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Le retournement par le Saint-Esprit

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Domaine Public

Jean-François Thomas, sj - publié le 03/06/22

Le jour de la Pentecôte, la venue de l’Esprit saint signe l’annonce de la fin du règne de Satan. Ce qui n’empêche pas le diable de poursuivre sa lutte. Aux chrétiens de se laisser retourner par l’Esprit saint pour renverser définitivement l’esprit du monde.

Lorsque débuta, avec la Pentecôte, la mission et l’évangélisation demandée par Notre Seigneur à ses Apôtres au jour de son Ascension, Satan sut que son règne sur le monde aurait une fin. La première vague le mit très à mal car les idoles reculèrent sous la force de la prédication inspirée par le Saint-Esprit. Dom Guéranger, dans son Année liturgique, résume bien la situation : « Quand le christianisme parut sur la terre, Satan était bien, et visiblement, le prince du monde. Tous les autels étaient à lui ; la législation et les mœurs subissaient son empire. […] La venue du Verbe dans la chair donna le signal de la grande revendication divine. Le prince du monde, vaincu en personne par le Fils de Dieu, comprit qu’il allait avoir à retourner dans l’abîme. Mais les innombrables puissances de ténèbres qu’il avait constituées devaient poursuivre la lutte durant des siècles, et ne lâcher que pied à pied leurs positions » (2 juin, Saints Marcellin, Pierre et Érasme). 

Le Malin dans le domaine public

Nous avons l’habitude d’autres types de revendication ! Dieu revendique, dans le geste rédempteur, ce qui est sien. Il a repris pied à pied tout ce qui Lui appartient et que le Malin avait voulu détourner de sa vocation première en empoisonnant la nature de chaque chose créée. Ce dernier ne s’avoue pas vaincu et essaie d’organiser la résistance d’une autre façon. Nous en savons quelque chose puisque nous sommes ses cibles constantes. Ce combat spirituel est hélas ordinaire. En revanche, nous sommes moins conscients de la lutte terrible livré par Satan et ses troupes dans le domaine public. Partout où la victoire sociale du christianisme a laissé place au chaos, à des lois iniques, nous sommes assurés d’y trouver la marque de notre Ennemi.

Le Malin a plus d’un tour dans son sac et il n’a plus besoin de torturer les âmes individuelles comme aux âges d’or de la foi.

Certaines époques sont plus vulnérables que d’autres, et nous vivons, depuis des décennies, au cœur d’un de ces temps qui s’attaquent au cœur de la société. Il est facile de dresser une liste, très incomplète, de cette action multiforme du Mal : avortement, manipulations génétiques, confusion des sexes, euthanasie, mais aussi oubli de ses racines, affaiblissement de l’instruction et de l’éducation, suprématie des plaisirs, gouvernance mondialiste, primat des puissances financières, rejet du bien commun, violences organisées, relativisme intellectuel et doctrinal, etc. Le Malin a plus d’un tour dans son sac et il n’a plus besoin de torturer les âmes individuelles comme aux âges d’or de la foi. Il s’applique plutôt à les pousser toutes vers un gouffre que l’homme creuse par lui-même avec son intelligence dévoyée et ses moyens techniques sophistiquées.

L’Évangile à toute créature

Saint Justin de Naplouse, un des premiers philosophes à avoir épousé la foi chrétienne, apologiste fameux, écrivait : « Le Verbe s’est fait homme pour deux buts : sauver les croyants, et chasser les démons » (IIeApologie, VI). Notre Seigneur l’annonce en revêtant ses disciples de pouvoirs particuliers pour l’annonce de ce salut et pour l’administration du baptême : « Allez dans tout l’univers, et prêchez l’Évangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Or voici les prodiges qui accompagneront ceux qui auront cru : ils chasseront les démons en mon nom ; ils parleront des langues nouvelles ; ils prendront les serpents, et s’ils boivent quelque poison mortel, il ne leur nuira point ; ils imposeront les mains sur les malades, et ils seront guéris » (Mc 16, 15-18). Ces promesses deviendront effectives, opérationnelles, lorsque les Apôtres, libérés de toute peur, s’engageront dans la mission à partir de la réception du Saint-Esprit au jour de la Pentecôte. Ces ouvriers du Seigneur repoussèrent chaque jour davantage les frontières du règne du Malin. Si la foi tiédit, les dons extraordinaires tendent à disparaître et Satan reprend du terrain.

La tactique du diable

Saint Jean, lui qui est si soucieux de nous avertir à propos des pièges du monde, précise : « N’aimez ni le monde, ni rien de ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui » (1Jn 2, 15). Ce monde hostile à Dieu, celui dont le Malin est le prince, est incapable de la concentration de toutes les facultés requises pour être uni au Créateur. Lorsque l’attention est dispersée, l’Esprit-Saint ne peut s’installer dans une âme. Nous entendons souvent dire, à notre époque, que la qualité de l’attention, dès le plus jeune âge, diminue, tous simplement parce que nous sommes constamment sollicités par ce qui disperse. Telle est la tactique du diable. Ne nous étonnons pas ensuite d’être incapables de demeurer en place, immobiles, l’esprit fixé sur un seul objet, Dieu, dans la méditation. La fébrilité nous pousse à ne plus nous arrêter, à passer d’une chose à l’autre, à sauter d’une idée à l’autre. Une image proche de la réalité de notre vie intérieure ainsi perturbée est celle des touristes qui, dans la grande galerie du musée du Louvre, défilent au pas de course tout le long des chefs-d’œuvre, téléphone au poing, filmant sans ralentir des peintures qu’ils ne prennent pas la peine de contempler même pendant quelques secondes. Désormais, la plus grande partie de notre existence se déroule ainsi, jamais les deux pieds dans une unique action, jamais l’esprit fixé sur un seul détail, jamais l’âme en repos dans le Cœur de son Dieu. 

L’Esprit de Vérité

Notre Seigneur avait prévenu ses Apôtres : « Le Père vous donnera un autre Paraclet, l’Esprit de Vérité, que le monde ne peut recevoir » (Jn 14,1-17). Il est donc utile de se poser à soi-même la question de savoir si nous nous mettons dans les dispositions nécessaires pour accueillir le Saint-Esprit, pour nous laisser retourner par Lui. Tout chrétien, par son baptême, est dans le monde sans être du monde, selon les termes johanniques (Jn 17, 14). L’esprit du monde est l’idole que l’homme se fabrique et elle prend différents aspects. Comme le signale encore saint Jean, « tout ce qui est dans le monde — la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la richesse — vient non pas du Père, mais du monde » (1Jn, 2, 16). Constatons à quel point cet esprit du monde règne sur son empire d’une main de fer car il utilise tous les instruments de la puissance, du pouvoir, pour imposer sa force dans nos sociétés et, par ricochet, dans notre cœur. Personne ne peut se dire exempt de son influence. Ne serait-ce que par quelques attachements futiles, nous nous rendons esclaves et nous fermons la porte à l’Esprit de Vérité. 

Saint Irénée de Lyon emploie la belle figure poétique du chandelier à sept branches pour décrire les sept dons du Saint-Esprit brillant en nous et se dressant vers le ciel comme autant de flammes s’opposant à l’asphyxie du monde. Nous avons grand besoin de nous donner nous-mêmes comme combustible à l’Esprit saint. S’Il descend en nous et ne trouve qu’une terre ingrate, occupée déjà par de multiples constructions mondaines, Il nous abandonnera dans notre stérilité. Il dépend de nous d’ouvrir la porte, et, ensuite, de nous laisser purifier et animer par Dieu. Préparons-nous dans le cénacle de notre âme, de notre vie intérieure. Accueillons cet Hôte qui comble à jamais.

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