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Le curé d’Ars : le prêtre le plus célèbre de France

2008 : Statue du curé d'Ars, Lourdes (65), France. © Patrice THEBAULT/CIRIC
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La collection "Petite Vie" propose une nouvelle version de la biographie de Marc Joulin consacrée à Jean-Marie Vianney. Un ouvrage idéal pour redécouvrir le saint patron des prêtres et méditer sur les grâces du sacrement de réconciliation.

Nombreuses sont les biographies du curé d’Ars. Celle de Marc Joulin, dominicain, est une des meilleures (1986). Il en a tiré une version simplifiée et abrégée qui en fait une excellente « Petite Vie ».

Le récit de la vie du saint curé est harmonieusement combiné avec les traits dominants de l’homme et de son ministère. Qu’il s’agisse des difficultés du jeune paysan de Dardilly à maîtriser le latin, langue des études cléricales ; de son combat contre les mœurs dissolues de ses paroissiens (« Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre, on y adorera les bêtes. ») ; de ses effrayantes mortifications ; des manifestations de celui qu’il appelait le « grappin » et qui n’était autre que le Diable ; de la fondation de la Providence, pensionnat pour les jeunes filles d’Ars, ouvert aux orphelines ; de sa pauvreté personnelle, mais aussi de son goût du luxe pour son église.

L’écart entre deux extrêmes ! À son arrivée en 1818 : « Que c’est petit, Ars ! ». En 1929, il devient patron des curés du monde ! Entre les deux, Ars envahi de son vivant : trente mille pèlerins en 1834. Tous ces aspects qui tissent la vie du saint curé sont certes connus, mais ici bien mis en place et traités avec sagesse et retenue.

Notons l’apport précieux de cet ouvrage : Marc Joulin, étudie l’évolution du saint curé dans son ministère et la voie qui la mené vers la sainteté. En voici deux exemples : sa prédication et sa confession.

La prédication d’une part. Dans les premiers temps à Ars, il passe des heures à apprendre des extraits de recueils de sermons par cœur pour les prononcer d’une voix mal posée : il n’est pas à l’aise, il n’est pas lui-même. Bientôt, submergé par les tâches, il se met à improviser, parle d’abondance du cœur dans un langage simple, naïvement imagée, mais d’une emprise irrésistible. Dans les derniers temps, épuisé, édenté, il se perd dans des phrases inarticulées. Alors, chancelant, il se tourne à demi vers le tabernacle et, le désignant du doigt, brûlé d’amour, en larmes, il répète : « Il est là… Il est là… ». Lacordaire, l’illustre prédicateur de Notre-Dame, témoin, déclare : « Je voudrais prêcher comme lui. »

La confession d’autre part. Au début, en vertu de sa formation rigoriste, voire janséniste, le jeune curé est d’une exigence qui peut rebuter les pénitents. Peu à peu, il comprend que le sacrement de pénitence est avant tout celui de la miséricorde. Il n’est plus que bonté — quitte à faire lui-même les pénitences qu’il n’impose pas à ceux qu’il pardonne : « Je pleure de ce que vous ne pleurez pas. »

Enfin le père Marc Joulin a moins pour souci d’informer que de prolonger le ministère du saint curé. Il glisse entre les chapitres des pages de citations : Paroles sur le prêtre, sur la souffrance, sur la pauvreté, sur la prière, sur l’amour de Dieu. Il y glisse également des « paraboles », qui sont des images tout droit sorties de son enfance paysanne. Or le miracle est là : paroles et paraboles bouleversent, convertissent. Et comme il y a Paroles sur le pardon, pas de meilleure lecture que cette « Petite Vie » pour préparer la confession.

© Desclée de Brouwer, collection Petite Vie.

Petite Vie de Jean Marie Vianney : curé d’Ars, par Marc Joulin, Desclée de Brouwer, collection Petit Vie, août 2017, 153 p., 10 euros. 

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