Soucieuse d’infuser les principes évangéliques dans la vie des nations, l’Église a, depuis l’Antiquité, produit un corpus de réflexions sur la guerre et sa conduite, que rappelle le géopoliticien Jean-Baptiste Noé. Mais comment imposer des règles morales en cas de conflit si elles ne sont pas suivies par l’ensemble des belligérants ?
Le pape François a régulièrement fait part de son opposition à l’usage de l’arme nucléaire, appelant à plusieurs reprises, notamment lors de son voyage au Japon, à un démantèlement de l’arsenal mondial. Si beaucoup de stratèges et de militaires soutiennent ces propos sur le principe, ils soulignent aussi les limites de son application unilatérale : impossible de désarmer quand l’adversaire, lui, ne le fait pas, au risque sinon de se trouver affaibli et vulnérable. Si l’Ukraine n’avait pas renoncé à ses armes atomiques en 1991, il est peu probable que la Russie ait lancé son attaque en 2022. Et si la Russie n’était pas la puissance nucléaire que l’on connaît, il y a fort à parier que l’OTAN n’aurait pas hésité à mener une réponse directe. Si l’arme nucléaire est inutile à Israël dans sa guerre à Gaza, elle lui permet en revanche de tenir l’Iran en respect.



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