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Au nom du débat public, la CEDH s’aligne sur les présupposés antichrétiens

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Shutterstock I Yuri Turkov

La cour européenne des droits de l'homme (CEDH) à Strasbourg.

Blanche Streb - publié le 17/10/22

Notre chroniqueuse Blanche Streb revient sur la condamnation de la France par la CEDH contre les Femen. S’attaquer aux symboles chrétiens, c’est oublier ce que les droits humains doivent au christianisme : la dignité inaliénable de la personne.

Une Femen, les seins nus, les bras en croix. Une couronne d’épines et un voile sur la tête. Dans chacune de ses mains, un morceau de foie bovin. Sur son torse tatoué, deux messages : « Noël est annulé » et « 344e salope », en référence au manifeste pro-avortement de 1971. Elle se tient devant un tabernacle, celui de l’église de la Madeleine. Nous sommes en 2013, cette macabre et vulgaire mise en scène, à laquelle une complicité médiatique donnera un vaste écho, symbolise un avortement, celui du Christ, que la Femen parachève gracieusement en urinant sur l’autel. Les faits ont donné lieu à une condamnation par la justice française à un mois de sursis et 2.000 euros d’amende. Le 11 octobre, la Cour européenne des droits de l’homme, dans un jugement aussi stupéfiant que désolant, considère que cette peine est une ingérence dans la liberté d’expression de la requérante. 

La liberté en danger

La Cour se justifie en considérant que ce qu’elle nomme une « performance » était un moyen de « contribuer au débat public sur les droits des femmes ». L’indécence, la provocation, la profanation contribueraient au débat public sur les droits des femmes ? Je crois qu’il faut tenir pour bien peu respectueux ces droits pour accorder ce poids à ces actions ou aux modes de pensées qu’elles impliquent et induisent. Voilà qu’on défend (et il le faut !) la liberté d’expression. Ce qui n’est pas défendu ici, c’est l’intelligence de l’expression. Ce qui est en danger, c’est la liberté elle-même, qui, pour ne pas s’autodétruire, induit le respect de nombre de devoirs qu’elle contient en son sein. Ne serait-ce que la décence. Par exemple. 

Les Femen (« cuisse » en latin), se revendiquant féministes, prétendent défendre le respect du corps des femmes, tout en l’exhibant. Elles prétendent lutter contre la domination masculine sous laquelle elles ont le sentiment de vivre, mais comme, pensent-elles, le seul moyen d’attirer l’attention est la nudité, elles s’y soumettent…  et prennent leur courage à deux seins pour accomplir ce qu’elles déplorent : la réduction de la femme à son corps. L’une d’elle décrivait, dans The Guardian, « le féminisme classique comme une vieille femme malade qui ne marche plus. Il est coincé dans le monde des conférences et des livres ».

Il y a cette troisième et dernière composante essentielle de la personne humaine, celle qui nous donne le sens du sacré, l’âme. C’est elle qui est ici violentée.”

Faire marcher ses neurones pour débattre, ne serait donc plus assez moderne, foie de veau ! Au fond, ces actions nient le corps autant que l’esprit féminin. « Ajoutons à cela le choix du lieu de l’exhibition, et la boucle est bouclée, me confie Anne Trewby, présidente du mouvement Les Antigones. Une action militante dans un lieu considéré comme sacré par toute une partie de la population — fait culturel profondément ancrée dans la conscience européenne, même chez les non-croyants — est une provocation envers Dieu lui-même. C’est toucher au cœur de la foi, de l’histoire, de la culture de toute une population. C’est d’une violence symbolique grave. Car plus mystérieux, plus intime encore que le corps ou l’esprit, il y a cette troisième et dernière composante essentielle de la personne humaine, celle qui nous donne le sens du sacré, l’âme. C’est elle qui est ici violentée. »

À l’image de la société

Cette décision de la CEDH ne peut laisser indifférent. Grégor Puppinck, qui a conduit une enquête de plusieurs mois sur le fonctionnement de la CEDH se demande comment les juges de Strasbourg ne voient pas que chaque jour, en Europe, des églises sont profanées, incendiées, des statues brisées et des croix renversées. Ne voient-ils pas l’incompréhension et la haine envers les chrétiens se répandre dans la société ? Ne voient-ils pas que, de plus en plus, la Cour elle-même se comporte à l’image de celle-ci ? Interrogée pour Aleteia, l’essayiste Gabrielle Cluzel (Adieu Simone, Le Centurion) voit dans cette scandaleuse décision de la Cour « l’exact point de convergence de deux présupposés progressistes dans l’air du temps : l’Église catholique étant coupable par essence, toute provocation contre elle se justifie. L’IVG étant sacrée par essence, tout acte commis en son nom se justifie ».

S’attaquer aux symboles du christianisme, même si c’est reconnaître sa force, c’est surtout oublier ce que les droits de l’homme et la démocratie moderne doivent au christianisme : la dignité inaliénable de l’être humain. « Chaque fois qu’on a tenté d’éradiquer le passé, rappelait Chantal Delsol au moment des faits, le résultat n’a pas été une nouvelle culture, sortie du néant et débarrassée des scories précédentes, mais la sauvagerie nue. Le collectif Femen semble ainsi avoir décidé de retourner vivre dans les arbres. » Albert Camus disait : « Un homme, ça s’empêche. » L’époque nous obliger à féminiser cette parole : Une femme, ça s’empêche, voilà ce qu’est une femme.

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