Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Vendredi 06 août |
Dédicace de Sainte-Marie-Majeure
home iconDécryptage
line break icon

GPA : mère génétique de 10 enfants, elle ne compte pas s’arrêter là

© @batumi_mama | Instagram

Christine Pellen - Gènéthique - Publié le 26/02/21

Une jeune femme russe a annoncé vouloir donner naissance à cent enfants par GPA. Un délire supplémentaire, s’il le fallait, pour montrer l’indécence de cette pratique.

À 23 ans, Christina Ozturk est déjà mère de 11 enfants. La dernière, Olivia, est née il y a un mois. Tous sont ses enfants d’un point de vue génétique, bien qu’elle n’ait porté que l’un d’entre eux, Vika, née il y a six ans. Les dix autres sont nés par gestation par autrui au cours des deux dernières années. 

Mais la jeune femme russe et son mari, Galip Ozturk, un homme d’affaires d’origine turque de 56 ans, ne comptent pas en rester là. Christina a même été jusqu’à évoquer un « maximum » de 105 enfants sur son compte Instagram. « Un nombre aléatoire », a-t-elle toutefois reconnu. Et pour mener leur projet à bien, le couple est prêt à dépenser ce qui sera nécessaire. Le coût de chaque grossesse s’élève à 8.000 euros.

Une procédure bien rodée ?

Christina et Galip vivent à Batumi, en Géorgie, où la GPA est légale. « La clinique de Batumi choisit les mères porteuses pour nous et assume l’entière responsabilité du processus, explique la jeune femme. Nous ne connaissons pas personnellement les mères porteuses et n’avons pas de contacts directs avec elles afin d’éviter les problèmes après la grossesse. » 

Dès lors que l’enfant est considéré comme un objet qui peut faire l’objet d’un contrat, n’a-t-on pas déjà remisé l’intérêt de l’enfant ?

Des « problèmes » apparemment déjà rencontrés par le couple. En effet, il arrive que la mère de substitution s’attache à l’enfant qu’elle a porté pendant neuf mois et refuse de l’abandonner, bien que la loi de Géorgie l’y oblige. Christina a laissé entendre qu’elle avait déjà obligé une femme à lui remettre son enfant.

L’enfant devenu un produit de consommation ?

Certains prétendent que la gestation par autrui est une pratique qui serait à réguler. Mais une pratique qui consiste en l’abandon programmé et contractualisé d’un enfant n’est-elle pas en elle-même le problème ? Dès lors que l’enfant est considéré comme un objet qui peut faire l’objet d’un contrat, n’a-t-on pas déjà remisé l’intérêt de l’enfant ? 


EMBRYON BIOETHIC

Lire aussi :
Bioéthique : il n’y a pas d’humanité sans limites

« Traité comme un produit de marché, l’enfant perd le bénéfice de la protection naturelle ou légale dont il aurait bénéficié en temps ordinaire, nous confirme Olivia Sarton, directrice scientifique de l’association Juristes pour l’enfance. Pour fonctionner — c’est-à-dire pour s’étendre et générer des bénéfices — le marché s’interdit en effet toute intervention qui pourrait freiner l’offre et la demande. Il permet alors à un désir de devenir tout-puissant, absolu, voire totalitaire puisqu’il ne rencontre plus aucune limite. »

La disparition de toute limite

« Dans le monde qui a été le nôtre jusqu’à ces dernières années, le désir de famille nombreuse d’une femme ou d’un couple est limité par la nature même du corps de la femme qui ne lui permet pas de donner naissance à plus d’un certain nombre d’enfants (cette limite s’appliquant aussi bien à un instant T pour une naissance multiple, que pour le nombre maximal de grossesses et de naissances au cours de la vie de la femme) », rappelle Olivia Sarton. Un désir également « limité dans un cadre légal », précise-t-elle. En effet, « un couple souhaitant adopter des enfants ne peut se voir confier qu’un nombre d’enfants estimé, par les différents acteurs intervenant dans le processus de l’adoption, comme conforme à l’intérêt de ces enfants ». 

Une limitation naturelle ou légale qui « permet ainsi normalement à chaque enfant d’avoir la garantie d’un cadre propice à son développement ». Mais « avec la gestation par autrui, cette double limite naturelle et légale disparaît au détriment de l’intérêt de l’enfant », regrette Olivia Sarton. Tous les enfants qui naîtront de la volonté de Christina et Galip ne manqueront assurément de rien sur le plan matériel. Un sort enviable ?

Pour en savoir plus : Généthique.

logo genethique


femme enceinte

Lire aussi :
En Nouvelle-Zélande, la GPA agit comme un incubateur de drames familiaux

Tags:
BioéthiqueEnfantspma gpa
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
1
I.Media
La mise en garde du pape François contre la « tentation idolâtre ...
2
Caroline Becker
Les cierges de Notre-Dame de Paris brûlaient-ils toujours au lend...
3
C8 Messe 15 août
La rédaction d'Aleteia
La diffusion de la messe du 15 août sur C8 fait réagir
4
PADRE PIO
Bret Thoman, OFS
La réaction de Padre Pio face aux évènements tragiques
5
Lauriane Vofo Kana
Un livre pour garder l’espérance en temps de covid se hisse...
6
Lauriane Vofo Kana
Pass sanitaire : les processions mariales se tiendront-elles cett...
7
HIDILYN DIAZ
La rédaction d'Aleteia
Jeux Olympiques : la médaille miraculeuse sur le podium !
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement