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“La mission d’une vie” de Marie Coicou, médecin à Haïti

Marie Guerda Coicou, a Haitian physician who won the Pontifical Academy for Life's 2024 Guardian of Life Award

Isabella H. de Carvalho / Aleteia

Isabella H. de Carvalho - publié le 18/02/24

L'Académie pontificale pour la vie a récompensé mi-février le docteur Marie Guarda Coicou, une médecin haïtienne qui continue à travailler dans son pays, malgré la crise et l'insécurité. Aleteia a pu rencontrer cette femme qui soigne les plus pauvres.

Il est des vocations qui forcent le respect. Celle de Marie Guerda Coicou, médecin spécialiste en soins intensifs à Haïti, en fait partie. Elle a reçu ce 13 février 2024 au Vatican le prix du Gardien de la vie de l’Académie pontificale pour la vie. “Il peut y avoir des journées très simples, où j’ai des opérations programmées, puis des journées très compliquées où nous recevons dix personnes blessées par balle”, confie-t-elle auprès d’Aleteia. Car si la situation politique et sécuritaire est très difficile dans son pays, cela n’empêche pas cette femme médecin de s’occuper des personnes défavorisées, confiant trouver sa raison d’être dans sa foi. “Plus ma foi grandit, plus je suis consciente des problèmes des autres, et plus je prête attention à la personne qui est en face de moi ainsi qu’à ses besoins”. 

Le docteur Coicou travaille comme médecin dans son pays d’origine depuis les années 1990, après avoir terminé ses études et ses spécialisations en France. À son retour à Haïti, elle a ouvert avec quelques amis un centre de chirurgie à proximité d’un quartier pauvre, la Cité Soleil, dans la capitale Port-au-Prince, où tous les patients sont accueillis, peu importe leurs revenus. Car pour Marie Guerda Coicou, cela a toujours été “une priorité” pour elle, en tant que médecin, de soigner les gens indépendamment de leur classe sociale, de leur appartenance ethnique ou de tout autre critère. Elle travaille ainsi à la fois dans le secteur privé et public, afin de soigner le plus souvent les gens gratuitement. Elle a été d’ailleurs en première ligne lors de situations d’urgence comme le tremblement de terre de 2010, qui a fait près de 220.000 morts, puis plus récemment lors de la pandémie du Covid-19. “Venir au Vatican, voir le Pape, et recevoir un prix pour m’être occupée de ceux qui sont démunis, me fait prendre conscience de la mission de ma vie”, explique-t-elle ainsi, soulignant la nécessité de s’occuper “de ceux qui n’ont rien et qui méritent, comme tout le monde, de recevoir des soins médicaux standard”.

Une situation difficile en Haïti

Aujourd’hui encore, Haïti est toujours en proie à l’instabilité politique et la violence des gangs s’est généralisée. Ce qui explique pourquoi le Dr Coicou soigne souvent des personnes blessées par balle ou d’autres blessures liées à la situation du terrain. Le représentant spécial des Nations Unies pour Haïti a ainsi estimé récemment que le nombre de victimes tuées, blessées ou enlevées par des gangs en 2023, avait doublé par rapport à l’année précédente. Des violences qui touchent aussi les religieux, comme ces six religieuses qui ont été enlevées le 19 janvier dernier, puis libérées cinq jours plus tard. “La situation est vraiment terrible, souvent quand je quitte son domicile, je ne sais pas quand je pourrais revenir”. “Si je suis à l’hôpital et qu’il m’est conseillé de ne pas sortir dans la rue, je dors à l’hôpital. Je vis au jour le jour”, raconte-t-elle ainsi, confiant que jusqu’au dernier moment, elle n’était même pas sûre de pouvoir embarquer sur son vol pour Rome.

Je ne pense pas à la peur. Je suis prudente mais cela ne m’empêche pas de faire mon travail.

Malgré ces épreuves, le docteur Marie Guerda Coicou ne perd pas espoir. “C’est difficile, mais je suis toujours animée par le sentiment de m’occuper d’autres personnes qui en ont le plus besoin, qui sont faibles, qui vivent dans de mauvaises conditions, qui sont démunies”. “Je ne pense pas à la peur. Je suis prudente mais cela ne m’empêche pas de faire mon travail”, confie-t-elle courageusement. “Je refuse de quitter mon pays parce que je suis sûre que les choses vont changer, et qu’elles changeront. Les Haïtiens sont des gens accueillants et amicaux et c’est un pays merveilleux. Ce pays qui était très vert, très beau et où il faisait bon vivre : je l’ai connu et j’espère ne pas être trop vieille pour pouvoir le revoir à nouveau”. Un beau message plein d’espérance et lié à sa grande foi. “Je crois en Dieu et je crois que je dois toujours aider mes frères et sœurs et tous ceux qui sont dans le besoin”.

Tags:
haitiVatican
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