesse et revive.

La plupart de nos rigidités physiques — quand elles ne sont pas traumatiques — viennent de nos rigidités spirituelles. Dans son ouvrage Méditation chrétienne profonde, Wilfried Stinissen mentionne que nos tensions viennent de nos refus à accomplir la volonté de Dieu.

De plus, nos rigidités spirituelles déteignent sur notre physique et nous disposent aux claquages, et traumatismes de toutes sortes.

En quoi consiste une séance de kénosithérapie ?

L’énorme avantage de cette thérapie, c’est qu’elle peut se pratiquer dans la vie de tous les jours, n’importe où et dans n’importe quelles circonstances. Il suffit simplement d’accepter les contrariétés et les humiliations qui se présentent et de les considérer comme un onguent sur l’âme qui nous prépare au massage salvateur.

« Il faut beaucoup d’humiliations pour faire un peu d’humilité », nous dit le sage. Certes, l’humiliation peut créer des traumatismes si elle n’est pas consentie. Un venin peut être mortel mais il contient aussi en lui-même l’antidote avec lequel est fabriqué le vaccin.


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L’antidote de notre orgueil est donc dans l’humilité. Si Jésus s’est abaissé, humilié, c’est pour que nous puissions nous aussi accepter l’abaissement et l’humiliation.

Notons que le Christ ne s’est jamais dévalorisé ! Et pour nous, il s’agit d’en être de même. Sauf qu’en nous abaissant, en nous laissant humilier à son exemple, cela va nous obliger à prendre plus profondément conscience de la valeur réelle que nous avons et non pas de l’image que nous donnons.

« Tu as du prix à mes yeux »

L’acceptation de l’humiliation nous oblige à découvrir quelle est notre vraie valeur et aux yeux de qui avons-nous de la valeur. C’est la question que pose le psalmiste : « Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme que tu en prennes souci » (Psaume 8, 5). Aux yeux de qui avons-nous du prix ? À travers Jacob, Dieu nous dit : « Tu as du prix à mes yeux, tu as de la valeur et je t’aime » (d’après Es 43, 4).

Plus nous entrerons dans la profondeur de cette prise de conscience, plus nous serons en mesure d’accueillir les humiliations comme une grâce, comme un chemin de conversion qui nous est offert gratuitement. La kénosithérapie nous remet à notre place comme la kinésithérapie remet les muscles, les nerfs en place.

Catherine de Sienne a eu une séance de kénosithérapie, entre les mains du « Grand Masseur » qu’est le Christ, lorsqu’il commença à se manifester à elle dans la prière :

« Sais-tu, ma fille, qui tu es et qui je suis ? Si tu as cette double connaissance, tu seras heureuse. Tu es celle qui n’est pas, je suis Celui qui suis. Si tu gardes en ton âme cette vérité, jamais l’ennemi ne pourra te tromper, tu échapperas à tous ses pièges ; jamais tu ne consentiras à poser un acte qui soit contre mes commandements, et tu acquerras sans difficulté, toute grâce, toute vérité, toute clarté. »

Une telle séance vous remet sur pieds spirituellement pour la vie.

Nous sommes bourrés d’orgueil alors que nous ne sommes rien !

Mais nous nous trompons sur la racine de notre orgueil. Il ne vient pas du fait que nous ne sommes rien, mais que nous nous obstinons à ne pas le reconnaître.

Le paradoxe du « rien » et du « tout »

Dans les paradoxes chers à la vie spirituelle et poussés à leurs paroxysmes dans la voie carmélitaine, saint Jean de la Croix (Grand Masseur devant l’Éternel) manie avec une dextérité incroyable le paradoxe du « rien » et du « tout ».

C’est uniquement lorsque l’on est rien que l’on est tout…

La kénosithérapie est donc une thérapie de l’âme destinée à nous maintenir en vie, pour l’être pleinement au jour de notre mort, afin que vivant, nous entrions dans la vie éternelle, selon la parole de Thérèse de Lisieux : « je ne meure pas, j’entre dans la vie »… Elle y était déjà dès ici-bas.

TRAITEMENT DE KÉNOSITHÉRAPIE

Traitement léger

Dr François d’Assise

Une demande par jour durant trente jours

« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix, Là où est la haine, que je mette l’amour. Là où est l’offense, que je mette le pardon. Là où est la discorde, que je mette l’union. Là où est l’erreur, que je mette la vérité. Là où est le doute, que je mette la foi. Là où est le désespoir, que je mette l’espérance. Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière. Là où est la tristesse, que je mette la joie. Ô Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer. Car c’est en se donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on se retrouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. »

Traitement de choc

Dr Jean de la Croix

Un stique par semaine – Ne pas dépasser la dose prescrite.
Durée : jusqu’à ce que vie s’en suive.

  1. Pour parvenir à goûter tout,
N’aie de goût pour rien. Pour parvenir à savoir tout, Ne cherche à savoir rien de rien. Pour parvenir à posséder tout, Ne cherche à posséder rien de rien. Pour parvenir à être tout, Ne cherche à être rien de rien.
  1. Pour parvenir
à ce que tu ne goûtes pas, Tu dois passer par où tu ne goûtes pas. Pour parvenir à ce que tu ne sais pas, Tu dois passer par où tu ne sais pas. Pour parvenir à posséder ce que tu ne possèdes pas, Tu dois passer par où tu ne possèdes pas. Pour parvenir à ce que tu n’es pas, Tu dois passer par où tu n’es pas.
  1. Quand tu t’arrêtes à quelque chose,
Tu cesses de te jeter dans le tout. Pour parvenir en tout au tout, Tu dois le quitter totalement en tout, Et, quand tu parviendras à le posséder totalement, Tu dois le posséder sans rien chercher.
  1. C’est dans ce dénuement
que l’esprit trouve son repos, Car, ne convoitant rien, Rien ne le tire péniblement vers en haut Et rien ne l’opprime vers en bas, Parce qu’il est dans le centre de son humilité.

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