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Rapport Sauvé : au cœur de la souffrance, des témoignages chargés d’espérance

Evdokimov Maxim I Shutterstock

Mathilde de Robien - publié le 15/10/21 - mis à jour le 16/10/21

Parmi les témoignages publiés dans le rapport de la Ciase qui décrivent des vies brisées à jamais par les abus, surgissent aussi des paroles lumineuses de la part des victimes, signes d’une incroyable résilience et empreintes d’espérance.

Les témoignages des victimes, publiés par la commission chargée de faire la lumière sur les abus sexuels commis au sein de l’Église entre 1950 et 2020 (Ciase), révèlent des vies brisées, une confiance trahie et une souffrance enfouie qui ne s’estompe pas. Elles ont vécu l’indicible, ont témoigné de leur douleur, de leur colère, de leur honte aux membres de la Ciase, et pourtant, certaines victimes n’ont pas perdu espoir, ni dans le Christ, ni dans l’humanité. Dans le document intitulé De victimes à témoins, annexé à l’accablant rapport, certaines victimes ont des mots bouleversants pour dire ce qui les a sauvées et ce qui leur permet d’avancer.

Certains soulignent le pouvoir libérateur des mots.

« Vous avez su faire renaître la confiance et le dialogue sur une terre desséchée et totalement épuisée, et vous n’imaginez pas le soulagement que cela peut nous procurer. En cela, au milieu des difficultés que la commission doit traverser et dont je n’ose imaginer l’ampleur, vous réussissez l’impossible : transformer la souffrance en espérance. »

« C’est une page qui, dans ma vie, ne pèse plus aussi lourd qu’avant. Parce qu’une fois qu’il y a eu un verdict et qu’on est reconnu victime, il y a déjà une espèce de poids qui s’en va. »

« Heureusement, j’ai découvert assez tôt le pouvoir des mots, des notes, des rythmes et mélodies qui pouvaient me sauver la vie. »

D’autres, aussi fou que cela puisse paraître, ne se sont pas détournés du Seigneur et ont trouvé en lui une consolation et un soutien.

Même en étant une victime d’abus, je fais partie du peuple de Dieu.

« Pourquoi j’ai accepté de faire cette démarche auprès de vous ? (…) Je me place en fait, dans le sillage du texte du pape François au mois d’août dernier, la lettre au peuple de Dieu, et vous avez ces mêmes textes que j’ai pris. Le Pape parle de la manière déviante de concevoir l’autorité dans l’Église comme le cléricalisme. Qui s’est vérifié dans des abus sexuels, des abus de pouvoir et de conscience. Et quand j’ai lu ce texte, j’ai trouvé confirmation de deux abus que j’ai subis. L’un est d’ordre sexuel et l’autre est d’autorité. Mais pour moi ils ont la même racine. Donc voilà j’étais rassuré. Même en étant une victime d’abus, je fais partie du peuple de Dieu. »

« Je ne sais pas comment vous réagirez à ma lettre, ni ce que vous ferez. Je ne sais pas ce que nous pouvons inventer… Mais il me semble qu’il y a un appel à la fraternité. Sachez que si je vous ai exprimé ma blessure, ce n’est que pour faire la vérité et me libérer avec la grâce de Dieu de ces chaînes qui m’enchaînent si bien. »

« Chemin faisant, je découvre que le Seigneur veut davantage de bien pour moi et qu’il ne se résout pas aux impasses dans lesquelles je me suis trouvé. Comme il m’a fallu du temps pour faire cette découverte ! Comme il m’a fallu du temps pour laisser le Seigneur vaincre mes enfermements. 35 années de cécité et de surdité ! »

Même si les faits les plus importants ont été commis par un membre de l’Église, c’est au sein de cette même Église que j’ai pu y trouver l’écoute qui m’a fait sortir de la honte.

Église maltraitante, Église consolante. Deux facettes de l’Eglise émanent du témoignage suivant. La victime ne cache pas que si c’est un prêtre qui l’a profondément meurtrie, c’est un autre prêtre, un moine, qui a contribué à panser sa blessure.

« Étant en état d’épuisement professionnel assez fort, j’ai choisi de partir quelques jours en retraite dans un monastère. J’ai profité de mon séjour pour y échanger avec un moine, le père ***. Pour la première fois, j’ouvrais ce pan dans un environnement religieux. (…) J’essaie de me rassurer en disant que cela n’était finalement « que des attouchements », au regard de ce que d’autres ont pu subir. Je n’arrive pas à être dans le pardon encore, tout autant que je n’arrive pas être en colère contre ce qui s’est déroulé. (…) C’est la première fois que j’écris les choses, je commence aussi à le décrire en thérapie. De cela je crois qu’on n’en guérit jamais, apprendre à vivre avec en est donc le défi. Enfin, j’ai souhaité témoigner car même si les faits les plus importants ont été commis par un membre de l’Église, c’est au sein de cette même Église que j’ai pu y trouver l’écoute qui m’a fait sortir de la honte. »

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