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Pourquoi le Christ est-il roi, lui qui a été crucifié comme un malfaiteur ?

Fr Lawrence Lew, O.P. | Flickr
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Dimanche nous célébrons la fête du Christ Roi de l’Univers. Sommes-nous prêts à reconnaître le Christ comme roi de notre monde, roi de notre vie ? Sommes-nous prêts à laisser Jésus étendre son royaume dans notre cœur ? Pour le savoir, contemplons le Christ dans sa royauté et regardons pourquoi le pape Pie XI a institué cette fête.

« Tu l’as dit, je suis roi »

Rappelons-nous le récit de la comparution de Jésus devant Pilate. C’est étonnant, au moment le plus douloureux de sa vie, le Christ révèle sa royauté. Et on a peine à le croire, dans l’état dans lequel il se trouve, quand tout le monde ou presque l’a abandonné. Alors que plus tôt, quand Jésus accomplissait des miracles, qu’il multipliait les pains, et que chacun voulait le proclamer roi, lui passait son chemin et interdisait à quiconque de l’appeler ainsi. Quel roi est donc le Christ ?

Jésus ne possède pas les attributs royaux, tels que nous les connaissons pour un roi temporel. Son trône ? C’est sa croix, imposante au sommet du Golgotha. Sa couronne ? Une couronne, non pas d’or et de pierres précieuses, mais une couronne d’épines. Sa pourpre, c’est son sang versé pour donner sa vie pour son peuple. Les soldats ne s’y sont pas trompés, en détournant les symboles de la royauté : ils ont revêtu Jésus d’un manteau de pourpre, lui ont mis en main un roseau en guise de sceptre, ont ceint sa tête d’une couronne d’épines.

« Je le vois crucifié et je le reconnais comme roi, car c’est le propre d’un roi que de donner sa vie pour ses sujets », exprime saint Jean Chrysostome. Le Christ est roi en accueillant dans son royaume le larron repentant. Il règne en pardonnant les injures, les blasphèmes, les moqueries, les abandons. Le Christ est roi en descendant dans notre péché et en le prenant sur lui. Le Christ est devenu notre roi par l’amour.

Jésus, roi d’amour

« Le Christ est le Roi des cœurs, à cause de son inconcevable charité qui surpasse toute compréhension humaine et à cause de sa douceur et de sa bonté qui attirent à lui tous les cœurs », précise Pie XI. Le royaume de Jésus ne connaît pas de limite, il s’étend dans celui de chaque homme, dans notre cœur. Mais, reconnaissons-le, nous n’appartenons pas encore totalement à ce royaume.

« Nous nous conduisons souvent en frontaliers. Une partie de nous-mêmes est celle qui est attachée à Jésus. Par elle, nous sommes incorporés à l’Église, son Royaume. Nous sommes attirés par cet amour »,  remarque le frère Thierry Marie Hamonic, op. Mais si l’amour nous attire spontanément, vivre selon cet amour est terriblement exigeant. C’est l’autre partie de nous-même, celle qui résiste.

« Nous lorgnons de l’autre côté de la frontière. Dans le Royaume, les impôts nous semblent parfois bien lourds : il en coûte d’aimer en vérité. Vivre les béatitudes est exigeant. Alors que de l’autre côté de la frontière, il est aisé de se procurer de ces produits qui flattent notre égoïsme. Alors il nous arrive de trafiquer, de faire de la contrebande », ajoute le dominicain. Nous cherchons à faire des compromis. Nous agissons malheureusement souvent comme si Jésus était mort et non pas roi.

Pas de Dieu, pas de paix !

Nous le constatons chaque jour, l’homme, avec ses seules forces, est incapable de réaliser la paix. « Ce débordement de maux sur l’univers provenait de ce que la plupart des hommes avaient écarté Jésus-Christ (…) des habitudes de leur vie individuelle aussi bien que de leur vie familiale et de leur vie publique. » Tel est le préambule de l’encyclique Quas Primas instituant en 1925 la solennité du Christ Roi. Le pape Pie XI tenait à ce que cette fête apporte une arme spirituelle contre les forces de destruction à l’œuvre dans le monde.

« Si les hommes venaient à reconnaître l’autorité royale du Christ dans leur vie privée et dans leur vie publique, des bienfaits incroyables — une juste liberté, l’ordre et la tranquillité, la concorde et la paix — se répandraient infailliblement sur la société tout entière ». Le Saint-Père voulait ainsi rappeler aux hommes l’importance de bâtir les nations dans la lumière du Christ, en prenant exemple sur sa royauté.

Comment faire régner le Christ dans nos cœurs ?

La royauté du Christ est l’œuvre de la grâce. Elle permet à celui qui l’accueille d’édifier un monde de vérité, de justice et de paix. Ce monde se construit pierre après pierre, dans le patient labeur du quotidien.

Ainsi, nous construisons le règne du Christ : quand nous bénissons au lieu de critiquer, quand nous visitons un malade, quand nous allons vers celui que nous ne connaissons pas, quand nous défendons le plus faible, quand nous accueillons dans une fidélité inconditionnelle, quand nous renouvelons notre pardon dans les blessures du quotidien…

Il y aurait tant et tant d’autres exemples. À nous de trouver, dans le secret de nos cœurs et éclairés par l’Esprit saint, cet acte de charité, cette pierre précieuse qui viendrait orner la couronne du Christ Roi de l’univers.

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