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La bienveillance nous rend-elle meilleurs ?

MANI NELLE MANI

Aloha Hawaii|Shutterstock

Jeanne Larghero - publié le 11/11/22

Exit la tolérance, bonjour la bienveillance ! Est-ce un progrès ? La bonne intention peut être trompeuse, résume la philosophe Jeanne Larghero, il faut un cap, éclairé par une vision du monde.

Il est devenu difficile d’émettre un simple reproche, même justifié, de rappeler des évidences, ou les dures lois du réel, sans se voir reprocher de manquer de bienveillance. Car depuis quelques années, la tolérance s’est trouvée une petite sœur devenue encombrante : la bienveillance. Exit la tolérance qui fleure trop les années 1990, l’époque où la Coupe du monde de football se voulait black-blanc-beur, où on collectionnait les pin’s « Touche pas à mon pote », et où l’on pouvait manger saucisses grillées et poulet frit à la fête de l’Huma la conscience tranquille. La tolérance s’est légèrement ringardisée depuis que la bienveillance a fait son apparition d’abord dans l’éducation, puis en entreprise.

La bonté de l’intention

De même que la tolérance s’était couplée au respect : « Je te tolère mais tu me respectes », de même à la bienveillance a été adjointe l’exigence : « Je vois le bien, mais je te donne un cadre ». Pourquoi ce complément ? Parce que nous vivons dans le monde des humains et non dans un album de Barbapapa, ces doux êtres en forme de poire prêts à prendre toute forme à la demande. Mais c’est peut-être ici que le bât blesse, et que les chrétiens ont, comme souvent, à faire entendre leur petite musique propre. 

Nous sommes de dignes héritiers de la morale kantienne, si nous pensons que l’important réside dans la bonne volonté, celle qui préserve toujours la pureté des intentions.

En effet, la bienveillance telle qu’on l’entend communément n’est pas une vertu, elle est une disposition d’esprit. Certes elle est louable et utile, mais difficile à mesurer par ceux qui comme vous et moi ne sommes dotés du pouvoir de sonder les reins et les cœurs. Elle réside dans la bonté de l’intention : par exemple, lorsque nous nous efforçons d’interpréter les paroles et les actes des autres dans un sens qui leur est d’emblée favorable. Mais l’intention ne fait pas tout. Nous sommes de dignes héritiers de la morale kantienne, si nous pensons que l’important réside dans la bonne volonté, celle qui préserve toujours la pureté des intentions. Le proverbe affirme que l’enfer est pavé de bonnes intentions : autrement dit, on peut mal faire en croyant et voulant bien faire. 

Il faut un cap

Voilà pourquoi exigence et bienveillance ne suffisent pas à faire de bons parents, un bon chef d’équipe ou d’entreprise : elles disposent l’esprit mais ne fixent pas un cap. En revanche, enseigner également les vertus que sont la force, la justice, la prudence et la modération dans les actions oblige à définir des objectifs. Pratiquer la justice oblige à définir les besoins essentiels des autres. S’exercer à la prudence oblige à hiérarchiser nos finalités. Se former à la modération exige qu’on redéfinisse notre rapport au plaisir. Faire preuve de force et de courage incite à affiner notre jugement sur la teneur et la valeur de nos projets.

En un mot, tout comportement valable suppose une vision du monde, ou dit autrement une anthropologie. Ainsi, bienveillance et exigence, pour autant qu’elles soient indispensables, ne remplaceront jamais une véritable formation morale, qui elle-même suppose un fondement intellectuel. Elles ne dispensent pas des vertus chrétiennes, dont la plus haute, celle qui ne passera jamais, nous dit saint Paul, est la charité elle-même : l’amour du prochain. La bienveillance en est peut-être une voie d’accès.

Tags:
Bienveillancephilosophie
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