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Nul n’est à l’abri de l’idolâtrie… les chrétiens y compris

Idéolatrie du veau d'or
L'Adoration du veau d'or, de Nicolas Poussin, 1633.
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Nul n’est à l’abri de l’idolâtrie. La bonne conscience du chrétien est souvent un paravent derrière lequel se dissimule une idole, cet attachement malsain qui vous éloigne de Dieu. Comment la démasquer ?

Notre foi chrétienne ne doit pas devenir un prétexte pour nous exonérer du devoir de vérifier si nous avons bien rompu spirituellement avec les idoles. Le chrétien fervent est-il encore concerné par le premier commandement du Décalogue : « Tu n’auras pas d’autres dieux face à moi » ? Est-il sorti définitivement de la zone d’influence du diable qui nous pousse à nous prosterner devant d’autres dieux que le Véritable ? Répondre par l’affirmative serait présomptueux de sa part. Mais comment une piété persévérante peut-elle prêter le flanc aux assauts des idoles ? À moins que celles-ci ne pénètrent dans l’esprit du croyant à son insu !

Certes, un chrétien pratique assidûment. Il va à la messe, se confesse régulièrement, essaye de médire le moins possible de son prochain, se défie d’une adulation trop prononcée des stars, qu’elles soient politiques, artistiques, sportives ou médiatiques. Après toutes ces précautions et ces efforts sur lui-même, comment pourrait-il devenir la proie d’une idole, et être tenté de la substituer dans son esprit au Très-Haut ? N’est-il pas immunisé irrémédiablement contre la tentation de servir les faux-dieux ?

Le danger d’avoir un cœur partagé

Ce serait aller vite en besogne. Cela signifierait que la mise en garde contre l’idolâtrie ne le concerne plus. Toutefois, le chrétien partage la condition commune de l’humanité. Les faux dieux continuent de faire le siège de son intériorité. Et leur principale force, dans cette bataille, réside dans la baisse de la garde du chrétien. Ce dernier, conscient d’obéir aux commandements de l’Église, peut croire que la pratique suffit à en faire un adorateur du seul Dieu. Mais la bonne conscience est souvent un paravent derrière lequel se dissimule une idole — souvent à notre insu ! Le contentement de soi en cette matière est bien pire que le consentement pur et simple à l’idolâtrie. Les Évangiles ne nous préviennent pas pour rien contre le pharisaïsme.

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Car le danger pour le chrétien, c’est de devenir idolâtre sans s’en rendre compte ! Quel intérêt Satan aurait-il d’ailleurs à lui proposer explicitement une divinité de rechange, et de réveiller de la sorte sa conscience ? La stratégie de l’Ange du mensonge consiste plutôt à le bercer d’illusions, à le convaincre qu’il est un « bon chrétien », tout en le travaillant en sourdine avec un faux dieu dont il le persuadera qu’il fera autant son bonheur que le Père de Jésus-Christ. C’est ainsi que le chrétien pratiquant peut devenir un homme au cœur partagé. Or, le premier commandement s’adresse autant à l’idolâtre assumé qu’à l’homme qui balance entre Jésus-Christ et ses concurrents de néant.

800 ans avant Jésus-Christ, sur le mont Carmel, le prophète Élie, en lutte contre les prophètes de Baal (1R 18, 21) n’avait pas apostrophé son peuple en le traitant d’idolâtre, mais en l’accusant de « boiter des deux côtés », c’est-à-dire en lui reprochant sa claudication spirituelle qui le portait tantôt du côté de Dieu, tantôt du côté de Baal. Nous aussi, conscients de la toute-puissance de Dieu, et en la confessant à la messe, nous pensons de la sorte être immunisés contre l’idolâtrie. Mais est-ce toujours le cas ? N’existe-t-il pas des biens qui prennent parfois la place de Dieu dans notre esprit ? Et à quels signes reconnaissons-nous cette usurpation ? Quand ces biens (richesse, plaisir, confort, promotion sociale) nous obsèdent à tel point que nous sommes prêts à tout leur sacrifier et à les faire passer avant tout le reste !

Le péché originel et nos défenses immunitaires

Bien sûr, le chrétien qui est possédé par une telle obsession ne s’avouera pas être idolâtre pour autant ! Pour quelqu’un qui va à la messe, voilà une vérité qu’il est difficile de confesser ! Elle restera donc inconsciente. C’est bien connu : notre esprit possède une instance de censure qui empêche les vérités désagréables de parvenir jusqu’à notre conscience !

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Suis-je en train de transposer indûment un schéma psychologique de nature freudienne à la pathologie de l’idolâtrie ? Donnons-nous toujours un consentement pleinement assumé au service de nos idoles ? Point besoin de leur rendre un culte extérieur pour les servir ! En nous commandant de n’avoir pas d’autres dieux face à lui, Dieu désire que nous fassions un examen de conscience approfondi afin de repérer de la sorte si, par hasard, quelques divinités clandestines ne prendraient pas, chez nous, la place qui Lui revient.

Passager clandestin

Ce commandement est d’autant plus précieux que depuis le péché originel, l’idolâtrie est quasi-naturelle chez l’homme. C’est pourquoi celui-ci prend rarement conscience d’être possédé par une divinité intruse. Le péché originel, en instillant en nous une fausse image de Dieu, nous détourne de ce Créateur, dépeint sous des traits peu avenants, et nous pousse à attendre notre bonheur d’une divinité de substitution. Ici se révèle toute l’importance du premier commandement du Décalogue, qui est un appel à faire montre de vigilance et de discernement afin de démasquer en nous cet hôte qui usurpe la seigneurie de Dieu.

En effet, l’idole nous possède d’ordinaire tout en passant inaperçue. La plupart du temps, nous n’en prenons conscience qu’a posteriori, en constatant après-coup tous les sacrifices que nous avons faits pour elle, toutes les compromissions auxquelles nous avons consenti pour obtenir ses faveurs et qui ont déformé notre humanité, sans que le bonheur soit jamais au rendez-vous. Alors nous nous réveillons, nous nous frottons les yeux en constatant les dégâts. Les plus lucides devinent à ce moment-là qu’ils avaient hébergé chez eux un passager clandestin qui réclamait chaque jour toujours plus d’holocaustes jusqu’à obséder leurs esprits ! Mais pour une personne consciente, combien de dupes de Satan qui ne sauront jamais mettre les mots sur les causes de leur mal-être, et resteront incapables de les identifier afin de les combattre ! Le premier commandement du Décalogue n’a jamais été autant d’actualité.

Jésus et le jeune homme riche

Un exemple tiré des Écritures illustre parfaitement le caractère inconscient de l’idolâtrie. Il s’agit de l’épisode du jeune homme riche (Mt 19, 16-22). Celui-ci vient interroger Jésus au sujet de ce qu’il doit faire pour obtenir la vie éternelle. Jésus le renvoie aux commandements de la Loi qui concernent notre prochain : « Tu ne tueras pas, tu ne commettras pas l’adultère, tu ne voleras pas, tu ne porteras pas de faux témoignage, honore ton père et ta mère et tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Mais pourquoi ne cite-t-il pas la première table de la Loi qui énumère nos commandements envers Dieu ? Est-ce parce qu’il estime que le jeune homme riche les connaît déjà ? Mais celui-ci n’ignore pas davantage les suivants !

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Pourquoi Jésus fait-il alors l’impasse sur le devoir de mettre Dieu à la première place ? N’est-ce pas afin de faire toucher du doigt à son interlocuteur qu’il est un idolâtre qui s’ignore (tout en pratiquant les commandements !) ? Cette prise de conscience, Jésus va la provoquer indirectement chez celui qui le questionne en lui demandant de le suivre après avoir vendu ses biens. Cette invitation révèle alors l’idole que le jeune homme a substitué à Dieu, lui qui avait pourtant placé Jésus très haut en l’appelant « bon maître », et donc en le reconnaissant comme un homme capable de le mener à Dieu, lui qui était certainement un jeune homme pieux, confessant la foi monothéiste. Et cette idole, c’était l’argent ! Jésus voulait ainsi l’amener à reconnaître qu’il n’obéissait pas tout à fait à la première table de la Loi : l’argent se partageait son cœur avec Dieu !

À nous aussi certaines circonstances de la vie nous révèlent parfois que notre esprit n’est pas aussi clair que nous le croyions au sujet du commandement : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face » !

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