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« Tous les pays du monde sont désormais des terres de mission »

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I.Media - publié le 20/10/22

La semaine missionnaire mondiale, qui se déroule du 16 au 23 octobre 2022, avec le thème "Vous serez mes témoins" (Ac 1, 8) se conclura par la Journée mondiale des Missions. Mgr Giovanni Pietro Dal Toso, président des Œuvres Pontificales Missionnaires, revient à cette occasion sur le grand nombre de projets financés dans le monde entier et sur les objectifs du mouvement missionnaire.

La Journée missionnaire mondiale, organisée le dimanche 23 octobre 2022, sera marquée par de nombreuses initiatives visant à rappeler l’importance des missions dans la vie de l’Église. Sous la responsabilité du dicastère pour l’Évangélisation, les Œuvres Pontificales Missionnaires (OPM), à travers leurs 120 directions nationales, contribuent au financement des missions mais aussi à la diffusion de l’esprit missionnaire dans les pays de départ comme dans les pays d’accueil. 

De nombreux projets sont ainsi soutenus, essentiellement dans des paroisses, des séminaires et des institutions éducatives. Par exemple, l’Amazonie est un pôle d’attention important, avec notamment un programme de soutien à 450 enfants de l’ethnie Awajùn, au Pérou, dans une zone affectée par un violent tremblement de terre. Les OPM soutiennent aussi la formation des catéchistes en Mongolie, territoire marqué par l’émergence d’une communauté catholique depuis seulement trois décennies, et prennent en charge 20% des frais de formation des étudiants du Grand séminaire de Tchanvédj, au Bénin.

L’enjeu est aussi de faire infuser la mentalité missionnaire à tous les niveaux de la vie de l’Église.

L’enjeu est aussi de faire infuser la mentalité missionnaire à tous les niveaux de la vie de l’Église, dans la continuité du « Mois missionnaire mondial » promu par le pape François en octobre 2019. En cette année 2022 qui marque le bicentenaire de la fondation de l’Œuvre de la Propagation de la Foi par Pauline Jaricot, béatifiée le 22 mai dernier dans sa ville natale de Lyon, les OPM ont été particulièrement invitées à se pencher sur les racines de leur histoire. Le président des Œuvres Pontificales Missionnaires, Mgr Giovanni Pietro Dal Toso, revient sur les enjeux actuels de la mission.

Cette année a été célébrée la béatification de Pauline Jaricot et le bicentenaire de la fondation à Lyon de l’Œuvre de Propagation de la Foi. Aujourd’hui, la France demeure-t-elle un pays moteur dans le soutien aux missions ?
Mgr Giovanni Pietro Dal Toso : J’aimerais exprimer d’abord ma reconnaissance pour l’Église en France pour avoir promu la naissance des Œuvres missionnaires et pour leur développement. L’Église en France a fait beaucoup. Son rôle continue, et la béatification de Pauline Jaricot a été l’occasion de le souligner. Je rappelle toujours aux responsables des directions nationales des OPM de se nourrir à la source de notre charisme, qui remonte à Lyon. Nous ne pouvons nous développer aujourd’hui que si nous nous souvenons de nos racines, d’où nous venons.

J’ai vu en France de nombreuses initiatives d’évangélisation et de mission qui peuvent constituer des références pour d’autres pays.

L’Église en France reste donc très importante pour nous, et les pèlerinages de trois directions nationales à Lyon cet automne en sont un exemple concret. La reconnaissance de cette origine durera et portera des fruits. Bien sûr, la France n’est plus le principal pays contributeur pour les OPM – les États-Unis et l’Espagne la devancent – , mais elle continue à apporter une contribution importante et à participer à l’esprit missionnaire. Elle nous aide à redécouvrir et à vivre la mission comme une dimension de la vie de l’Église dans notre propre pays, et non pas comme quelque chose d’uniquement destiné à des pays lointains. J’ai vu en France de nombreuses initiatives d’évangélisation et de mission qui peuvent constituer des références pour d’autres pays.

La France, où de nombreuses paroisses sont desservies par des prêtres étrangers et notamment africains, est-elle devenue aujourd’hui un pays de mission ?
Que la France soit un pays de mission, cela vient déjà des années 1940 ! Mais en réalité, tous les pays sont désormais des terres de mission. On ne peut plus compter nulle part sur un substrat culturel caractérisé par le christianisme. Le christianisme continue à marquer la culture, mais pas de façon exclusive, d’autres courants interviennent. En ce sens, la mission continue, pas seulement en France mais aussi dans tous les pays occidentaux comme dans les pays d’autres continents. Cela illustre les orientations de ce pontificat. Le Pape souligne constamment que l’Église est missionnaire par nature, c’est-à-dire que chaque génération doit continuer cette œuvre de mission.

Quand on devient un pays missionnaire, cela prouve l’enracinement et la maturité de la foi de l’Église locale.

Le mouvement missionnaire du Sud vers le Sud constitue l’une des évolutions marquantes de ce XXIe siècle, avec des mouvements internes à certains pays, à des continents comme l’Afrique, mais aussi de l’Asie vers l’Afrique et vice-versa… La dynamique missionnaire s’est donc détachée du traditionnel flux du Nord vers le Sud, qui était, en partie, un héritage du phénomène colonial ?
Oui, c’est une réalité très positive qui montre qu’il y a une maturation de la foi dans ces pays. Quand on devient un pays missionnaire, cela prouve l’enracinement et la maturité de la foi de l’Église locale. Jean Paul II insistait sur cette dimension de la mission comme un signe de maturité de la foi. Les Églises d’Afrique et d’Asie constituent des réalités très dynamiques en ce sens : un exemple très concret est offert par la Corée du Sud, qui a une centaine de missionnaires à travers le monde entier. Cette fécondité missionnaire montre la maturité de cette Église.

L’une des évolutions notables concerne aussi le profil des missionnaires, avec moins de prêtres et de religieuses, mais plus de laïcs et de familles, qui partent parfois sur des mandats plus courts : accompagner cette évolution fait aussi partie de la vocation des OPM ?
La diminution du nombre de prêtres et de religieuses n’est pas un bon signe, mais il y a de nouvelles formes de participation des laïcs et des familles à la mission. Des familles, des couples, après le mariage, se dédient à la mission pour quelques années là où il y a des besoins. Ce signe offert par les familles manifeste ce que le Concile Vatican II a exprimé : la mission relève de la responsabilité de tous les membres de l’Église, et n’est pas réservée aux prêtres et consacrés. Chacun, en tant que chrétien, doit être missionnaire dans son milieu, et il y a aussi des laïcs qui quittent leur milieu pour évangéliser d’autres milieux.

Le Collège des cardinaux a beaucoup évolué sous le pontificat du pape François, avec l’entrée de pays encore vierges de toute présence catholique jusqu’à une période récente, comme la Mongolie. Les nouveaux cardinaux de ces « périphéries » de l’Église sont donc en quelque sorte des « ambassadeurs de l’esprit missionnaire » au sein du Collège cardinalice ?
Oui, ils sont des ambassadeurs de l’esprit missionnaire et ils manifestent l’universalité de l’Église qui est vraiment répandue sur toute la Terre. Aucun d’entre nous ne prie seul : nous sommes en connexion avec toute la grande famille des chrétiens répandus sur toute la Terre. J’aime souligner que cette dimension de l’universalité est une caractéristique des Œuvres pontificales dès leur commencement. Quand l’Œuvre de la Propagation de la Foi a été fondée à Lyon le 3 mai 1822, l’objectif n’était pas de cibler une mission spécifique mais d’aider toutes les missions de l’Église. Cette vision universelle était donc présente dès le commencement, et cela montre que nous nous sentons responsables pour l’Église répandue sur toute la Terre, et qui continue à grandir et à se développer, notamment à travers le réseau des écoles, dans lesquelles le personnel est de mieux en mieux formé.

L’éducation constitue donc une partie essentielle de la mission ?
Oui, cet engagement se manifeste particulièrement à travers l’Œuvre pour l’Enfance missionnaire qui s’occupe de la formation des enfants. Mais la formation a pour nous un horizon plus large, avec notamment le soutien aux séminaires, qui forment les futurs prêtres. L’Œuvre de Saint Pierre Apôtre, fondée par Jeanne Bigard en France à la fin du XIXe siècle, s’occupe du financement des séminaires. Actuellement, à travers le monde, entre 75.000 et 80.000 séminaristes sont soutenus par cette œuvre, ce qui représente un grand effort pour l’avenir de l’Église. La formation des missionnaires est aussi une caractéristique de l’Union missionnaire, fondée en Italie au début du XXe siècle. Un effort est également mené pour la formation des catéchistes dans l’Église. Ils sont un pilier fondamental pour l’évangélisation dans ces pays de mission. 

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