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Jean l’évangéliste, mystère d’amour ?

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Shutterstock I Zvonimir Atletic

Saint Jean l'évangéliste

Anne Bernet - publié le 26/12/23

Deux jours après Noël, six mois avant la fête de Jean le Baptiste, l’Église fête le 27 décembre « celui que Jésus aimait », Jean, l’évangéliste du mystère de l’amour et de la miséricorde divines, celui qui ne se donne pas à moitié, ne trahit pas, n’abandonne pas.

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Les gens savants aiment les choses compliquées, c’est souvent à cela qu’on les reconnaît. Aussi la simplicité de l’évangile les déconcerte-t-ils, les incitant à chercher  difficultés et mystères là où la foi des simples n’a jamais jugé utile d’en débusquer. De cette manie procède chez eux le besoin de déconstruire, tout en s’appuyant sur des arguments qu’ils pensent humainement imparables, certains récits ou figures des textes sacrés, allant jusqu’à les fragmenter en plusieurs personnages sous prétexte qu’ils entreraient mieux dans leurs catégories et que la Tradition se serait longuement trompée. Ainsi, après s’être élevés contre saint Grégoire le Grand qui faisait de Marie de Béthanie, de la pécheresse pardonnée et de la Magdaléenne une seule et même femme, les savants s’en sont pris, dès le XVIIe siècle, à Jean, fils de Zébédée, soutenant qu’il ne saurait être ni l’évangéliste, ni le « disciple que Jésus aimait » ni l’auteur de l’apocalypse.

Fils cadet d’un patron pêcheur

Il n’est pas question d’entrer dans ces discussions, qui troublent les cœurs simples en leur laissant supposer que les évangiles disent n’importe quoi, mais de se demander ce qui gêne dans la personnalité de Jean ou celle de Madeleine. Et, si l’on se pose la question, l’on s’aperçoit que s’en prendre à eux jusqu’à les mettre en doute, c’est s’en prendre, bizarrement, aux deux plus grands témoins de l’amour divin révélé par le Christ. 

Donc, il y a Jean, fils cadet d’un patron pêcheur de la Mer de Galilée, probablement apparenté par sa mère, Salomé, à la Sainte Vierge, né vers l’an 15, qui, à la fin de l’adolescence, appartient au groupe de disciples qui suivent Jean le Baptiste, puis se met à la suite du Christ. L’on insiste beaucoup sur la simplicité de son milieu, affirmant qu’il n’a guère étudié et ne saurait avoir les relations nécessaires pour, par exemple, réussir, le soir du Jeudi saint, à s’introduire dans la cour du palais du grand Prêtre avec Pierre, en concluant que l’homme qui accompagne le Maître dans sa Passion ne saurait être l’humble jeune Galiléen. Or, à bien y regarder, Zébédée semble assez à l’aise pour ne pas contraindre ses fils, Jacques et Jean, à travailler à plein temps dans l’entreprise familiale et Salomé, leur mère, pleine d’idées de grandeur pour ses rejetons, paraît posséder un certain entregent qui lui permet d’accéder à l’entourage hérodien. Pourquoi douter que Jean possède, lui aussi, des relations, qui n’ont d’ailleurs pas besoin d’être de premier plan ? Connaître le concierge suffirait à lui ouvrir la porte. 

Le fils du tonnerre

On insiste, les Actes des Apôtres le soulignent lors de l’arrestation de Pierre et Jean après la guérison du mendiant de la Belle Porte, sur le fait qu’ils sont des hommes simples qui n’ont pas étudié, mais c’est pour s’étonner qu’ils parlent avec tant de talent et d’autorité, et craindre que ce don vienne de Dieu, comme ils l’affirment. Dans ces conditions, si le jeune apôtre de vingt ans le peut, de quoi n’est pas capable, sous la motion du Saint-Esprit, l’homme âgé qui rédige tardivement, dans les années quatre-vingt-dix, à partir de notes, ce que l’on nomme le corpus johannique, c’est-à-dire son évangile, ses trois épîtres et l’apocalypse, lors de son exil à Patmos, vers 91, quand l’empereur Domitien fait arrêter la parenté du « roi des Juifs », prouvant d’ailleurs la parenté de Jean et du Christ ? Évidemment, il faut aussi admettre l’intervention divine dans l’affaire… 

Pas besoin d’être riche et savant, donc, pour être l’instrument de Dieu. Jean le devient parce qu’il est pleinement fidèle à son Maître, seul des disciples à ne pas prendre la fuite lors de l’arrestation de Jésus et le suivre au calvaire, risquant sa vie pour lui, ce qui lui vaudra le privilège d’être le seul des Douze à ne pas mourir martyr. Cette fidélité tient en un mot : l’amour réciproque du Christ et du disciple préféré. Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, attaché particulièrement à celui qui se vit confier par le Crucifié la mission de veiller sur sa Mère et la prendre chez lui, écrira que le mystère de Jean est lié aux trois dons que Jésus lui a faits : la Croix, Marie et son divin Cœur dont il lui a révélé les secrets. Là encore, tout se résume en un mot : aimer. Comme Madeleine, Jean est celui qui ne se donne pas à moitié, ne trahit pas, n’abandonne pas. Il n’est pas pour rien « le fils du tonnerre » comme Jésus les surnomme son frère et lui en raison de leur caractère emporté, défaut qui a le courage et le dévouement pour contrepartie.

Modèle des prêtres

Si nous célébrons l’évangéliste le 27 décembre dans le calendrier catholique, c’est afin qu’une Saint-Jean d’hiver fasse pendant au solstice à la Saint-Jean d’été, celle du Baptiste, et les orthodoxes ont peut-être raison qui fêtent la dormition de l’évangéliste le 26 septembre. Mais peu importe. En ce jour, il convient d’abord de demander au disciple bien-aimé de nous initier au mystère de l’amour et de la miséricorde divines, de nous apprendre à installer Notre-Dame chez nous et de prier pour les prêtres dont il est le modèle. Oui, pourquoi compliquer ce qui se résume à la simplicité de l’amour absolu ?

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