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Comment recevoir un texte du magistère qui vient heurter mes convictions ?

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La rédaction d'Aleteia - publié le 21/12/23

Comment accueillir l’enseignement de l’Église avec attention, bienveillance et docilité, sans renoncer à une véritable liberté intellectuelle ? Voici douze pistes pour progresser loyalement dans la réception des textes du Magistère.

Il n’est pas toujours facile de comprendre et même d’accepter les textes du magistère. Parfois, ces textes heurtent même nos convictions les plus profondes. La récente Déclaration Fiducia supplicans sur la signification pastorale des bénédictions n’échappe pas à la règle. Avant d’interpréter ces textes davantage à la lumière de ses convictions que de l’ensemble du magistère, mais aussi ou surtout des interprétations médiatiques qui orientent même inconsciemment notre jugement, il est bon d’écouter l’Église dans son conseil pour accueillir son enseignement avec attention, bienveillance et docilité, sans renoncer à une véritable liberté intellectuelle. 

Voici douze pistes recueillies par un séminariste d’après l’instruction Donum Veritatis (1990) de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui s’adresse aux théologiens, mais dont les conseils s’appliquent à tous les chrétiens qui veulent progresser dans la recherche et la connaissance de la vérité. L’instruction est signée par le cardinal Joseph Ratzinger. 

« Puisque l’objet de la théologie est la Vérité, le Dieu vivant et son dessein de salut révélé en Jésus-Christ, le théologien est appelé à intensifier sa vie de foi et à unir toujours recherche scientifique et prière » (DV, n. 8).

2. Toute décision magistérielle, même non infaillible, appelle mon adhésion

« Lorsque le Magistère, même sans l’intention de poser un acte définitif, enseigne une doctrine, un assentiment religieux de la volonté et de l’intelligence est requis. Celui-ci ne peut pas être purement extérieur et disciplinaire, mais doit se situer dans la logique et sous la mouvance de l’obéissance de la foi » (n. 23).

3. L’inscription du Magistère dans le temps peut cependant entraîner ponctuellement des déficiences de son enseignement

« Dans ce domaine des interventions d’ordre prudentiel, il est arrivé que des documents magistériels ne soient pas exempts de déficiences. Les Pasteurs n’ont pas toujours perçu aussitôt tous les aspects ou toute la complexité d’une question. Mais il serait contraire à la vérité de conclure, à partir de certains cas déterminés, que le Magistère de l’Église puisse se tromper habituellement dans ses jugements prudentiels. En effet, le théologien sait que certains jugements du Magistère ont pu être justifiés à l’époque où ils furent prononcés, parce que les affirmations visées mêlaient inextricablement des assertions vraies et d’autres qui n’étaient pas sûres. Seul le temps a permis d’opérer le discernement et, à la suite d’études approfondies, d’aboutir à un vrai progrès doctrinal » (n. 24).

4. Des difficultés peuvent être dues à la diversité des langues et des cultures

« Enfin la pluralité des cultures et des langues, qui est en soi une richesse, peut indirectement conduire à des malentendus ouvrant la voie à des désaccords » (n. 32).

5. D’autres difficultés peuvent être liées à des théologies particulières nécessairement incapables d’exprimer la plénitude du mystère

« Grâce à l’assistance divine, l’enseignement du Magistère vaut par-delà l’argumentation, parfois empruntée à une théologie particulière, qu’il utilise. Quant au pluralisme théologique, il n’est légitime que dans la mesure où est sauvegardée l’unité de la foi dans sa signification objective. La raison d’être de la pluralité est l’insondable mystère du Christ qui transcende toute systématisation objective. Cela ne peut signifier que soient acceptables des conclusions qui lui sont contraires, et cela ne met nullement en cause la vérité d’assertions par lesquelles le Magistère s’est prononcé » (n. 34).

6. L’adhésion demandée ne m’empêche donc pas de me poser certaines questions

« La volonté d’acquiescement loyal à cet enseignement du Magistère en matière de soi non-irréformable doit être la règle. Il peut cependant arriver que le théologien se pose des questions portant, selon les cas, sur l’opportunité, sur la forme ou même le contenu d’une intervention » (n. 24).

7. Pour autant, je ne dois pas considérer que mon propre jugement a plus de valeur que le Magistère

« Il convient de rappeler l’idéologie du libéralisme philosophique qui imprègne aussi la mentalité de notre époque. De là provient la tendance à considérer qu’un jugement a d’autant plus de valeur qu’il procède de l’individu s’appuyant sur ses propres forces. Ainsi on oppose la liberté de pensée à l’autorité de la tradition, considérée comme source de servitude. La liberté de jugement ainsi entendue importe plus que la vérité elle-même » (n. 32).

8. Je dois exclure toute attitude d’hostilité

À plusieurs reprises, le Magistère a attiré l’attention sur les graves inconvénients causés à la communion de l’Église par les attitudes d’opposition systématique, qui en viennent même à se constituer en groupes organisés. On veut ici parler en particulier de cette attitude publique d’opposition au magistère de l’Église, appelé encore dissentiment, et qu’il convient de bien distinguer de la situation de difficulté personnelle » (n. 32).

9. Je dois aussi garder une juste discrétion

« Même si la doctrine de foi ne lui apparaît pas être en cause, le théologien ne présentera pas ses opinions ou ses hypothèses divergentes comme s’il s’agissait de conclusions indiscutables. Cette discrétion est commandée par le respect de la vérité ainsi que par le respect du Peuple de Dieu. Pour les mêmes raisons, il renoncera à leur expression publique intempestive » (n. 27).

10. Il me faut également être prêt à renoncer à mes opinions pour chercher honnêtement à comprendre le texte

« Jamais, en tout cas, ne pourra manquer une attitude fondamentale de disponibilité à accueillir loyalement l’enseignement du Magistère, comme il convient à tout croyant au nom de l’obéissance de la foi. C’est pourquoi le théologien s’efforcera de comprendre cet enseignement dans son contenu, dans ses raisons et dans ses motifs. À cela il consacrera une réflexion approfondie et patiente, prompt à revoir ses propres opinions et à examiner les objections qui lui seraient faites par ses pairs » (n. 29).

11. Si les difficultés persistent, ce n’est pas sur les réseaux sociaux que je peux servir la vérité

« Si, en dépit d’efforts loyaux, les difficultés persistent, c’est un devoir pour le théologien de faire connaître aux autorités magistérielles les problèmes que soulève un enseignement en lui-même, dans les justifications qui en sont proposées ou encore dans la manière selon laquelle il est présenté. Il le fera dans un esprit évangélique, avec le désir profond de résoudre les difficultés. Dans ces cas, le théologien évitera de recourir aux mass-médias plutôt que de s’adresser à l’autorité responsable, car ce n’est pas en exerçant ainsi une pression sur l’opinion publique que l’on peut contribuer à la clarification des problèmes doctrinaux et servir la vérité » (n. 30).

12. En dernier recours, l’attitude à garder est l’amour de l’Église et la confiance en l’Esprit Saint qui la conduit

« Il peut aussi arriver qu’au terme d’un examen de l’enseignement du Magistère, sérieux et mené dans une volonté d’écoute sans réticences, la difficulté demeure, car les arguments en sens opposé semblent au théologien l’emporter. Devant une affirmation à laquelle il ne pense pas pouvoir donner son adhésion intellectuelle, son devoir est de rester disponible pour un examen plus approfondi de la question. Pour un esprit loyal et animé par l’amour de l’Église, une telle situation peut assurément représenter une épreuve difficile. Ce peut être un appel à souffrir dans le silence et la prière, avec la certitude que si la vérité est vraiment en cause, elle finira nécessairement par s’imposer » (n. 31).

Ainsi seulement, nous préservons à la fois l’obéissance due à l’enseignement de l’Église et la liberté nécessaire à notre adhésion.

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