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La théologie du corps, ce trésor méconnu de l’Église

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Andrey Yurlov I Shutterstock

Mathilde de Robien - publié le 15/06/22

L’Institut de théologie du corps permet de se former pendant deux ans à la théologie du corps développée par le pape Jean Paul II. Une formation riche et essentielle pour soi, pour l’Eglise et pour le monde.

Vous avez un peu de temps devant vous les deux prochaines années ? Et envie d’approfondir l’un des plus grands trésors de l’Eglise, à savoir les enseignements laissés par Jean Paul II sur l’amour humain, le corps et la sexualité ? Que vous soyez célibataire, marié ou prêtre, à Paris, en province ou à Tombouctou, il est peut-être temps de vous inscrire au Mastère en théologie du corps proposé par l’Institut de théologie du corps, basé à Lyon. Seul prérequis : avoir une Licence (Bachelor) en poche.

Claire Viallon, 35 ans, mariée et mère de 4 enfants, a été diplômée en avril 2022, après avoir soutenu un mémoire sur le temps des fiançailles et le don des corps dans le sacrement de mariage. Elle et son mari, Éric, avaient participé après leur mariage à un Forum Wahou pendant lequel ils ont découvert, le temps d’un week-end, la théologie du corps. A l’issue de ces deux jours, ils réalisent « qu’ils n’ont rien compris à leur sacrement de mariage ! ». Ils ressentent tous deux le besoin d’un SAV-Mariage et s’inscrivent à la Certification en théologie du corps proposée par l’Institut (trois sessions de cinq jours et deux séminaires d’une journée) pour mieux connaître la théologie du corps et se former en vue de la transmettre.

Quelque temps plus tard, Claire s’engage au service de son diocèse, à Saint-Etienne, notamment dans la préparation au mariage et la pastorale des jeunes. Pour annoncer le message de l’Eglise sur l’amour et la sexualité, elle décide d’approfondir la théologie du corps en suivant le Mastère qui lui est dédié. « Cela porte des fruits à plusieurs niveaux : dans l’intimité de notre couple, dans la manière d’élever nos enfants, dans le discours que je tiens aux jeunes et aux fiancés… La théologie du corps concerne tout le monde ! Que nous soyons enfant, jeune, adulte, célibataire ou marié, nous sommes tous appelés à ce don total de soi qui est l’expression de l’amour », précise Claire Viallon.

Une théologie riche et pourtant méconnue, fondée sur les enseignements que le pape Jean Paul II a donnés à l’occasion de 129 catéchèses prononcées à Rome lors d’audiences publiques entre 1979 et 1984. Un trésor à découvrir, approfondir et s’approprier, et ce pour deux excellentes raisons.

1Pour soi-même

Tout d’abord, la théologie du corps est essentielle pour sa propre construction en tant qu’homme ou femme. En effet, pour le pape polonais, la question de l’amour est centrale dans la vie de tout être humain : « L’homme ne peut pas vivre sans amour », écrit-il dans Redemptor hominis. « Sa vie est privée de sens s’il ne reçoit pas la révélation de l’amour, s’il ne rencontre pas l’amour, s’il n’en fait pas l’expérience et s’il ne le fait pas sien ». Mais pour le faire sien, il s’agit d’abord de comprendre ce qu’est véritablement l’amour humain. Et c’est justement l’éclairage qu’offrent ces deux années à l’Institut de théologie du corps.

Si aujourd’hui la société a tendance à réduire l’amour à un désir, une pulsion ou à un sentiment, Jean Paul II en donne une définition toute autre qui réoriente le désir vers un objectif beaucoup plus grand et plus épanouissant pour l’être humain. Une définition qui répondrait à la soif de beaucoup de nos contemporains.Jean Paul II insiste sur le don désintéressé de soi-même, plus haute expression de l’amour et gage de l’accomplissement de la personne : « L’homme ne s’accomplit pleinement que dans le don sincère de lui-même » (Gaudium et Spes).

Suivre cette formation m’a donné une plus grande compréhension du sacrement de mariage.

Une vision de l’amour humain qui trouve, entre autres, une application dans le quotidien de la vie conjugale et familiale : « Suivre cette formation m’a donné une plus grande compréhension du sacrement de mariage, et m’a insufflé aussi une plus grande énergie pour le vivre dans notre couple », témoigne Claire Viallon. « J’ai pris conscience que nous sommes un don l’un pour l’autre, et cela a des répercussions dans la manière de se donner dans le lit conjugal, de se regarder avec un regard pur, de se pardonner mutuellement… » En tant que mère, elle puise dans la théologie du corps, et notamment dans la notion de don, une orientation pour élever ses enfants : « Aider un enfant à être capable de petits dons, à sa hauteur, c’est le préparer à un don plus grand, celui auquel il sera appelé dans le mariage ou dans le sacerdoce. »

2Pour l’Eglise et pour le monde

Alors qu’un cardinal demeurait sceptique face à la réception des catéchèses de Jean Paul II lors des audiences du mercredi, ce dernier lui a répondu (selon une anecdote rapportée par Mgr Lorenzo Albacete) : « Ce n’est pas pour ces personnes-là que je parle. C’est pour ceux qui dans plusieurs décennies seront capables de s’approprier cet enseignement pour le porter au monde. » Il semble que le moment soit venu de s’approprier et de transmettre les clés fournies par le saint pape à propos de l’amour et de la sexualité.

Il est essentiel que les chrétiens s’approprient la théologie du corps pour montrer que l’Eglise a la réponse aux défis anthropologiques et éthiques contemporains.

« Dans ce contexte de perte de confiance et de crédibilité vis-à-vis de l’Eglise, en raison des abus mis en lumière par le rapport de la Ciase, il est essentiel que les chrétiens s’approprient la théologie du corps pour montrer que l’Eglise a la réponse aux défis anthropologiques et éthiques contemporains », souligne Yves Semen, fondateur de l’Institut de théologie du corps. « C’est là que réside le vrai remède au drame des abus : dire haut et fort, enseigner à temps et contretemps, que la sexualité humaine est ordonnée à exprimer le don de soi, dans le mariage comme dans le célibat consacré. »

Pour Yves Semen, le seul antidote véritable aux scandales des abus sexuels réside dans la promotion d’une culture fondée sur le vrai sens du corps et de la sexualité. Et pour cela, il n’y a qu’une seule voie : « Former, former encore et encore, sans relâche, pour qu’advienne peu à peu une culture de la vie qui transformera ces structures de péché ».

Pratique

Le Mastère en théologie du corps se déroule sur deux années universitaires, à raison de deux jours par semaine. Il est donc possible de suivre ce cursus tout en suivant un autre Mastère en parallèle, ou en assurant une charge pastorale ou un emploi à temps partiel à côté. Il est proposé à la fois en mode présentiel à Lyon et à distance en vidéo.

En partenariat avec l’Institut de théologie du corps

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Tags:
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