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Ces figures bibliques qui annoncent la Pâque de Jésus

JEREMIAH
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Le chant du Serviteur souffrant par le prophète Isaïe, n’est pas la seule annonce du martyre de Jésus dans l’Ancien Testament. Depuis Abel, de nombreux personnages de la Bible prédisent, par leurs paroles et par l’exemple de leurs vies, la Pâque du Seigneur. Leur découverte éclaire notre vision de la Passion et de la Résurrection, selon le dessein de Dieu, de toute éternité.

Aux pèlerins d’Emmaüs, déconcertés par l’échec apparent du prophète galiléen, le Christ répond que le Messie qu’ils attendaient devait souffrir avant d’entrer dans sa gloire (Lc 24, 26). Cette parole de Jésus est une invitation à chercher dans la Bible les personnages qui annoncent sa mort et sa résurrection, comme il le fit lui-même à l’attention de ses compagnons de route le soir de Pâques « en commençant par Moïse et parcourant tous les prophètes ». Le Carême constitue ainsi le moment privilégié de relire l’Ancien Testament à la lumière de la mort-résurrection de Jésus, de manière à y découvrir toutes les figures bibliques qui l’annoncent, et enrichir de la sorte notre méditation de la Pâque du Fils.

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Personnages du livre de la Genèse

Premier personnage : Abel. Comme le fils cadet d’Adam et Ève, tombé sous les coups de Caïn, Jésus sera la victime innocente de la jalousie de ses frères.
Avec Abraham, nous sommes en présence d’un personnage qui est élu en faveur de tous. Dieu dit en effet au patriarche : « Par toi se béniront tous les clans de la terre » (Gn 12, 3). Jésus sera également élu au bénéfice de tous les hommes. Les chefs du peuple qui le raillent au Calvaire proclament, même si c’est ironiquement, que Jésus, comme le père des croyants, est l’élu : « Il en a sauvé d’autres, qu’il se sauve lui-même, s’il est le Christ de Dieu, l’Élu ! » (Lc 23, 35).

La figure de Joseph, le fils de Jacob et de Rachel, est tout aussi parlante que celle de son aïeul sous le rapport de sa dimension prophétique du destin de Jésus. Vendu comme esclave par ses frères, après avoir été lynché, Joseph trouve grâce auprès de Pharaon en Égypte. Devenu Premier ministre, il sauve le pays de la famine. Le clan de Jacob et de ses fils, venu se réfugier et trouver du pain chez son puissant voisin, est sauvé par le frère qui était tenu pour disparu. C’est ainsi que l’histoire de Joseph annonce la Pâque du Christ. Comme Jésus le réalise avec l’Eucharistie et le sacrement de réconciliation qu’il institue le dimanche de Pâques, après être revenu à ses disciples qui l’avaient abandonné le Vendredi saint, le fils de Jacob pourvoit à la nourriture de ses frères après leur avoir pardonné.

Moïse et David

Moïse préfigure le Christ en ce qu’il est le libérateur de son peuple auquel il fait traverser la mer rouge, comme le Christ sera le Rédempteur du genre humain en traversant la mort. À l’exemple du législateur d’Israël, Jésus sera également en butte à la contradiction et à l’incompréhension.

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Jésus est fils de David. Le second roi d’Israël est une figure du Christ parce qu’il fut berger de son peuple. Comme son descendant, David prend le chemin du mont des Oliviers quand le temps se gâte pour lui avec la révolte de son fils Absalom (2S 15, 30). Cependant, contrairement à son illustre devancier, Jésus ne fuira pas, et se laissera arrêter à Gethsémani. Jésus fut livré par l’un des Douze. De même David fut trahi par son fils qu’il aimait. Autre similitude entre leurs destins respectifs : Judas, tout comme Ahitophel, ancien conseiller du roi passé à son fils rebelle, finit par se pendre (2S 16,23). Jésus pourra reprendre les mots du roi-poète dans le psaume : « Même mon ami en qui j’avais confiance, celui qui mange mon pain, a levé contre moi son talon » (Ps 41, 10).

Le prophète Élie

Entre le père du prophétisme, Élie, et Jésus, les points communs sont nombreux. Comme Jésus à Gethsémani qui s’éloigne de ses disciples pour prier, le prophète, fuyant Jézabel frémissante de colère contre lui, se sépare de son serviteur pour aller à la rencontre de Dieu sur l’Horeb, (1R 19,1-2). Élie, désespéré dans le désert, s’abat à terre, puis se relève, comme le Christ le fera au jardin des Oliviers. Autre ressemblance : tous les deux seront réconfortés deux fois par un ange (1R, 19,5). Différence : dans les évangiles, ce sont les disciples qui s’endorment, comme Élie, et non le Christ. Sur la montagne sainte, Élie sera initié à la douceur de Dieu qui, au lieu de se manifester dans la fureur des éléments, se révélera à son serviteur dans « une voix de fin silence » (1R 19, 12). Pareillement, sur la Croix, le Christ montrera la douceur de l’Agneau qui triomphe du péché et de la mort par la non-violence et la tendresse du pardon.

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Toujours sur le Golgotha, Jésus invoque Dieu « à la neuvième heure » (trois heures de l’après-midi) : c’était celle du sacrifice du soir, où on immolait un agneau dans le Temple. C’est aussi le moment que choisit Élie pour prier Dieu sur le mont Carmel dans son combat contre les faux prophètes de Baal (2R 18,36). Enfin, à l’instar du Christ après sa résurrection, Élie est enlevé au ciel (2R, 2,11). Mais à la différence du prophète, Jésus sera moins réticent que lui à donner son esprit à ses disciples, alors qu’Élisée devra insister auprès de son maître pour avoir droit à « une double part de son esprit » (2R, 2, 9). Jésus, au contraire, prodiguera à profusion l’Esprit promis.

Jérémie

Jérémie constitue également une figure prophétique majeure de Jésus. Seul contre tous dans une ville de Jérusalem qui continue de vivre dans un déni confortable, il annonce la déportation à Babylone. Mais loin de prêcher la résistance, il annonce au contraire que cette dispersion sera l’occasion d’une renaissance. D’où la fureur et la colère des autorités. De même, le Christ sera le seul à croire qu’avec sa mort adviendra le salut. Jésus en effet sera bien esseulé sur le Golgotha ! Lors de la Cène, il institue le sacrement de la nouvelle alliance qu’avait prophétisée Jérémie : « Voici venir des jours dit le Seigneur, où je ferai avec la maison d’Israël et la maison de Juda un alliance nouvelle » (Jr 31,31).

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Autres points communs entre les deux : le célibat (qui était une anomalie de leur temps), leur dénonciation sans relâche des infidélités du peuple, des fausses sécurités (la croyance que le Temple préservera du malheur, pour Jérémie, Jr 7,4), le mépris des pauvres. Dénonciations qui seront reprises par le Christ, et qui le conduiront à être condamné par l’élite sacerdotale de Jérusalem.

« Selon les Écritures »

Voilà les principales figures bibliques qui annoncent, par leurs paroles, mais plus encore par leurs existences, la Pâque de Jésus. C’est la raison pour laquelle saint Paul écrira aux Corinthiens que « le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, qu’il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures » (1Co 15, 3-4). Ainsi, l’aller-retour entre l’Ancien et le Nouveau Testaments nourrit-elle notre spiritualité et notre attachement à Jésus.

L’Ancien nous fait découvrir des significations auxquelles nous n’aurions pas pensées en lisant la description abrupte du supplice et de la résurrection du Christ. En retour, la lumière que sa Pâque projette sur le passé de l’histoire d’Israël nous permet de deviner le plan providentiel de Dieu sous la trame des événements historiques contingents, comme une invitation à l’espérance pour aujourd’hui. Dieu est le maître du temps : Il ne laissera pas Sa création livrée au non-sens, malgré le mal et le péché des hommes.

En images, les plus belles représentations de la résurrection :
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