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Yves Semen : « Mon corps, c’est moi ! »

Yves Semen Welcome to paradise

Aleteia / Sarah Le Blanc

Yves Semen Welcome to paradise

Anne Hirel - publié le 05/08/14

C'est ce qu'a rappelé Yves Semen, fondateur de l'Institut de Théologie du Corps, aux jeunes participants du festival Welcome to Paradise.

Yves Semen, fondateur de l’Institut de Théologie du Corps, a participé au festival Welcome to Paradise, à l’abbaye de Hautecombe. Devant les nombreux jeunes de 18 à 30 ans présents au festival, il a animé un "workshop" intitulé ‘Vous avez dit "Théologie du sexe" ?" Car, non, la théologie ne concerne pas seulement les réalités célestes et désincarnées ! Il existe aussi une théologie de la sexualité, du corps, de la relation homme-femme. Le philosophe et théologien a répondu aux questions d’Aleteia…

Qu’est-ce que vous aviez envie de dire aux jeunes du festival Welcome to Paradise venus vous écouter cet été ?
Yves Semen : Si j’avais eu une seule chose à leur dire, cela aurait été celle-ci : « Mon corps, c’est moi ». Ce n’est pas quelque chose, un objet qui m’appartient que je peux utiliser pour la jouissance que j’en tire. C’est l’expression visible de ce que je suis au plus profond de moi-même. Et c’est pourquoi il nous faut apprendre à aimer notre corps, ce qui ne veut pas dire l’idolâtrer. Je ne peux pas faire n’importe quoi de mon corps sans que cela ait une conséquence sur ma personne. Aimer, c’est se donner à l’autre dans son corps et recevoir la personne l’autre à travers son corps. « Mon corps c’est Moi ; Ton corps c’est Toi ». La vraie beauté du corps c’est la dimension du don qui est inscrite en lui et qui rayonne. C’est ce que nous voyons chez les saints : leur corps est beau parce qu’il « dit » le don de leur personne Le corps est fait pour aimer, admirer, célébrer, respecter, accueillir et donner.

Qu’est-ce que la théologie du corps ?
Y. S. : C’est le cadeau que Jean-Paul II a voulu faire à l’Eglise. Un vrai trésor qui n’est pas encore assez connu en France. « Théologie du corps », c’est une expression sous laquelle Jean-Paul II a rangé l’ensemble des quelque 130 catéchèses qu’il a prononcées du 5 septembre 1979 au 28 novembre 1984, mercredi après mercredi sur le thème de « l’amour humain dans le plan divin ». C’est une vaste catéchèse qui reprend toutes les dimensions de la foi chrétienne à partir de cette réalité très concrète et en même temps mystérieuse qu’est le corps. Car le corps doit être placé au centre de la foi chrétienne puisqu’elle est fondée sur cette vérité que le Verbe de Dieu s’est fait chair, corps, dans le Christ. L’ensemble représente près de 800 pages de texte, ce qui en fait le plus vaste enseignement pontifical de tous les temps. Le fait que Jean-Paul II ait tenu à le délivrer dès après son élection est le signe qu’il voulait en faire un axe majeur de son pontificat.

Dans votre dernier livre " La théologie du corps, l’amour humain dans le plan divin", vous parlez de la pensée novatrice de Jean-Paul II. En quoi est-elle révolutionnaire ?
Y S : Attention ! Elle n’est pas révolutionnaire dans le sens où elle serait une remise en cause de l’enseignement traditionnel de l’Eglise. La pensée de Jean-Paul II est révolutionnaire dans sa façon d’appréhender la question du corps et de la sexualité. Son approche se détache d’une approche purement naturelle et reproductive de la sexualité. Il se pose la question du point de vue de Dieu. Quelle est la place du corps de l’homme, de sa sexualité dans le projet de Dieu depuis les origines de la création ? Au sommet de la création, il y a le couple homme – femme qui en constitue le chef d’œuvre. Qu’est-ce que cela nous dit du projet de Dieu sur le corps humain et sa sexualité ? C’est le point de départ de la théologie du corps. A partir de cela Jean-Paul II nous montre que l’homme ne se découvre lui-même qu’à travers son corps qui est fait pour lui permettre de se donner lui-même et ainsi se réaliser pleinement. C’est finalement cela, le bonheur : s’accomplir dans le don de soi. Et cela ouvre à une nouvelle approche de la réalité du mariage, comme du célibat chrétien d’ailleurs : dans les deux cas on se donne à une autre personne, à une autre personne humaine ou à Dieu. Le mariage dans sa dimension sacramentelle exprime le mystère de l’alliance : Dieu veut épouser l’humanité en chacun de nous..

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