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La médaille miraculeuse, remède à une épidémie ?

©Corinne SIMON/CIRIC
©Corinne SIMON/CIRIC
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Alors que le monde entier doit faire face à une pandémie, il pourrait être bon de se souvenir d’une autre épidémie, de choléra cette fois-là, il y a deux siècles. La médaille miraculeuse avait alors joué un rôle important.

Au mois de mars 1832, des cas de choléra sont découverts à Paris. Venue d’Inde via Moscou et la Grande-Bretagne, cette terrible maladie se répand au bout de quelques jours dans toute la capitale. Provoquant des diarrhées torrentielles et une sévère déshydratation, le choléra peut tuer en quelques heures. Personne n’est épargné, pas même l’entourage du roi, ni le gouvernement. Tous ceux qui le peuvent fuient vers la campagne, les autres se claquemurent chez eux. Dans un Paris pétrifié et apeuré, l’épidémie fait des ravages. On fait appel aux fourgons de l’armée pour évacuer les cercueils, mais on ne trouve bientôt plus assez de cercueils pour ensevelir les morts. Fin mai, la redoutable infection semble reculer, les journaux en annoncent la fin. Cependant, elle reprend avec vigueur dès la seconde quinzaine du mois de juin, jusqu’au mois de septembre.

Depuis le début de l’épidémie, les Filles de la Charité et les pères lazaristes se dévouent sans relâche pour soigner les malades et assister les mourants. Quelques mois auparavant, une jeune novice, sœur Catherine Labouré, a reçu la grâce merveilleuse de voir la Sainte Vierge Marie, qui lui a confié une importante mission : répandre la dévotion à l’Immaculée Conception par l’intermédiaire d’une médaille. Celle-ci est frappée pour la première fois durant le mois de mai 1832 ; elle est distribuée par les Filles de la Charité, dans la région parisienne, dès la reprise du choléra. Les grâces sont immédiates et l’on constate plusieurs cas de guérisons inexpliquées, mais aussi des protections miraculeuses pour des personnes en contact direct avec les malades, ainsi que de spectaculaires conversions.

Des guérisons corporelles et spirituelles

Impossible de comptabiliser le nombre de miracles : les lettres de reconnaissance ne cessent d’affluer rue du Bac, lieu des apparitions. Dès le début de l’année 1833, la médaille est connue comme la « médaille qui guérit » ou « médaille miraculeuse de Marie conçue sans péché », ou tout simplement « médaille miraculeuse ». Les faveurs extraordinaires accordées par la médaille se propagent à une rapidité rarement égalée. Ces faveurs concernent des guérisons corporelles mais aussi de très nombreuses guérisons spirituelles. La diffusion si rapide de cette médaille est elle aussi proprement miraculeuse puisqu’à l’automne 1834, pas moins de 500.000 médailles ont déjà été frappées. En dix ans, entre 1832 et 1842, 320 millions de médailles miraculeuses sont distribuées dans le monde.

La croix n’est jamais donnée sans le Christ, la difficulté n’est jamais donnée sans la grâce. Il a plu à Dieu d’utiliser l’épidémie de choléra pour diffuser, par l’intermédiaire de la médaille miraculeuse, un grand nombre de grâces, et pour faire grandir la foi en l’Immaculée Conception. La prière inscrite sur le revers de la médaille en témoigne : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Les grâces envoyées aux hommes sont symbolisées par les rayons qui sortent des mains de la Vierge représentée sur l’avers de la médaille. De toute épreuve librement acceptée et offerte, un grand bien spirituel peut sortir. Invoquée avec amour et confiance, la Sainte Vierge Marie est heureuse de répondre à l’appel de ses enfants. Plus que jamais, aujourd’hui, il est bon de se souvenir de l’efficacité de la médaille miraculeuse, quand elle est portée ou donnée avec une foi profonde, dans un esprit d’abandon et de confiance en l’amour et la bienveillance absolus de notre Mère du Ciel.

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