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D’où vient le col romain ?

col-romain

Pascal Deloche / Godong

Morgane Afif - publié le 16/12/23

Depuis quand reconnaît-on les prêtres à ce petit carré blanc sur le col de leur chemise ? D’où vient cet usage et que symbolise-t-il ?

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Noire, bleue ou grise, à tout prêtre sa chemise, et son col… Romain, ou non. La tradition est médiévale alors que le col blanc, selon sa forme — dentelle, fraise ou guimpe au drapé délicat — permet aux membres du clergé, de la noblesse et aux hommes de sciences de se distinguer du peuple. Le clergé ne déroge pas à la règle. Si le clergé régulier adopte dès le IVe siècle des signes distinctifs clairs, tonsure et habit religieux, c’est seulement au XVIe siècle, avec la Contre-Réforme et sous l’égide de saint Charles Borromée, grand artisan de l’Église tridentine, que la soutane et la barrette s’imposent pour les ecclésiastiques séculiers. 

Vatican II et la soutane

Au fil des siècles, c’est le col à rabat blanc ou « col gallican », comme celui du curé d’Ars, qui s’impose. Sa couleur blanche, comme celle du col romain, représentant la pureté et tranche avec le noir de la soutane, symbole d’humilité. Le col romain tient quant à lui son nom de son origine géographique, puisqu’initialement, seul le clergé de Rome le portait. Il apparaît au XIXesiècle, mais il faut attendre le pontificat de Pie XII (1939-1958) pour que son usage s’étende à l’ensemble du clergé. Le col romain, aussi appelé « clergyman », n’est cependant pas l’apanage des catholiques et nous vient même des autres confessions chrétiennes, protestants et anglicans.

C’est à la suite du Concile Vatican II que le col romain, considéré comme plus pratique et plus discret que la soutane, tend à remplacer celle qui était alors en vigueur jusque-là. Il n’avait pourtant pas vocation à se substituer systématiquement à sa cousine. En France, c’est Mgr Maurice Feltin, archevêque de Paris, qui permet dans une ordonnance de 1962 à ses prêtres de porter « la tenue de clergyman avec le col romain comme signe distinctif », « considérant que les mentalités, les modes de vie et les moyens de déplacement se sont profondément transformés ces dernières années ; […] considérant, enfin, que la tenue dite de « clergyman » est, autant que la soutane, un habit ecclésiastique reconnu dans l’Église ». Il précise alors que « le port de la soutane demeure obligatoire à l’église et pour tous les actes cultuels. Le costume civil est absolument interdit aux clercs, sauf autorisation personnelle écrite de l’ordinaire du lieu d’origine et du lieu de séjour ».  

« Un témoignage silencieux »

Conçu, à l’origine, en coton ou en lin, le col romain est désormais souvent fabriqué en plastique, et on le glisse entre les revers du col de la chemise. L’Église n’oblige pas les prêtres à le porter, mais le droit canon leur impose de se vêtir d’ »un habit ecclésiastique convenable, selon les règles établies par la conférence des Évêques et les coutumes légitimes des lieux » (Code de droit canonique, canon 284). Ainsi, en Allemagne, c’est le col allemand, à deux pointes blanches sur fond noir, qui prime. Chacun est ainsi tenu de témoigner, par son habit, de son appartenance au Christ, manifestant ainsi que le sacerdoce n’est ni une fonction, ni un métier, mais bien une consécration et une identité particulière. « Cette tenue ecclésiastique que je porte, je la porte par obéissance, parce que l’Eglise nous le demande à nous, clercs : c’est dans le droit canon, explique l’abbé Pierre-Hervé Grosjean sur le plateau de KTO. Mais je la porte aussi parce que je suis heureux de la porter, d’abord parce que c’est une tenue de service. Elle me rappelle, chaque matin, lorsque je m’habille, que je suis au service de ceux auxquels je suis envoyé. Quand on voit un prêtre, une religieuse ou un religieux habillé selon son état de vie, même sans lui parler, on comprend que cette personne a donné sa vie à Dieu. C’est un témoignage silencieux ». 

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