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Tous ces écueils qui se dressent sur le chemin du chrétien missionnaire

main tenant une croix
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C’est la rentrée pour tous les missionnaires de l’Évangile. Les obstacles ne manquent pas pour nous décourager d’annoncer Jésus-Christ, à commencer par la peur de déplaire à nos contemporains. Comme une personne avertie en vaut deux, il est nécessaire de prendre conscience de ces inhibitions afin de devenir plus forts dans notre tâche d’évangélisation. Voici six obstacles qui se dressent sur notre chemin.

1
Vous avez dit « prosélyte » ?

La première difficulté tient à notre peur d’être taxés de prosélytisme. Notre société relativiste, pour laquelle toutes les croyances se valent, comprend mal que l’on s’engage sur un chemin de foi particulier. Toutes les religions ne possèdent-elles pas chacune leurs richesses ? Dans ces conditions, à quoi bon proclamer que Jésus-Christ est sauveur devant les autres, partager notre foi, plutôt que de les laisser tranquilles avec les leurs ?

2
Les dogmes font-ils fuir nos interlocuteurs ?

Sur cette accusation vient se greffer la méfiance envers les « dogmes ». Si le missionnaire exerce son apostolat auprès des enfants, ne va-t-il figer leurs pensées dans des carcans en dehors desquels il leur sera interdit de s’évader pour goûter la joie de penser par eux-mêmes ? Car le dogme est connoté négativement pour nos mentalités. Il est synonyme de sclérose intellectuelle, d’œillère mentale, voire vecteur d’intolérance. Qu’est-ce qu’une personne « dogmatique », sinon quelqu’un avec lequel on ne peut pas discuter, un interlocuteur borné ? Et la bonne conscience des parents, qui hésitent à inscrire leurs enfants au catéchisme, leur souffle à l’oreille pour les justifier dans leur pusillanimité : « Ce n’est pas ainsi que nous voulons qu’ils deviennent ! »

« Le dogme ne brime pas la réflexion, mais au contraire la stimule. »

Devant cette objection, il est du devoir du missionnaire de démontrer que le dogme ne brime pas la réflexion, mais au contraire la stimule en lui fournissant un espace plus large pour se déployer que la première idée reçue qui nous vient à l’esprit au sujet de la divinité. Par exemple, en affirmant que Dieu est créateur du ciel et de la terre, le Credo n’assène pas une proposition à répéter mécaniquement, tel un mantra. Ce dogme signifie plutôt que notre monde n’est pas né du hasard et de la nécessité, mais de la volonté et de l’amour de Quelqu’un de transcendant, qui ne nous aime pas pour « se compléter » Lui-même, puisque rien ne Lui manque, mais qu’Il nous a appelés à l’existence par amour désintéressé. L’affirmation dogmatique de la création ex nihilo, loin de scléroser la pensée, est riche de toute une série d’implications métaphysiques de la plus haute importance. Les « mystères » dogmatiques n’arrêtent pas la pensée. Ils l’aiguillonnent au contraire par l’excès de lumière qu’ils propagent. Aussi le missionnaire n’est-il pas un vulgaire propagandiste, mais un stimulateur de réflexion.

Cette allergie aux dogmes a été confortée également par l’inflation des témoignages subjectifs dans les parcours catéchétiques. Si ces « retours d’expériences » permettent de personnaliser avantageusement la foi, toutefois leur présence ne doit pas occulter la transmission de l’enseignement des vérités objectives de cette même foi. Sinon la religion risque de se dissoudre en un sentimentalisme sirupeux qui passera à côté des merveilles, insoupçonnables à notre religiosité « spontanée », que Dieu a opérées et opère toujours en notre faveur, et que déclinent précisément les articles dogmatiques du Credo.

3
La peur de ne pas paraître bienveillants

Sur le chemin de l’annonce de l’Évangile, le missionnaire peut être arrêté et inhibé également par l’obstacle d’une fausse conception de la bienveillance, qui nous persuade que l’essentiel réside dans l’humanitaire et le caritatif de terrain. La tentation est grande de réduire l’Évangile à l’amour horizontal entre frères. Réduction pas si innocente que cela d’ailleurs, car derrière elle transparaît un manque d’humilité qui nous fait négliger les appels à la conversion de Jésus, et surtout son aide — notamment à travers les sacrements — pour aimer nos frères comme nous prétendons le faire. Annoncer Jésus-Christ, c’est aussi confesser nos insuffisances sur le terrain de cet amour fraternel en lequel nous prétendons exceller ! Vérité valable autant pour le destinataire de l’annonce que pour l’évangélisateur !

4
Les « valeurs » sans Jésus-Christ

Une autre tentation nous guette dans la mission : se contenter d’un christianisme des « valeurs ». C’est tellement plus « tendance » de ne retenir de la vie de Jésus que le message éthique et les grandes « orientations » promues par le rabbi galiléen, tout en laissant aux oubliettes les événements et les personnes de cette histoire de Salut — rédemption qu’on qualifiera de « mythique » pour justifier cette résolution du christianisme en « engagement pour les valeurs » !

« Il a beau être sympathique, il paraît tout de même très exigeant, le fils de Marie ! »

Ce christianisme sans Christ nous dissuade de nous déplacer pour aller à la messe, de recevoir le sacrement du pardon, de nous colleter avec les croyants « pratiquants » et de nous assoir sur le même banc qu’eux à l’église ! Et puis ce « christianisme des valeurs » nous évite d’avoir affaire à Jésus en personne. Car il a beau être sympathique, il paraît tout de même très exigeant, le fils de Marie ! Surtout, il nous gêne tout de même un peu aux entournures avec celui qu’il nomme « mon Père ». Les paternels ne sont pas bien en cour ces jours-ci auprès de l’opinion publique. Le patriarcat est sommé de battre sa coulpe pour ses supposés abus de pouvoir de jadis.

5
Le difficile pardon

Il est une autre raison, moins identifiée mais tout aussi fondamentale, à la désaffection pour l’annonce explicite de l’Évangile. Nous avons peur de mettre l’accent sur le pardon, reçu et donné. Recevoir, comme donner, le pardon, demande beaucoup d’humilité. Or, cette vertu n’est pas non plus dans l’air du temps. L’homme postmoderne est persuadé d’avoir atteint le pinacle de l’évolution. Aussi lui est-il difficile d’avouer ses torts. Et surtout à un de ses semblables ! Et ne parlons même pas de les confesser à un ministre de l’Église ! Cependant, le pardon demeure central dans le christianisme. Le pardon personnel, et pas seulement la repentance collective et par procuration, avec laquelle on fait battre leur coulpe à nos ancêtres ! Cette pensée de devoir faire la promotion du pardon individuel reste une cause de notre peu d’empressement à annoncer Jésus-Christ tout entier ! Pourtant, la première homélie de Pierre — la première de l’histoire de l’Église ! — se terminait par un vibrant appel à la repentance pour les péchés de chacun (Ac 2, 38). Les temps ont décidément bien changé !

« L’homme est un être mimétique. Les chrétiens ne font pas exception. »        

6
Le cercle vicieux du conformisme

Enfin, ultime cause de notre manque de courage de devenir missionnaires, cause peu avouable, et parfois honteuse : le conformisme. L’homme est un être mimétique. Les chrétiens ne font pas exception. Du moins ceux qui négligent trop le secours de la grâce. Mais avec cette dernière, notamment avec le sacrement de confirmation, tout change. Le croyant, rempli de la force de l’Esprit, devient alors capable de passer outre les injonctions subliminales de notre époque nihiliste, qui nous susurre : « À quoi bon ? », capable de prendre le contrepied de la solution de facilité consistant à rester vautré sur son canapé, pour employer une image forte du pape François.

Si la situation est délicate, c’est que nous sommes ici face à cercle vicieux : la désaffection touchant les sacrements, effet et cause de l’air du temps, ont rendu les chrétiens peu assurés dans leurs croyances. Et ce manque d’assurance de leur part aggrave par contrecoup leur faiblesse et leur pusillanimité à faire le premier pas pour demander le sacrement de confirmation, ou inscrire leur enfant au catéchisme. Si bien que la faiblesse de la foi se renforce elle-même, au moment même où il faudrait à celle-ci un surcroît de force afin de braver le conformisme ambiant et la peur de devoir quitter le confort de la porte large de l’apostasie silencieuse. Cruelle confirmation des paroles du Christ, selon lesquelles on donnera davantage à celui qui a déjà, et on ôtera à celui qui n’a rien, même ce qu’il a !

Cette situation dramatique des chrétiens, empêtrés dans les sables mouvants du conformisme, renforce la responsabilité des croyants qui n’ont pas succombé aux sirènes d’un christianisme facile, souriant et dénué d’exigences. En cette rentrée, ce ne sont pas les challenges qui manquent pour l’évangélisation !

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