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Les trois premiers noms de Jésus

CHRIST,HEALS, PARALYTIC
"Christ guérissant un paralysé", de Anthony van Dyck, vers 1619,
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La lecture de l’Évangile de Matthieu, au temps de Noël, nous fait découvrir trois noms attribués à Jésus qui représentent comme un aperçu inaugural de son existence, de sa mission et de son identité.

« Fils de David », « Emmanuel » et « Nazaréen » : tels sont les trois noms que l’Évangile de saint Matthieu donne à Jésus dans ses deux premiers chapitres. Chacune de ces trois appellations éclaire une facette de la personne et de la mission du Christ avant même que ne débute sa vie publique. L’Évangile commence avec une généalogie où le nom important est « fils de David ». Puis il continue par la conception virginale de Jésus auquel convient parfaitement le titre divin d’« Emmanuel ». Enfin le nom de « Nazaréen » (ou Nazoréen) lui est décerné après que Joseph est obligé de se réfugier en Galilée au retour de la Sainte Famille d’Égypte. Alors que nous approchons de la fin du temps de Noël, voyons quels enseignements nous délivrent ces trois appellations au sujet de celui auquel elles sont appliquées. 

« Fils de David »

Tout au long de son Évangile, saint Matthieu tient à souligner que le prophète de Nazareth accomplit, dans ses œuvres et son enseignement, les Écritures d’Israël. En conférant à Jésus le titre de « Fils de David », l’évangéliste non seulement insère sa personne dans une lignée royale, mais de plus il nous informe que la royauté messianique, prédite par les prophètes, lui est destinée. Jésus sera roi.

Mais un roi déconcertant qui, lorsque son trône de gloire sera érigé à la fin du monde, rendra son jugement en s’identifiant aux plus petits de ses frères (Mt 25, 31-46) ! Jésus révolutionnera de la sorte la figure messianique du roi en la rendant solidaire des souffrants et des misérables. Ainsi, en tant que fils de David, Jésus s’insère-t-il dans une généalogie humaine. Toutefois, sa royauté possède une portée qui dépasse la dimension terrestre en faisant signe vers une origine mystérieuse.

« Emmanuel »

Le second nom donné à Jésus va expliciter ce dépassement de la royauté terrestre. L’ange demande à Joseph de donner à l’enfant engendré par Marie le nom de « Jésus », en précisant sa signification en hébreu : « car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés ». « Jésus » se traduit en effet par « Dieu sauve ». Les deux versets suivants ajoutent que tout cela est arrivé pour que s’accomplisse la prophétie d’Isaïe relative à la jeune vierge qui donne naissance à l’Emmanuel. Pour ce second nom, le texte précise encore sa signification à l’attention du lecteur : « Dieu avec nous ». Ainsi, une étape décisive est franchie avec le titre d’« Emmanuel ».

Avec Jésus, c’est Dieu Lui-même qui agit dans l’histoire. La présence divine habite le cours du temps, et simultanément vient délivrer le peuple de ses péchés. Cette seconde appellation d’« Emmanuel » est également liée à la Résurrection. En effet, la finale de l’Évangile de Matthieu reprend cette référence à la présence de « Dieu avec nous » avec les paroles du Ressuscité à ses disciples : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).

« Le Nazaréen »

Après le titre divin d’« Emmanuel », il semblerait que le crescendo des appellations doive prendre fin. Pourtant, dans le dernier verset du chapitre II de son Évangile, Matthieu affirme à propos de Jésus : « Il sera appelé Nazaréen », en faisant référence à un oracle non identifié. Ce nom de « Nazaréen » lui est donné parce que Jésus habitera la Galilée, plus exactement Nazareth. C’est à partir de cette région du nord de la Palestine qu’il conduira sa mission, et c’est encore du haut d’une montagne de Galilée qu’il enverra, ressuscité, ses disciples par toute la terre.

Cependant, ce nom de « Nazaréen » signifie davantage qu’un qualificatif géographique. Si Jésus a dû s’établir en Galilée avec Joseph et Marie, cela tient à l’hostilité de Jérusalem à son égard. En effet, alors que saint Luc fait de la capitale de la Judée le lieu inaugural et final de son Évangile (avec l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste dans le Temple et l’ascension de Jésus au mont des oliviers), en revanche, pour Matthieu, Jérusalem est la ville qui refuse le Messie. Dès le début, Hérode veut le mettre à mort, et elle sera, au terme de son existence, la ville de sa condamnation capitale.

Ainsi, le nom de Nazaréen est-il un signe de la Passion et du rejet de Jésus par l’élite religieuse et politique de son peuple. Ce troisième titre nous avertit que le salut qu’il apporte ne fera pas l’économie de la voie douloureuse de la Croix. Avec le nom de « Nazaréen », l’Évangile finit par dresser la troisième dimension du portrait de celui qui, dès le chapitre trois de l’Évangile, entrera en scène, en tant qu’adulte, et inaugurera sa mission dans le prolongement de celle de Jean-Baptiste. 

Roi promis par les Écritures, mais roi des pauvres, Ressuscité qui nous accompagne tout au long de l’histoire, messie douloureux durant son existence terrestre : d’emblée, l’Évangile de saint Matthieu, au travers des noms donnés à Jésus, trace l’esquisse d’un portrait que la narration ultérieure de son existence affinera dans les détails.

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