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La Ciase, trois ans de travail méthodique pour un indispensable exercice de vérité

7 min de lecture
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Crédit : Olivier DONNARS/CIRIC

Jean-Marc Sauvé, président de la Ciase, et les membres de la commission, 8 février 2019.

Le rapport de la Commission indépendante chargée de faire la lumière sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) doit être publié ce mardi 5 octobre. Très attendu et même redouté, il est le fruit de plus de deux ans et demi de travail, d’enquête, de réflexion et d’écoute. Comment le travail de cette commission s'est-il organisé.

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Un document attendu et redouté, un moment rude et grave, une épreuve de vérité nécessaire et demandée. Le rapport publié ce mardi 5 octobre par la Commission indépendante chargée de faire la lumière sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) au cours des soixante-dix dernières années va faire date à de nombreux égards. Ce document inédit présente, sur 2.500 pages, un tableau des abus sexuels commis au sein de l’Église en France par des prêtres et des religieux depuis 1970. Il analyse également la manière dont l’Église les a traités ou non et, enfin, formule une série de recommandations.

Au moins 10.000 victimes, plus de 3.000 prêtres et religieux coupables soit près de 3% des quelque 115.000 prêtres de la période 1950-2020 étudiée par la Ciase… Les quelques – rares – éléments qui ont filtré sont glaçants. Une réalité douloureuse dont la publication a été voulue par l’Église. La Conférence des évêques de France (CEF) et la Conférence des religieuses et religieux des instituts et congrégations (Corref) ont annoncé en novembre 2018 la création d’une commission indépendante d’enquête sur les abus sexuels dans l’Église, la fameuse Ciase, et c’est Jean-Marc Sauvé, ancien vice-président du Conseil d’État et président des Apprentis d’Auteuil, qui a été chargé de la présider. Trois mois plus tard, il présentait les 21 membres désignés pour la composer, tous étant bénévoles. Elle a été composé sans aucune interférence, aucune directive ni aucun conseil des responsables de l’Église. "J’avais annoncé mon souhait d’une commission pluridisciplinaire et elle l’est" se félicitait d'ailleurs Jean-Marc Sauvé lors de sa création. Douze hommes, dix femmes, des juristes, des psychanalystes, des théologiens, des chrétiens, des athées… mais aucun prêtre ou religieux ni aucune victime ou membre d’association de victimes.